Repreneur de Pommery en 2002, puis de la maison Jacopin en avril dernier, Vranken Pommery (235 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2002) pétille de plus belle après l’approbation à la mi-août, par le tribunal de commerce de Reims, de son plan de reprise des champagnes Bricout et Delbeck. Afin de mener à bien l’opération, le groupe s’est associé, « en bonne intelligence », à Moët et Chandon (LVMH) mais assume la plus grande partie de l’offre. Il prévoit d’augmenter de 1,5 à 2 millions de bouteilles sa production annuelle de champagne.
Après que la solution globale envisagée par trois maisons et une coopérative en vue de la reprise de quelque 300 hectares d’approvisionnement (sur un total de 400 hectares), fut tombée à l’eau, Vranken Pommery a élaboré une offre qui respecte la chaîne économique champenoise, explique-t-on. Il reprend ainsi 150 à 200 hectares d’approvisionnement, 95 salariés, le bâtiment de stockage et un stock de 5 millions de bouteilles sur lattes. « Ce périmètre est homogène », souligne-t-on. En revanche, le groupe ne reprend pas la chaîne d’embouteillage, qui ne présentait pas d’intérêt. Quant à son partenaire Moët et Chandon, il se voit attribuer 40 à 45 hectares d’approvisionnement et environ 1 million de bouteilles sur lattes.
Sérénité
Reprendre l’ensemble eût été très lourd pour une seule maison, affirme-t-on au siège de Vranken, qui, en année pleine d’exploitation des nouveaux actifs, verra son chiffre d’affaires progresser de 10 %, et sa production atteindre 17,5 à 18 millions de bouteilles. L’intérêt de l’opération repose dans l’apport d’une capacité d’approvisionnement supplémentaire qui sera mise au profit des marques phares du groupe – Vranken, Charles Lafitte, Heidsieck Monopole, Demoiselle et Pommery – plutôt qu’au développement des marques Bricout et Delbeck, dont le sort n’est pas encore fixé.
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Le groupe se félicite qu’une décision soit intervenue avant le début des vendanges, qui pourront se dérouler dans une certaine sérénité. La récolte sera très réduite et les maisons de champagne seront amenées à débloquer des stocks. Si le prix du kilo de raisin augmente, la hausse reste modéré à 4,25 euros contre 4,10 euros l’an passé. En fait, depuis un certain nombre d’années, les prix restent peu ou prou stables. « La région a appris des crises du passé ».