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Viande bovine : Elvea contractualise des prix avec Intermarché

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Elvea France, qui regroupe des organisations de producteurs, a signé un accord-cadre national de contractualisation avec Intermarché. L’éleveur adhérent d’une OP Elvea France est libre de s’inscrire ou non dans la démarche.

Elvea France (36 associations d’éleveurs agréées en OP, 23 % du cheptel allaitant), a signé, le 4 octobre au Sommet de l’élevage, un accord-cadre national de contractualisation de viande bovine avec Intermarché, une enseigne d’Agromousquetaires, par ailleurs maison-mère de la société d’abattage-transformation SVA Jean Rozé.

Cet accord, en discussion depuis février 2018, est présenté par ses signataires comme une « première en France en termes de transparence de la chaîne de valeur ». Il « intègre un prix minimum garanti indexé à des éléments de coûts de production », en particulier l’indice des prix d'achat des moyens de production agricole (Ipampa), indique Philippe Auger, président d’Elvea France. « Avec cette contractualisation, qui va de l’éleveur au point de vente, le prix de revient des animaux est enfin pris en compte, et ça, c’est nouveau », insiste-t-il. L’éleveur adhérent d’une OP Elvea France est libre de s’inscrire ou non dans la démarche. « On ne signe jamais au nom de nos éleveurs. C’est l’éleveur qui signe. L’OP propose la possibilité », souligne Philippe Auger. L’accord prévoit des animations commerciales dans les magasins partenaires avec les éleveurs fournisseurs.

« On sait qui touche quoi »

« On sort de l’opacité sur les prix. On sait qui touche quoi », tient à démontrer Yves Audo, président d’Agromousquetaires, exemple chiffré à l’appui : une charolaise payée 4,12 €/kg carcasse à l’éleveur arrive, une fois abattue, à 5,20 €/kg de viande dans les magasins Intermarché engagés dans la démarche. Une différence de 1,08 €/kg qui représente les marges cumulées du négociant (0,18 €/kg), de l’abatteur (0,80 €/kg), du transporteur (0,05 €/kg) et d’Elvea (0,05 €/kg).

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La carcasse finalement livrée à un magasin Intermarché sera découpée par les 5 000 bouchers employés par l’enseigne. Yves Audo reconnaît qu’il était sans doute plus aisé de construire un tel partenariat dans un groupe de distribution (Agromousquetaires) qui possède son propre outil industriel, la SVA Jean Rozé, « un des principaux opérateurs du marché français de la viande ».

« Nous avons fait nos Etats généraux à trois »

« Nous avons fait nos Etats généraux et nos indices tous les trois. On se devait de le faire », commente Stéphane de Fontenay, président du format « Super » d’Intermarché. Une soixantaine de magasins sont déjà engagés dans la démarche, un peu partout en France, a-t-il précisé. L’objectif est de parvenir à « 100 magasins » à la fin 2018 et « près de 400 en 2019 ».

Cela correspondrait, à raison de « 3 à 6 éleveurs autour d’un magasin », à un potentiel de 15 000 animaux par an. Soit « environ 30 % de contractualisation sur nos rayons boucherie traditionnels. Au passage, on sécurise aussi nos approvisionnements ». Dans un groupe de commerçants indépendants tel qu’Intermarché, chaque magasin sera libre ou non de s’engager avec les éleveurs de sa région. « Il y aura des histoires d’hommes. Mon boulot sera de convaincre mes collègues, un par un », résume Stéphane de Fontenay.