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Viande in vitro : la Conf' pousse le débat en chambres

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La Confédération paysanne a proposé à son réseau de déposer des motions d’opposition au développement de la viande in vitro lors des sessions de chambres d’agriculture. Objectif : mettre en avant la position moins incisive de la FNSEA sur ce dossier.

Sur proposition de leur centrale, les antennes locales de Confédération paysanne portent, depuis deux mois, des motions « contre le développement de la viande cellulaire » dans les chambres d’agriculture, annonce le syndicat minoritaire dans un communiqué le 19 avril. La Conf' revendique d’en avoir déjà fait adopter dans seize chambres départementales et une régionale, en Côte-d’Or ou en Ille-et-Vilaine notamment, précise Stéphane Galais, responsable du groupe Humain/Animal.

Le syndicat veut, d’une part, s’adresser au gouvernement, auquel il demande de préciser sa position, après qu’un nouveau financement a été concédé à l’entreprise française Gourmey (foie gras in vitro) par BPI France fin 2022. Julien Denormandie avait pourtant exprimé sa vive opposition au produit, fin 2021. D’autre part, « l’objectif est aussi d’interpeller la FNSEA », ajoute Stéphane Galais. Lors d’une audition des deux syndicats par des parlementaires en début d’année, la Conf' avait estimé que la FNSEA avait tenu « une position anti-élevage en déclarant n’être pas fermée à la viande in vitro ».

« Besoin de recherche » pour la FNSEA

Une accusation contestée par le syndicat majoritaire. Interrogée par Agra Presse, la FNSEA a présenté sa position par la voix du président de sa commission Chaîne alimentaire, Arnold Puech d’Allissac, qui assure « défendre les éleveurs » dans ce dossier. En matière d’étiquetage, « ces produits ne seront jamais de la viande », estime d’abord cet éleveur de poulets et de bovins. Une position partagée par les trois principaux syndicats agricoles.

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C’est concernant le développement de la technique qu’une différence apparaît. Le syndicat majoritaire « ne voit pas l’intérêt pour les agriculteurs », mais estime avoir « encore besoin d’éléments pour être éclairé », concernant la lutte contre la dérive climatique, les coûts de production ou les procédés utilisés. « Nous serons sans doute contre, mais pour l’instant, nous avons encore besoin de recherche, publique ou privée, résume Arnold Puech d’Allisac. Actuellement, nous avons affaire à des communicants. » À l’inverse, les deux autres syndicats sont d’ores et déjà opposés à tout développement : la Conf' au titre de sa lutte contre « l’industrialisation du vivant sous toutes ses formes » et pour « le développement de l’élevage paysan ». Quant à la Coordination rurale, elle y voit une « artificialisation dangereuse destinée à flatter l’éco-anxiété ambiante au profit d’investisseurs ».

La position de la FNSEA correspond dans l’esprit à celle des sénateurs qui ont récemment publié un rapport sur les « aliments cellulaires », auxquels ils refusent d’avance l’attribution du terme de « viande », sans pour autant interdire a priori leur développement. Ils demandent eux aussi plus de connaissances.

« L’objectif est d’interpeller la FNSEA »