Dans un document de travail qu’Agra Presse a pu consulter, les rapporteurs de la mission d’information sénatoriales sur les « aliments cellulaires », autrement dit la viande in vitro, esquissent les premiers axes pour « mieux maîtriser et encadrer la technologie ». Alors que cette technologie, « propice au monopole naturel », se développe un peu partout dans le monde, les sénateurs Olivier Rietmann (LR) et Henri Cabanel (RDSE) soulignent les « craintes » que la France « ne tombe dans la dépendance technologique à de grands groupes étrangers ». Ils proposent tout d’abord d’ « intensifier la recherche », en créant notamment une unité mixte de recherche au sein de l’Inrae et du CNRS. La procédure d’autorisation des aliments cellulaires doit être renforcée au niveau français et européen, actent les sénateurs. Ils recommandent également de « mieux informer le consommateur » : interdiction de la dénomination commerciale « viande » et « au cas par cas » des dénominations faisant référence à des produits animaux, obligation de mentionner l’espèce d’origine et interdiction de mélanger aliments cellulaires et viande issus de l’élevage.
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Enfin, les sénateurs se penchent sur la question de la concurrence avec le monde agricole. Ils préconisent de demander aux instituts techniques d’identifier les « synergies éventuelles », tout en admettant que « la recherche de complémentarité avec les filières agricoles traditionnelles semble assez hypothétique ». Une première version du rapport a été présentée, le 15 mars, en commission des Affaires économiques du Sénat. Mais, devant « les craintes suscitées par le développement du produit, ses effets sur l’élevage, et les nombreuses interrogations soulevées par de la présentation du rapport », les rapporteurs ont reporté leurs conclusions de quinze jours.