Les ministres de l’agriculture de l’UE, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont, pour la plupart d’entre eux, partagé les préoccupations exprimées par leur homologue polonais face aux « nouveaux défis commerciaux » auxquels fait face le secteur de la viande. Jan Krzysztof Ardanowski a ainsi énuméré la « croissance rapide des importations de viande de volaille en provenance de l’Ukraine », le « risque lié à l’octroi possible de préférence à des grands producteurs et exportateurs de volaille et de bœuf tels que les pays du Mercosur » (1), ainsi que le « risque d’un Brexit sans accord ».
Dans leurs commentaires, l’Italie et la Hongrie ont insisté sur la nécessité de prévoir des clauses de sauvegarde dans les accords commerciaux avec les pays tiers, tandis que l’Espagne et le Portugal ont appelé à la vigilance, dans le secteur du porc notamment.
Pour sa part, Phil Hogan a surtout saisi l’occasion pour évoquer les mesures d’urgence disponibles en cas de Brexit sans accord (2).
Poulet : accord de principe avec l’Ukraine
Le commissaire européen à l’agriculture a aussi confirmé qu’un accord de principe avait été conclu avec l’Ukraine pour mettre fin à l’augmentation rapide – dénoncée par la Pologne – des importations en provenance de ce pays, en franchise et sans limite quantitative, d’un nouveau type de morceau de viande de poulet, à savoir « une poitrine traditionnelle à laquelle sont restés attachés les os (humérus) des ailes » (3).
Un amendement à l’accord de libre-échange avec Kiev devrait permettre d’intégrer les deux lignes tarifaires utilisées jusqu’à maintenant pour commercialiser librement ce morceau de viande dans le contingent tarifaire d’importation prévu pour les morceaux traditionnels de poitrine de volaille (17 600 tonnes portées à 20 000 t en 2021). En compensation, ce contingent serait revu à la hausse.
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(1) et (2) Voir même numéro
(3) Voir n° 3676 du 21/01/19
(4) Voir n° 3445 du 21/05/18
La volaille brésilienne sous contrôle
En réponse à une question écrite parlementaire, le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, rappelle que le règlement de mai 2018 retirant à vingt établissements brésiliens l’autorisation pour exporter de la viande de volaille et des produits à base de viande vers l’UE, en raison d’un risque pour la santé publique, est « toujours en vigueur » (4). « Toutes les cargaisons de viande du Brésil sont actuellement soumises à 100 % de contrôles physiques et 20 % de contrôles microbiologiques », souligne-t-il également, ajoutant que, de plus, les autorités de ce pays ont convenu en juin 2017 « d’appliquer 100 % de contrôles microbiologiques pré-exportation » pour la viande de volaille destinée au marché européen.