L’histoire a montré que le poste de ministre de l’Agriculture est, souvent, le tremplin vers une responsabilité plus grande encore. Jamais ce fait n’aura été vérifié aussi rapidement qu’avec Christine Lagarde devenue titulaire du ministère le plus important de la République, celui de l’économie. Les agriculteurs, qui l’avaient adoptée, auraient pu être vexés de se voir si vite dépossédés. Ils ont de quoi se consoler. Ils gagnent, en Michel Barnier, un homme au parcours impressionnant, tour à tour ministre de l’Environnement, des Affaires européennes, responsable du quai d’Orsay, commissaire européen, etc. Un homme qui a été, en France (cela, les agriculteurs s’efforceront peut-être de l’oublier !), initiateur du principe de précaution comme de celui du pollueur-payeur.
Autant Christine Lagarde avait la vertu, mais aussi le handicap, de la nouveauté, autant Michel Barnier a les atouts de l’expérience et du réseau d’amitiés qu’il a pu se constituer, tant à Paris qu’à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes. Est-ce que cela suffit ? Sans doute pas.
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Dès sa prise de fonction, le nouveau ministre a parlé de « détermination », de « modernité » d’agriculture « question de société ». Il s’agit bien de cela : faire tout ce qu’il faut pour intégrer l’agriculture dans les exigences de la société moderne (environnement mais aussi compétitivité, qualité…) ; faire tout ce qu’il faut pour expliquer à la société les contraintes de l’agriculture. Ce sera surtout une question de volonté. Les échéances ne manqueront pas pour la mettre à l’épreuve : Grenelle de l’environnement, bilan de santé de la Pac, reprise éventuelle des négociations à l’OMC, etc.