La grippe aviaire qui frappe durement le Sud-Ouest a déjà commencé à susciter des questions des citadins du type : est-ce que cela est dû à l’industrialisation de l’élevage, est-ce qu’un retour à de l’élevage plus artisanal n’éviterait pas de tels drames, etc. ?
De la part des citadins, toute question de ce type est légitime. Il est vrai qu’annoncer l’abattage de 800 000 animaux préventivement a de quoi provoquer un choc. Il est vrai aussi qu’un virus de la grippe fait plus de dégâts dans un élevage de 300 places à gaver que dans une ferme de 20 volatiles. Il est vrai enfin que la segmentation qui existe dans ce secteur (éleveurs/gaveurs) crée des occasions de contamination lors des transports.
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À l’inverse, ce sont les élevages de plus grande taille qui peuvent davantage investir dans la protection sanitaire. Qui peuvent confiner les animaux, protéger les parcours, lorsqu’ils sont obligatoires, et c’est le cas pour le foie gras, des contaminations extérieures. N’oublions pas que les grandes crises de grippe aviaire sont d’abord apparues dans des pays comme la Chine où prédominent des élevages familiaux. La principale cause de contamination est en effet la faune de volatiles sauvages en contact avec des volailles dans leur parcours extérieur. Il faut que le consommateur sache que, lorsqu’il demande par exemple des œufs de poules élevées en plein air, une demande qui est en train de bouleverser l’élevage de poules pondeuses en France, il fait courir le risque d’une plus grande sensibilité de ces élevages à des virus de type aviaire.