Longtemps épargnés par la déconsommation des vins, les bourgognes subissent un « retournement » de marché, selon le BIVB, qui l’explique par des prix en hausse avec de « petites quantités disponibles ».
« On constate un début de décrochage sur certains marchés », en grande distribution et à l’export, a déclaré le 21 septembre le président délégué Laurent Delaunay, lors d’une conférence de presse. Les bourgognes voient leurs ventes en grande distribution à -25,2 % en volume, -16,7 % en valeur sur huit mois en 2022 par rapport à 2021. Explication : les consommateurs sont « préoccupés par leur pouvoir d’achat, confrontés à l’inflation. Ça se traduit dans leur comportement d’achat de nos vins », analyse-t-il. Le phénomène est d’autant plus « étonnant », selon lui, que les bourgognes n’étaient « jusque-là pas touchés par la baisse nationale de la consommation de vins ». « Les ventes continuaient à augmenter, même lors du Covid. » À l’export, les ventes affichent -10,6 % en volume, mais +12,4 % en valeur au premier semestre 2022 par rapport à la même période en 2021 : une hausse continue des prix est à l’œuvre, avec une inflation « préoccupante » notamment sur les bouteilles, cartons, étiquettes, en proie à des manques de disponibilité. Ce « ralentissement » des volumes exportés, qui intervient après trois années records, est lié à « la faible récolte 2021 » (-30 % par rapport à la moyenne), considère le président François Labet. « Les stocks sont au plus bas et il faut temporiser jusqu’à l’arrivée du millésime 2022. »
La restauration dans le vert
Autre débouché, la restauration se porte à l’inverse « particulièrement bien pour les vins de Bourgogne depuis le début de l’année », poursuit Laurent Delaunay. Des chiffres spectaculaires proviennent des maisons de négoce : les ventes sur huit mois en 2022 ressortent à +53 % en volume par rapport à la moyenne triennale, + 35 % en valeur. Le BIVB se montre toutefois prudent. « Il est probable que ça ne dure pas », estime Laurent Delaunay, car l’évolution est « probablement liée à une reconstitution de stocks ».
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Reste que le millésime 2022 devrait aider les viticulteurs bourguignons, tant il est à la fois « exceptionnel » en qualité, du niveau de 1959, « un des plus grands millésimes du XXe siècle », mais aussi « généreux », souligne François Labet. « La saison s’est passée de manière absolument idéale, avec très peu de maladies, pas de gel et de fortes précipitations en juin qui ont bénéficié à la vigne. Elle n’a ainsi pas souffert du manque d’eau durant l’été », explique-t-il. La production devrait ainsi être, en 2022, « certainement au-dessus de la moyenne », qui est de 1,45 million d’hectolitres, contre moins d’un million en 2021, précise Laurent Delaunay. « Mais il nous faudra certainement deux belles récoltes pour réapprovisionner nos marchés », selon lui.