Les experts des Vingt-huit doivent se prononcer le 20 juin sur le projet de règlement octroyant une « aide à l’adaptation exceptionnelle temporaire » de l’UE de 50 millions € – à compléter par des fonds nationaux de même ampleur d’ici le 31 mai 2020 – au secteur irlandais de la viande bovine, pour les pertes qu’il encourt du fait des incertitudes liées au Brexit (1). Le texte proposé par la Commission européenne précise que les mesures qui seront ainsi financées « viseront à réduire la production ou restructurer le secteur du bœuf et du veau et à atteindre un ou plus des objectifs suivants : mettre en œuvre des systèmes de qualité ou des projets destinés à promouvoir la qualité et la valeur ajoutée ; stimuler la diversification du marché : protéger et améliorer la durabilité environnementale, climatique et économique des agriculteurs ».
Les termes de ce projet se heurtent à l’opposition de l’Irish Farmers’Association (IFA), dont le président, Joe Healy, demande à Dublin « de rejeter toute conditionnalité dans le règlement qui ne concerne pas les pertes de revenus réelles subies par les éleveurs de bœufs et de vaches allaitantes ».
Risque de distorsions de marché
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour leur part, le président de l’organisation agricole néerlandaise LTO, Marc Calon, et celui du Conseil danois de l’agriculture et de l’alimentation, Martin Merrild, rappellent, dans une lettre adressée aux commissaires européens à la concurrence Margrethe Vestager et à l’agriculture Phil Hogan, que « les exploitants d’autres États membres ont également souffert de pertes dues aux incertitudes de marché et à un taux de change en baisse de la livre sterling ». Ils demandent donc si ceux-ci « peuvent poser leur candidature » pour ce soutien de l’UE, mettant en avant le risque de distorsions de marché si seuls les agriculteurs irlandais en bénéficient.
(1) Voir n° 3694 du 27/05/19