Le volontarisme peut faire avancer un dossier. En témoigne le secteur laitier. Le 1 er décembre, les différents membres de l’interprofession (Cniel) parvenaient à s’entendre pour fixer enfin une orientation du prix du lait à la production. C’est, il fallait s’y attendre, une orientation à la baisse et les éleveurs auront motif à le regretter. Mais l’accord a le mérite de sauver, on peut le dire, l’interprofession laitière. Faute d’une telle « paix des braves » le Cniel aurait été réduit à gérer quelques budgets promotionnels.
Autre volontarisme, celui du ministre de l’Agriculture et de quelques parlementaires. Après l’Assemblée nationale, le Sénat a voté, dans la nuit du 3 au 4 décembre, un article additionnel au projet de loi de finances 2009. Cet article redonne durablement, à l’interprofession, le droit de fixer une orientation de prix à la production. La DGCCRF, qui avait fait littéralement exploser l’accord sur le prix du lait, n’aura plus à s’y opposer. La loi de finances dit même que « ces pratiques ne sont pas soumises » à plusieurs articles du code du commerce réglementant la concurrence. C’est historique et pourrait bien donner des idées à d’autres interprofessions… à condition qu’il y règne un consensus sur les grandes orientations de la filière.
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Bruxelles, avec son rigorisme en matière de concurrence, pourrait sans doute y trouver à redire. Mais on peut lui rétorquer que la France est meilleure élève, question concurrence, que les pays du nord de l’Europe où existe parfois une seule coopérative de collecte laitière, voire deux ou trois. Après tout, l’UE a laissé se constituer ces quasi-monopoles sans rechigner. Et à l’heure où elle torpille les quotas laitiers, il faut bien qu’elle accepte l’existence de règles du jeu pour ne pas désespérer les bassins laitiers.