La France entière, son président en tête, se mobilise, pour ou contre, l’autorisation du port du voile à l’école. Il n’est question que de cela, tant dans l’action publique que dans les journaux et discussions de toutes sortes. Il faut le reconnaître, notre pays a le secret de ces débats réputés «de société» : faute de résoudre un problème de cohabitation dans l’enceinte privée, les hommes politiques de tout poil se saisissent de la question, en font une affaire nationale et invoquent les grands principes républicains pour aboutir à une loi qui sera, qu’on le veuille ou non, une loi d’exclusion. En oubliant que le contexte d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le celui de 1905 qui donna lieu, à juste titre, aux grands textes sur la laïcité.
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Le problème est que pendant ce temps-là, des problèmes autrement plus cruciaux ne sont pas réglés. Ainsi, les Français s’intéressent beaucoup moins à l’évolution de l’Europe qu’à l’affaire du voile. Une Europe en phase rapide de renationalisation. L’échec des discussions sur la constitution, le plafonnement budgétaire demandé par un groupe de pays, dont la France, la mise en place probable d’une Europe à deux vitesses… l’Union que l’on nous construit risque à coup sûr de décevoir les plus ardents défenseurs de l’intégration du vieux continent. En passant, c’est toute la politique de soutien au développement rural et une grande part de la politique agricole qui pourraient être reléguées au rang de vieux souvenirs. Sans même que soient mises en place d’autres politiques ambitieuses. En somme, c’est la pire version d’une Europe des nations qui se met en place, une Europe qui évoluera au gré des ardeurs communautaires des gouvernements en place, au gré des alliances circonstancielles.