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Vins et spiritueux : les exportations au plus haut en 2022

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Les exportations de vins et spiritueux ont enregistré un chiffre d’affaires record de 17,2 Md€ en 2022, malgré des performances nuancées en volume.

C’est un résultat « exceptionnel, vu les aléas » de l’an dernier, a déclaré le président de la FEVS (exportateurs) César Giron, le 14 février, citant la guerre en Ukraine, le Covid en Chine, l’inflation. Vins et spiritueux affichent des ventes à l’export de 17,2 milliards d’euros (+10,8 % sur un an) en 2022, d’après les chiffres des douanes compilés et publiés par la fédération. Un record, tiré par la hausse des prix à la bouteille, alors que les volumes vendus ont globalement baissé. Le chiffre d’affaires des champagnes, vins AOC, cognacs et autres spiritueux a progressé dans quasiment toutes les catégories. Cela génère un excédent commercial de 15,7 milliards d’euros, en hausse de 10,3 % comparé à 2021.

Une « performance remarquable », qui fait de la filière « le deuxième excédent commercial après l’aéronautique », a souligné César Giron, lors d’une conférence de presse organisée au salon Wine Paris & Vinexpo. Vins et spiritueux français continuent de séduire hors des frontières, même si, en 2022, la croissance s’explique en partie par l’augmentation du prix des bouteilles. La filière a su « absorber et transmettre » la hausse des coûts de production (verre, aluminium, transport), d’après lui.

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Une industrie du vin « à deux vitesses »

Les ventes de vins s’élèvent à 11,6 Md€ (+10,2 %), celles des spiritueux à 5,5 Md€ (+11,6 %). En tête, les produits à forte valeur ajoutée portent cette croissance. Vins de Champagne, Bordeaux, et Bourgogne représentent 70 % de la valeur avec seulement 30 % des volumes. Pour vendre encore plus à l’étranger, sachant que « 75 % de nos exportations se font en dehors de l’UE », les pouvoirs publics doivent « promouvoir l’ouverture des marchés et la signature d’accords bilatéraux », affirme César Giron. Tous les produits ne peuvent espérer le même succès, nuance-t-il, pointant du doigt une « industrie du vin à deux vitesses » : « Certaines régions ont connu une baisse de la demande et des problèmes de surproduction, quand pour d’autres, les vendanges en faible quantité n’ont pas permis de fournir les marchés. »

Sur le plan des volumes, les vins ont reculé (-6,6 %) à l’export en 2022 quand les spiritueux ont atteint un pic (+2,2 %). En cause, la vendange 2021 catastrophique qui a « handicapé la capacité à exporter », et les tensions géopolitiques et logistiques mondiales qui ont perturbé les expéditions. Les États-Unis restent le premier marché de destination des vins et spiritueux français. En termes de perspectives, la FEVS se montre optimiste concernant le marché asiatique, où les ventes ont progressé de 5 % en 2022 malgré les restrictions sanitaires. Sur le marché chinois, où la demande « repart très fort », « la France a conservé ses parts de marché ».

Les produits à forte valeur ajoutée portent la croissance