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Vous avez dit mondial ?

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Il est de bon ton de vouloir faire de nos leaders nationaux des entreprises « globales » comme on dit, c’est-à-dire mondiales. Ce qu’est devenu Danone et aussi Carrefour. N’empêche, les récentes évolutions, parfois difficiles à suivre, de la stratégie du n°2 mondial de la distribution ne peuvent qu’inquiéter les professionnels de l’agroalimentaire.  Né en France et inventeur de l’hypermarché qui a servi de modèle dans tous les pays, Carrefour se dispute actuellement avec Casino pour la maîtrise du très dynamique marché du Brésil. Mais une issue possible de ce combat serait l’entrée en force du groupe brésilien Diniz dans le capital du distributeur français, à hauteur de 17% au moins, c’est-à-dire un peu plus que le fonds américain Colony Capital et Groupe Arnault qui sont aujourd’hui réunis dans Blue Capital. Les administrateurs de Carrefour n’ont pas été toujours unanimes ces derniers temps, et sur le projet affiché aujourd’hui de concert avec Diniz (et qui lui donne la vice-présidence du groupe) il a fallu que le conseil d’administration s’y reprenne à deux fois avant de donner son accord. On ne peut donc s’empêcher de penser qu’à terme les positions de Bernard Arnault et de Colony se séparent et que la majorité de contrôle du groupe français bascule pour appartenir à des Brésiliens. L’émotion affichée en même temps par les présidents de la Fnsea et de l’Ania dans les colonnes du Journal du Dimanche indique assez l’importance de l’enjeu. Un lobbying réussi par le Brésil pour démanteler les protections du marché communautaire, des rachats d’entreprises sur le continent européen et maintenant peut-être un accès direct vers nos consommateurs, cela fait beaucoup !

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