La version initiale de la politique agricole commune a duré de 1962 à 1992, date de la première grande réforme, si l’on exclut l’introduction des quotas laitiers en 1984. Soit trente ans de régime à peu près régulier pour les agriculteurs. La deuxième a duré une dizaine d’années ou un peu plus, jusqu’en 2003. Une nouvelle réforme est intervenue en 2015 soit douze ans plus tard. Une autre devrait voir le jour en 2020 soit après à peine cinq ans.
En fait de volatilité, il y a celle des cours mais aussi celle de la politique agricole européenne. Plus le temps passe, moins une Pac dure. Alors que les agriculteurs sont obligés d’investir de plus en plus, pour un long terme qui leur échappe.
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Aujourd’hui, le conseil informel des ministres de l’agriculture à Amsterdam, qui vient de se réunir, n’a pas encore été capable de lancer sérieusement le débat tant ces ministres se doivent d’abord de coller des rustines à la Pac d’aujourd’hui.
Si l’on voulait plaisanter, il faudrait ajouter, à l’assurance contre la volatilité des prix, une assurance contre la volatilité de la Pac. Plus sérieusement, cette incertitude, pour les agriculteurs, s’aggrave du fait que les pays membres de l’UE sont plus nombreux et que l’autonomie de décision accordée à chacun des pays est de plus en plus grande. A la volatilité dans le temps s’ajoute la variabilité dans l’espace. La bonne proposition pour 2020 ne consisterait-elle pas à définir une Pac à deux vitesses, avec un noyau dur qui accepte des disciplines communes et profite d’une politique réellement intégrée ? Ce qui conduirait à s’interroger sur le bien-fondé du marché unique pour les produits agricoles. Une mutation radicale, sans doute, mais qui permettrait peut-être de créer une Pac plus stable.