Le pôle agroalimentaire du Crédit agricole vient de diffuser une étude sur la situation des entreprises de plusieurs secteurs. Diagnostic sans appel: l’industrie des viandes est en France dans une situation catastrophique. Faibles résultats économiques, rentabilité minimale des capitaux investis, 40% des sociétés d’abattage et un quart des entreprises du secteur des viandes sont déficitaires. Pourtant, ce domaine est très concentré et d’ailleurs peu endetté. Mais s’il est peu endetté, c’est qu’il n’a pas investi depuis longtemps. On n’est pas loin de ce qu’a été naguère la sidérurgie.
Les éleveurs sont terriblement concernés par cette situation. Pas d’abattoirs, pas d’élevage. Pas d’industrie des viandes puissante, pas de prix satisfaisant. Pas d’exportateurs organisés, pas de développement de la production.
Les éleveurs à orientation viande ont plutôt bien tiré leur épingle du jeu avec la réforme de la Pac. Le travail ne devrait pas s’arrêter là. Ils devraient être moteur dans la préparation d’un plan de modernisation de l’industrie de la viande. D’ailleurs, ne réfléchit-on pas à un plan stratégique viande aujourd’hui chez FranceAgriMer ? Cela signifierait des investissements industriels, des assouplissements réglementaires, des orientations stratégiques vers les produits que demandent les marchés, tant intérieur qu’extérieur, des alliances, sans doute, avec des entreprises étrangères, des regroupements de sociétés lorsqu’existe un projet viable. Il ne s’agit pas de privilégier un modèle d’entreprise plutôt qu’un autre. La valeur de la filière laitière voisine tient aussi à ce qu’elle est composée de toutes sortes de sociétés, grands groupes, grandes coopératives, PME, fruitières, etc. C’est un modèle auquel l’industrie des viandes peut prétendre. Après tout, à l’origine, il y a les animaux qui sont parfois communs.
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