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Volailles : la filière chahutée entre influenza et guerre en Ukraine

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La filière volailles de chair voit ses coûts de production exploser, entre l’influenza aviaire, qui obère les disponibilités, et la guerre en Ukraine, qui amplifie la flambée de l’alimentation animale.

Guerre en Ukraine et influenza aviaire : le cocktail est particulièrement indigeste pour la filière volailles. Sous l’effet de ces deux crises, le leader LDC a annoncé « une hausse de [ses] prix de revient de 35 % », d’après un communiqué du 17 mars. « À fin mars, près de la moitié aura été compensée par les revalorisations tarifaires acceptées par nos clients », précise l’industriel. Alors que le gouvernement a appelé, le 18 mars, les distributeurs et leurs fournisseurs à « se remettre autour de la table », LDC se dit « confiant pour obtenir le complément nécessaire dans les semaines à venir ». Comme le rappelle le n°1 européen de la volaille, la guerre en Ukraine a provoqué « une nouvelle spéculation sans précédent sur le prix des matières premières (céréales, protéines végétales, huiles, emballages, énergies et le carburant) ». Idem chez Galliance : « Le prix de l’alimentation animale a plus que doublé », avec à la clé « une hausse du coût de revient de la volaille vivante de plus de 60 % ». Plus en aval, les hausses de prix concédées par les clients (GMS, RHD) restent « très insuffisantes », déplore la branche volailles de Terrena.

Par ailleurs, le violent épisode d’influenza aviaire dans les Pays de la Loire va « entraîner des perturbations temporaires sur la disponibilité de certaines espèces de volailles (canards à rôtir, pintades) », selon un communiqué de l’interprofession des volailles de chair (Anvol). Chez Galliance, « les surfaces d’élevage affectées représentent selon les espèces et les plannings de production de 50 à 80 % de l’activité ». Une perte « d’une importance sans précédent », doublé d’un « drame psychologique et économique » pour les aviculteurs, alerte la coopérative dans un communiqué. Galliance indique avoir « invoqué un cas de force majeure auprès de [ses] clients et sollicité la mise en place de solutions de solidarité » (indemnisation des éleveurs, chômage partiel pour ses salariés).

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La filière s’installe dans une crise appelée à durer : Galliance estime qu'« il faudra au moins six mois pour revenir à une situation de production standard ». De son côté, LDC indique que l’épizootie pourra entraîner « l’arrêt momentané de certains sites ». Dans un communiqué du 21 mars, la CFDT Agri-Agro appelait les employeurs de la filière avicole à « activer tous les dispositifs existants pour conserver l’emploi et, donc, leur capacité de production au retour à une activité plus soutenue ».

« Au moins six mois » avant un retour à la normale