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Vin : plus de souplesse pour réguler les marchés et faire émerger un leader à l’export

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Pour les professionnels vitivinicoles, ce qui ressort, pour retrouver les chemins de la croissance et créer des emplois, ce sont principalement deux conditions : obtenir plus de souplesse pour réguler les marchés, et faire émerger un leader français à l’export.
« Nous permettre de nous organiser de telle façon que nous puissions mieux réguler les marchés est l’une de nos principales revendications », estime Jean-Louis Salies, président du Comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine (Cniv). Il est indispensable, selon lui, de parvenir à plus de souplesse administrative sur la régulation des quantités et de la qualité. Ce genre de mesure « ne coûterait rien à l’État ». Il suffirait que les pouvoirs publics aient une lecture des textes européens « plus adaptée à nos réalités, comme nos collègues italiens et espagnols savent le faire ».
Un allègement des charges sociales « irait dans le bon sens », en gommant les distorsions de concurrence avec les pays voisins et a fortiori avec les pays tiers. Mais l’ordre de grandeur n’est pas comparable avec l’effet des mesures de marché (plusieurs euros de gain par hectolitre, sur une production de 30 millions d’hectolitres) qu’entraînerait une meilleure régulation.
Une autre condition exprimée par les professionnels pour retrouver les chemins de la croissance est la constitution d’une force de frappe française à l’export. « Il est aberrant que la France, qui a été longtemps la première sur le marché anglais, se retrouve aujourd’hui cinquième ou sixième. Si nous avons perdu notre place de leader, ce n’est pas le fait du hasard », s’exclame Denis Verdier, président de la Confédération des Coopératives vinicoles de France (CCVF). Une condition pour retrouver la place perdue serait de permettre l’émergence, parmi les plus grands groupes français, « d’un leader qui jouerait le rôle de locomotive qui tire les opérateurs». Pour cela, il faudrait que les pouvoirs publics « arrêtent le saupoudrage » des subventions.
À son niveau, l’union interprofessionnelle des vins de Duras, qui rassemble 200 vignerons, considère que la voie de la prospérité passe par la formation des producteurs à l’expression des particularités du terroir.