Curieuse élection que ce suffrage départemental prochain qui va appeler les électeurs à voter pour une structure, le département, dont on ne sait encore bien quelle sera la compétence. Il y a fort à parier que l'abstention risque d'être élevée. Et pourtant : jusqu'à présent, le département a bel et bien une grande importance dans la panoplie des soutiens à l'agriculture. Si les agriculteurs veulent faire en sorte que cet outil soit maintenu dans son intégrité, ils ont intérêt à voter en masse. Ce serait démontrer, d'une part, que l'attachement des citoyens au département reste fort. Et ce serait conserver à cette collectivité un rôle local, éviter une politisation extrême du débat.
Les ruraux peuvent-ils courir le risque, au soir des résultats, que la nation constate une forte abstention, une poussée en pourcentage des partis extrêmes et principalement de l'extrême droite ? Car, ne l'oublions pas, c'est toujours en pourcentage que l'extrême droite progresse, en profitant de l'abstention des autres et non d'une augmentation en valeur absolue de ses électeurs.
Or, les autres collectivités locales sont-elles mieux placées que le département pour aborder les questions qui préoccupent les habitants des zones rurales ? Pas sûr. La région n'est-elle pas aujourd'hui trop grande et ne le sera-t-elle pas encore plus après les fusions envisagées, pour être proche de ses ruraux ?
La réforme des territoires aurait dû être menée en deux temps. Les régions d'abord, les départements ensuite. Le gouvernement a voulu aller plus vite. Aux électeurs de se mobiliser s'ils veulent conserver un département encore fort.