Les agriculteurs ont-ils surinvesti début 2008 au plus fort de la flambée des cours ? Pour certains c’est, dit-on, le cas. Avec une hausse de 20 % des achats, une puissance moyenne des tracteurs en forte progression, des matériels plus lourds, les factures ont dû être salées en ce début 2008. Las, les encours de crédit courent encore tandis que les prix des céréales sont bien bas. En même temps, il est logique et de bonne stratégie que d’investir aux périodes de cours élevés.
Tout est une question de visibilité et de lissage de la marge d’exploitation. Voilà pourquoi, maintenant que l’hypothèque du bilan de santé de la Pac est levée (regretté par les uns, bienvenu pour les autres), le grand combat pour demain devrait être celui des outils financiers et fiscaux : la DPA ou dotation pour aléas avec sa cousine DPI (dotation pour investissement) et la possibilité d’y joindre le risque économique, l’émergence des produits d’assurance, les marchés à terme, etc. Ces enjeux sont aussi importants que ceux de 2013. Pour une bonne raison : il n’y a pas grand-chose à espérer de la Pac d’après 2013.
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Ceux qui espèrent le contraire se trompent lourdement ou trompent leur entourage. Il y a quatre ans pour inventer des outils privés de régularisation des revenus, quatre ans pour bâtir des modes d’organisation qui tempèrent les aléas, de plus en plus forts sans doute, des marchés. Le syndicaliste de demain, le ministre de demain, devront se colleter à cette mission en priorité. C’est à cette seule condition que celui qui investira dans du nouveau matériel pourra avoir une vision un peu précise de sa capacité à rembourser ses échéances.