Après plus d’un an de bataille judiciaire, 76 propriétaires viticoles ont obtenu le 16 novembre, devant le tribunal administratif de Bordeaux, l’annulation partielle du classement officiel des crus bourgeois du Médoc qui signifiait pour eux exclusion ou déclassement. Confirmant une première série de jugements en référé, le tribunal a annulé partiellement l’arrêté du ministère de l’Agriculture du 17 juin 2003 fixant la liste des élus.
Dans son jugement, le tribunal administratif a estimé qu’il y avait eu, lors de la sélection, un « manquement à l’obligation d’impartialité », du fait que certains propriétaires du Médoc siégaient parmi les jurés, indique Me Martine Luc-Thaler, l’avocate d’une soixantaine de requérants. Le classement de juin 2003, supervisé par le ministère de l’Agriculture, avait été effectué dans le but de revaloriser la mention traditionnelle « cru bourgeois », avec une sélection qualitative sur plusieurs critères – terroir, encépagement, techniques de vinification, notoriété – et après dégustation à l’aveugle. Au terme de 18 mois de sélection, seuls 247 sur environ 490 candidats avaient obtenu le label officiel, tandis que d’autres perdaient la distinction « crus bourgeois exceptionnels » ou « crus bourgeois supérieurs ».
Le jugement « n’est pas une surprise », déclare le président de l’Alliance des crus bourgeois du Médoc, Thierry Gardinier, avant de souligner que la réintégration des viticulteurs qui ont eu gain de cause en justice ne serait pas automatique. « On va rentrer dans une procédure de réexamen avec un jury conforme aux voeux du tribunal et qui va faire son travail en toute liberté », assure-t-il, en précisant que cette session de rattrapage allait s’effectuer au premier semestre 2005.