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Vote quasi unanime des députés pour interdire l’élevage des visons en 2023

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Les élus du Palais Bourbon ont adopté en première lecture le 29 janvier l’interdiction des élevages de visons, incluse dans la proposition de loi (PPL) sur la maltraitance animale.

En séance publique le 29 janvier, les députés ont voté en faveur de l’interdiction des élevages de visons d’ici deux ans, comme proposé par la commission des Affaires économiques le 20 janvier (1). Les parlementaires ont également interdit les élevages d'« animaux d’autres espèces non domestiques exclusivement élevés pour la production de fourrure », et ce dès la promulgation de la loi. Un élargissement qui vise à « éviter le développement d’élevages tels que ceux de renards », d’après l’exposé des motifs de l’amendement correspondant, déposé par la rapporteure de la PPL Laëtitia Romeiro Dias (LREM, Essonne). Fin septembre 2020, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avait annoncé sa volonté de mettre fin à l’élevage de visons à l’horizon 2025.

Une décision motivée notamment par la crise sanitaire : le coronavirus peut passer du vison à l’homme, et l’apparition d’une mutation du virus au Danemark avait provoqué l’abattage massif de plusieurs millions de ces mustélidés. Ces interdictions sont incluses dans la proposition de loi (PPL) Maltraitance, qui a été adoptée en première lecture le 29 janvier, à la quasi-unanimité (moins deux voix du groupe UDI et indépendants). Principalement consacré aux animaux domestiques et aux animaux sauvages en captivité, le texte n’a pas été élargi à l’ensemble des élevages « hyper intensifs », comme le souhaitait le groupe France insoumise.

Les ONG entre déception et satisfaction

« Le sujet des animaux d’élevage est mis de côté », abonde CIWF France, dans un communiqué envoyé avant le vote. Trois ans après les États généraux de l’alimentation, « le bilan [du gouvernement] en matière de bien-être animal est très faible à ce jour », déplore l’ONG. Plus acerbe, L214 ironise, dans un communiqué du 29 janvier, sur le résultat attendu de cette loi : « Deux ans pour fermer trois élevages de visons… » « Ce texte porte des avancées, mais il ne couvre qu’une part infime de la maltraitance animale », estime sa porte-parole Brigitte Gothière.

L’association animaliste appelle les sénateurs à « se montrer plus ambitieux que les députés, en votant notamment l’interdiction immédiate des élevages de visons ». Pour L214, le sursis de deux ans accordé à ces élevages « demeure une aberration éthique, sanitaire et écologique ». D’autres ONG, toutefois, affichent leur satisfaction. C’est le cas de la Fondation Droit Animal (LFDA), qui « applaudit » l’interdiction de l’élevage des animaux pour leur fourrure, mesure « indispensable pour le bien-être des animaux et la sécurité ». Peta France va même jusqu’à « porter un toast aux députés et députées », saluant des « mesures historiques ».

Interdiction élargie aux animaux sauvages élevés pour leur fourrure