En plein chantier de révision de la zone d’appellation champagne, le SGV (vignerons) s’est dit le 11 avril hostile à l’arrivée de vins sans identification géographique (VSIG). « Nous sommes opposés à l’implantation de vignes destinées à la production de vins sans IG sur notre aire », a déclaré le président Maxime Toubart, lors de l’assemblée générale. Depuis la mise en place du nouveau régime d’autorisations, l’UE impose en Champagne une croissance des vins de table. Cela oblige à valider chaque année la plantation de 10 ares de VSIG sur l’aire de l’appellation. « Contrairement aux vins avec identification géographique (AOC et IGP), les VSIG n’ont aucune limite de rendement et n’ont pas à respecter un cahier des charges strict comme le nôtre », a-t-il souligné. Le SGV dit avoir essuyé en 2023 un refus du ministère de l’Agriculture quant à sa demande d’un « contingent sans IG ». Tentative que le syndicat a menée pour « ne pas devenir un vignoble mixte ». Le sujet ne se limite pas à l’actuelle zone d’appellation. Une nouvelle aire du champagne est à l’étude, avec la perspective de voir arriver de nouvelles productions sans IG. Le rapport de la commission d’enquête de l’Inao est attendu « courant 2025 ».
Dans un fascicule distribué aux congressistes, le SGV rappelle par ailleurs les enjeux des prochaines élections européennes. Il s’agit notamment d’« éviter la remise en cause des instruments de régulation du potentiel de production ». Si le régime des droits de plantation est prévu jusqu’en 2045, la Commission européenne doit présenter des rapports d’étape en 2028 et 2040. Une occasion pour elle de demander leur remise à plat ou de limiter l’encadrement des plantations aux seules AOC, craint le syndicat. « La plantation de vigne destinée à la production de vin sans IG serait libéralisée sur tout le territoire de l’Union européenne. »