Plusieurs parlementaires ont déposé des textes visant à octroyer au cheval le statut d’animal de compagnie, interdisant de fait de consommer leur viande. Une perspective qui inquiète les éleveurs de la FNC.
Au Sénat et à l’Assemblée, des élus ont récemment déposé deux propositions de loi (PPL) visant à interdire la consommation de viande de cheval en lui octroyant le statut d’animal de compagnie, une évolution qui « provoquerait un choc économique, social, environnemental et entrepreneurial sans précédent », alerte la FNC (éleveurs de chevaux, FNSEA) dans un communiqué le 20 novembre. Le dernier texte en date est celui de la sénatrice Samantha Cazebonne (RDSE, Français hors de France), déposé le 4 novembre. L’élue macroniste propose de « faire évoluer le statut juridique du cheval » en l’excluant de la catégorie des animaux de rente. D’après l’exposé des motifs, l’article 2 de la PPL « exclut strictement et sans dérogation possible, le cheval de notre chaîne alimentaire en interdisant son abattage et sa transformation en viande commercialisable ». Quelques semaines plus tôt, le 16 septembre, le député Éric Paugel (DR, Alpes-Maritimes) déposait une PPL similaire.
D’après la sénatrice Samantha Cazebonne, « plus de 3 984 chevaux » ont été abattus pour être consommés en 2024. Cette même année, les Français ont consommé 5 000 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande équine, selon le dernier bilan annuel de FranceAgriMer. Un chiffre en baisse de 8 % par an depuis 20 ans. Mme Cazebonne avance que seuls 4,5 % des Français mangent aujourd’hui de la viande chevaline, contre 18 % en 2013. Une désaffection qui signifie à ses yeux que les Français « considèrent davantage [le cheval] comme un partenaire à l’image du chien, que comme un maillon de notre chaîne alimentaire ».
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La FNC rappelle le contre-exemple des USA
Pour la FNC, « le statut d’animal de compagnie interdirait ou rendrait illégales » les activités économiques liées au cheval et à son élevage, faisant peser une « menace directe sur la liberté d’entreprendre ». Au contraire, selon l’association spécialisée de la FNSEA, le cadre actuel d’animal de rente « garantit le bien-être réel des équidés tout en soutenant une filière stratégique pour la France ». Le coprésident de la FNC Pascal Vivien rappelle auprès d’Agra Presse l’exemple des États-Unis, qui « ont fermé leurs abattoirs équins en 2007 pour " protéger " les chevaux ». Après quoi « les chevaux ont commencé à être envoyés dans des abattoirs au Mexique et au Canada, au rythme d’environ 100 000 par an ». Plus largement, « même les organisations américaines de protection animale admettent aujourd’hui que l’interdiction a détruit les protections existantes » en matière de bien-être animal, avec une « explosion des abandons », estime cet éleveur de Loire-Atlantique.
YG