La Commission européenne a conclu les négociations avec les autres pays fournisseurs sur l’octroi aux États-Unis d’une part substantielle (35 000 tonnes) du contingent d’importation en franchise dans l’UE de viande bovine de haute qualité provenant d’animaux non traités avec des hormones de croissance. Selon elle, l’Union « réaffirme ainsi son engagement à entamer une nouvelle phase dans ses relations » avec Washington.
La Commission européenne est parvenue à un accord avec les autres « fournisseurs importants » – Australie, Uruguay, Argentine – sur l’allocation spécifique aux États-Unis d’une part de 35 000 tonnes sur le contingent d’importation en franchise dans l’UE de 45 000 t de viande bovine de haute qualité provenant d’animaux non traités avec des hormones de croissance. Celui-ci avait été ouvert en 2009 à tous les pays tiers exportateurs en guise de solution provisoire dans le cadre du conflit à l’OMC sur la « viande aux hormones » Cette allocation, résultat d’une négociation avec Washington avalisé en mars par les experts des Vingt-huit (1), sera graduelle sur sept ans, sur la base d’une quantité de 18 500 t la première année augmentée ensuite de 2 000 à 3 000 t par an. Le restant (10 000 t à l’issue de cette période) sera disponible pour les trois autres fournisseurs principaux selon la règle du « premier arrivé, premier servi ».
« Une question très importante avec un partenaire commercial majeur »
Avec cet accord, annoncé officiellement le 14 juin, « la Commission a réglé une question très importante avec un partenaire commercial majeur avec lequel nous sommes engagés dans des négociations commerciales plus larges », a commenté Phil Hogan. « L’UE réaffirme ainsi son engagement à entamer une nouvelle phase dans ses relations avec les États-Unis, conformément à l’accord conclu en juillet 2018 entre les présidents Juncker et Trump », a ajouté le commissaire européen à l’agriculture, tenant également à « rappeler que l’accord n’entraînera pas de modification de la quantité, de la qualité, ni de la sécurité de la viande bovine importée dans l’UE, qui restera conforme aux normes élevées de l’Union ».
Très critique, l’association interprofessionnelle française du bétail et des viandes (Interbev) rétorque que, en fait, « l’accord se traduira par une augmentation des viandes américaines importées par l’Europe ». Pour l’instant, les États-Unis n’utilisent qu’une faible partie du contingent – environ 13 000 t –, et c’est pour cela qu’ils ont réclamé une révision du dispositif convenu en 2009.
Interbev remarque également que « ces viandes, garanties ‘sans hormones’, n’en sont pas moins issues de ‘feedlot’ contenant 30 000 bovins en moyenne, engraissés de manière industrielle aux antibiotiques activateurs de croissance (une pratique strictement interdite au sein de l’UE) ».
Mercosur et Australie
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L’interprofession française constate par ailleurs que « la hausse des importations de viandes américaines intervient alors que l’UE s’est engagée récemment auprès de la France à exclure tout produit agricole des négociations plus larges qu’elle entend engager avec les États-Unis (contre l’avis de la France) » (2).
Enfin, selon Interbev, « des compensations seront logiquement accordées aux autres pays utilisateurs de ce contingent aujourd’hui ouvert à tous selon la règle du ‘premier arrivé, premier servi’. Parmi ces pays : deux pays du Mercosur avec lequel un accord de libre-échange est sur le point d’être conclu (3) mais aussi l’Australie, avec laquelle des négociations sont en cours ».
(1) Voir n° 3685 du 25/03/19
(2) Voir n° 3689 du 22/04/19
(3) Voir n° 3697 du 17/06/19