À l’issue d’une réunion au ministère de l’Agriculture, le 26 juillet, qui faisait suite à l’annonce par Bruxelles d’une aide d’urgence de 500 M€, dont une partie peut être utilisée par chaque pays selon ses priorités (50 M€ pour la France), le président de la Fédération nationale bovine (FNB) Jean-Pierre Fleury a demandé que le ministre « évite le saupoudrage », et mette en place des « mesures structurantes ». Plus généralement, la FNB a plaidé pour deux axes de travail dans la filière bovine : l’amélioration des résultats à l’export, et un « assainissement du marché intérieur ». Concernant l’export, la FNB demande que soit présenté un bilan chiffré des résultats de la plateforme export viande bovine créée il y a moins d’un an. Elle plaide également pour que l’administration et les banques améliorent leur accompagnement des entreprises à l’export. « On a constaté des défaillances du côté de l’État et du côté des entreprises », rapporte Jean-Pierre Fleury. Côté administration, il pointe du doigt le délai trop long de rédaction des certificats sanitaires. La FNB se plaint également de la méconnaissance des mécanismes de crédits à l’export par les PME ; or, les éleveurs voient dans les PME un levier d’augmentation des exports, et de dégagement du marché, dénonçant par ailleurs la frilosité des poids lourds du secteur dans cet exercice. La FNB se plaint plus généralement du manque de confiance des banques envers les entreprises qui s’adressent à des destinations comme la Lybie, l’Iran ou l’Égypte. Concernant le deuxième axe de travail, l'« assainissement du marché », la FNB est « en réflexion » sur des mécanismes liés à l’aide alimentaire ou au pet food, pour dégager des viandes bas de gamme du marché.
La FNB est par ailleurs revenue sur les décisions prises par le ministre de l’Agriculture concernant les aides couplées en bovin viande (ABA) à partir de 2017 ; Jean-Pierre Fleury regrette que Stéphane Le Foll n’ait pas accepté la mesure proposée par le syndicat d’intégrer « un stabilisateur pour les nouveaux entrants ». Pour la FNB, le ministre donne un mauvais signal aux éleveurs laitiers qui voudraient convertir une partie de leur troupeau en bovins viande pour compenser la baisse des prix : « Il laisse croire aux gens qu’on peut empiler les vaches ». Il s’inquiète également que la Commission européenne ne remette en cause de caractère de « filière en difficulté » de la viande bovine, si les volumes produits par cette filière venaient à repartir à la hausse.
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