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William Saurin : lourdes sanctions demandées à l’audience disciplinaire

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Des amendes d’un million d’euros et des interdictions temporaires d’exercer avec sursis ont été réclamées à l’encontre de plusieurs cabinets d’audit et commissaires aux comptes lors de l’audience disciplinaire du 6 octobre dans l’affaire des comptes truqués de l’ancienne maison mère de William Saurin. Quatre cabinets (Mazars, PwC Audit, PwC Entreprises et Michel Tamet & Associés), ainsi que plusieurs commissaires, comparaissaient depuis fin septembre devant le Haut conseil du commissariat aux comptes (H3C). À la disparition de Monique Piffaut fin 2016, l’unique propriétaire de la Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit, Paul Prédault et Madrange), un audit avait mis à jour plusieurs années de manipulation des comptes à grande échelle. Au total, l’ardoise des fausses factures atteignait entre 250 et 300 millions d’euros, selon les estimations de la presse à l’époque.

Lors de l’audience le 6 octobre, le rapporteur a vertement critiqué les « excès de confiance » et « l’imprudence » des commissaires chargés de certifier les comptes de l’entreprise. « Les demandes du rapporteur sont excessives, elles ne tiennent pas compte des débats où nous avons fait valoir que les griefs n’étaient pas fondés, ni de la fraude dont Mazars a aussi été victime », a contesté l’avocate de ce cabinet, Florence Vilain. Même discours du côté de la défense de PwC, qui considère qu' « aucun manque ne peut être reproché […] pour de prétendus manquements », dans cette affaire.

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Rappelons qu’en parallèle de cette procédure, l’affaire suit son cours au pénal, avec l’ouverture d’une information judiciaire en avril 2019, confiée à des juges d’instruction financiers. Pierre Sardet et Eric Schwaller, deux associés de Mazars impliqués dans la validation des comptes de FTL, ont déjà été mis en examen fin 2019 pour « confirmation d’informations mensongères sur la situation d’une personne morale » et, pour le premier, réputé proche de Monique Piffaut et licencié depuis, de « violation des incompatibilités légales par un commissaire aux comptes », selon une source judiciaire et des sources proches du dossier. À l’audience du 6 octobre, le rapporteur a proposé à leur encontre une radiation disciplinaire.

La décision du H3C, mise en délibéré au 19 janvier prochain, est attendue avant la fin de la procédure pénale.