Tout en s’engageant dans la démarche European Chicken Commitment (ECC), Lidl a plaidé, cette semaine, pour une « concertation » autour de ce cahier des charges. Une position qui a attiré les foudres de l’ONG abolitionniste L214 et le soutien de l’interprofession Anvol.
Comme plusieurs distributeurs avant lui, Lidl France a annoncé, le 17 juillet, s’être engagé pour le European Chicken Commitment (ECC) afin d’améliorer les conditions d’élevage et d’abattage du poulet de chair. L’enseigne promet de remplir les critères de bien-être animal défini par l’ECC « pour 100 % de ses approvisionnements à marque distributeur sur les produits contenant au moins 50 % de viande de poulet d’ici 2026 ».
Elle demande cependant une « concertation » sur deux points du cahier des charges de l’ECC, anticipant des « dangers économiques » pour la filière. « Après consultation des fournisseurs et producteurs partenaires, il est apparu que 2 des 9 objectifs, que sont les questions de densité (30 kg/m2 au lieu de 42 kg/m2 actuellement) et de souches à croissance plus lente, sont difficilement envisageables voire inatteignables pour 100 % des approvisionnements d’ici 2026 », dit le communiqué.
Lidl souhaite donc réunir les différents acteurs autour de la table pour trouver une solution et atteindre « le plus sereinement possible et en toute transparence » tous les objectifs de l’ECC « dans les années à venir ».
« Le vrai prix des bonnes choses »
Une initiative qui a déplu à l’ONG abolitionniste L214, laquelle a diffusé quelques jours plus tard une parodie des publicités Lidl, se concluant par un détournement du slogan de l’enseigne : « Le vrai prix des bonnes choses n’est pas toujours avouable. » Pour l’association, « Lidl ne s’est pas engagé fermement à mettre un terme aux pires pratiques d’élevage et d’abattage des poulets ».
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De son côté, l’interprofession de la volaille, Anvol, a soutenu la position de Lidl. L’interprofession regrette que la filière soit « en permanence victime de campagnes de désinformation de la part de groupes végans dont l’objectif final est d’imposer la fin de l’élevage dans notre pays et la promotion des viandes artificielles de synthèse ». Selon Anvol, « pour ces activistes, le bien-être des animaux d’élevage n’est qu’un prétexte pour mettre fin à la consommation de viande, privant ainsi les consommateurs de leur liberté de choix ».
D’autre part, l’interprofession ne croit pas « réaliste » le scénario de la généralisation de l’ECC car « tous les Français ne pourront pas se le permettre compte tenu du surcoût (jusqu’à +60 %, ndlr) », explique la directrice d’Anvol Anne Richard. L’interprofession craint même que ce scénario n’entraîne une augmentation des importations via les produits de fond de rayon (bas de gamme), les plats préparés ou la restauration hors domicile.
L’engagement de généraliser l’ECC d’ici 2026 est porté par une trentaine d’ONG welfaristes et abolitionnistes, et a été repris par plusieurs distributeurs et transformateurs ces derniers mois.
Deux des neuf objectifs sont difficilement envisageables