Michel Barnier a fait preuve d’une « grande capacité d’écoute », mais « n’a pas toujours su lui-même se faire entendre » : tel est, en synthèse, le regard porté par la fonction publique européenne sur l’action à Bruxelles du ministre de l’Agriculture sortant, qui a notamment été appelé à mener les travaux du Conseil des Vingt-sept pendant les six mois de présidence française de l’Union. Son homologue italien s’était ainsi félicité d’avoir été enfin compris sur le dossier des quotas laitiers lors de la négociation du bilan de santé de la Pac. En revanche, remarque un vieux routier des « marathons » européens, « cela a nettement moins bien fonctionné avec les Allemands et les Britanniques ».

C’est néanmoins sous la présidence de Michel Barnier que le bilan de santé a été conclu. Un succès, même si celui-ci est dû en grande partie à l’habileté des hauts fonctionnaires de la Commission, comme cela est généralement le cas dans les grands marchandages européens. En tout cas, les décisions prises à Paris pour la mise en œuvre de cet accord au niveau national ont été jugées « courageuses » à Bruxelles.

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« Nourrir le monde » : Michel Barnier a pu par ailleurs mettre en avant ce thème qui lui est cher, et qu’il était effectivement essentiel de développer, la crise financière et économique entrant dans sa phase aiguë. Toutefois, la position française dans les tractations du cycle de Doha pour le développement n’est pas toujours apparue très en phase avec ce vaste chantier. Autre priorité, le débat sur l’avenir de la Pac lancé lors de la rencontre informelle d’Annecy n’a pas, en revanche, été une réussite, constate-t-on unanimement à Bruxelles. Et il en est de même pour celui sur la protection sanitaire aux frontières pourtant amorcé très tôt par Paris.

En fait, résume un diplomate, la France a eu le mérite « d’élargir notre champ de réflexion », mais elle « n’a pas vraiment convaincu, son propos laissant souvent percer des accents franco-français que l’on connaît trop bien dès qu’il s’agit d’agriculture ».