C’est indéniablement un point qu’a marqué le ministre de l’Agriculture français Bruno Le Maire en obtenant l’accord des Européens sur le « paquet lait » destiné à rendre possible le regroupement des éleveurs face aux industriels. La France était quasiment le seul pays, à l’origine, à demander une amélioration de la législation européenne en matière laitière. Et, surtout, le sacro-saint droit de la concurrence a été écorné pour permettre aux éleveurs de s’organiser.
Mais il y a un signe qui montre bien que la France était le seul pays demandeur : la clause, qui veut qu’un pays « peut » et non « doit » permettre la conclusion de contrats entre éleveurs et industriels. Il est vrai que les pays du nord de l’Europe sont largement organisés en coopératives, parfois monopolistiques dans leur région ou leur pays. Cela montre bien que ni le paquet lait ni la contractualisation ne vont changer radicalement les choses.
D’une part, c’est aux partenaires, agriculteurs et industriels à utiliser cet outil, les premiers en prenant conscience des contraintes de marché, les seconds en acceptant de reconnaître les organisations de producteurs en tant qu’interlocuteurs.
D’autre part, ce paquet lait ne change rien aux conséquences de la disparition des quotas en Europe. Il y aura les pays, les régions, les entreprises et coopératives qui auront des stratégies de conquête des marchés en associant les éleveurs à leurs ambitions. Et puis, il y aura d’autres structures, souvent bénéficiaires d’AOC ou de marchés de terroir, comptant sur une certaine maîtrise de la production pour maintenir des prix corrects.
De toute façon, rappelle-t-on chez des professionnels et dans l’entourage de Bruno Le Maire, le contrat n’est pas un outil de maitrise, ni de régulation. C’est un outil de visibilité pour l’éleveur et l’entreprise. Si, déjà, il joue ce rôle ce sera beaucoup.

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