Élever les « frères de pondeuses » au lieu de les euthanasier : cette piste creusée par le Technopôle Laval Mayenne est entrée en phase commerciale le 2 décembre.
Après un essai dans le cadre du projet européen Food Heroes, le volailler mayennais Le Gars Daudet commercialise le 2 décembre des « frères de pondeuses », annonce un communiqué du Technopôle Laval Mayenne (LMT), également partenaire du projet. L’élevage des mâles de souches pondeuses est un des moyens d’éviter le broyage des poussins mâles, que l’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume souhaitait interdire d’ici fin 2021. Alors que des poids lourds de la filière pondeuses explorent la piste du sexage in ovo, qui consiste à déterminer le sexe du poussin avant l’éclosion, les partenaires du projet mayennais ont, eux, choisi de s’intéresser à l’élevage des mâles : « C’est la piste qui intéressait le moins, mais elle présente l’avantage de pouvoir être opérationnelle très vite », résume Nicolas Chomel, animateur de filières agri-agro au LMT.
Essais avec le lycée agricole de Laval
Dans le cadre de ce projet, le lycée agricole de Laval a mené deux essais en 2019 et 2020, impliquant à chaque fois 100 volailles. À l’issue de cette expérimentation, les partenaires se sont positionnés sur un âge à l’abattage de 60 jours pour un poids de carcasse de 700 g, équivalent à un repas pour deux personnes. Avec ce gabarit, les mâles de souches pondeuses se rapprochent des coquelets (poulets de chair abattus jeunes), sans pouvoir revendiquer cette appellation encadrée par un cahier des charges. Sur les conseils du Labo du design, les partenaires ont donc créé la marque « Les Coquets de Mayenne ».
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C’est sur cette base que cette entreprise familiale commercialise auprès du grand public deux lots de 80 « Coquets », au prix de 7 € pièce. Une vente qui pourrait être amenée à se reproduire plusieurs fois par an, indique son co-gérant Baptiste Daudet à Agra Presse. Chez son éleveur partenaire, les « frères de pondeuses » sont mélangés à un troupeau de poulets de chair " classiques ". « Nous avons trouvé un équilibre économique », affirme le patron mayennais. Même si « on doit les acheter plus cher à l’éleveur », du fait d’une moindre vitesse de croissance. Par ailleurs, les « Coquets » « coûtent plus cher à abattre, car ils sont plus petits, on y passe un peu plus de temps ».
De son côté, le Technopôle de Mayenne a déposé un nouveau projet auprès de la Région Pays de la Loire pour « tester l’élevage des " Coquets " sous les vergers de pommiers dans des bâtiments “itinérants” », indique Nicolas Chomel, du LMT. Les porteurs de projet espèrent mesurer un effet bénéfique sur la protection des arbres vis-à-vis des carpocapses notamment. Le but : proposer une diversification aux arboriculteurs en visant « 1 500 volailles en deux ans ». Réponse attendue en février 2021.
Étape suivante : tester l’élevage de « Coquets » sous les vergers