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FNSEA X. Beulin : «L'embargo russe justifie une politique de régulation des marchés»

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Evoquant les impacts probables de l'embargo russe sur la situation de l'agriculture européenne, le président de la FNSEA s'est félicité de la « très grande réactivité de la Commission européenne » sur les marchés suite à cet embargo. Pour le président de la centrale syndicale agricole, « les conséquences de cet embargo justifient pleinement le maintien d'une politique de régulation des marchés en Europe ».

« L'Union européenne a été très réactive pour réguler les marchés agricoles européens suite à l'embargo russe » a estimé avec satisfaction Xavier Beulin, le président de la FNSEA lors d'un point de presse le 27 août. Selon lui « les conséquences de l'embargo russe justifient une politique de régulation des marchés ». Tel est le message que la France devrait porter à Bruxelles la semaine prochaine lors d'une réunion des ministres de l'agriculture sur cet embargo. Le président de la FNSEA n'est pas optimiste pour autant. Si Bruxelles a été si réactif c'est sans doute qu'on s'y attend à une crise longue. Ce qui justifierait, selon lui, que les coûts d'une telle régulation soient aussi pris en charge par d'autres budgets que l'agriculture. Xavier Beulin demande d'ailleurs à la Commission européenne de saisir l'OMC sur la question. La Russie qui y a adhéré récemment ne peut pas s'abstraire des règles de libre accès à ses marchés, estime-t-il.

Baisse des aides Pac

Par ailleurs, le président de la FNSEA est revenu sur plusieurs dossiers sensibles de la rentrée : la directive nitrate dont la réglementation devrait être durcie, la loi sur la transition énergétique pour laquelle les agriculteurs doivent être force de proposition, la nouvelle Pac qui va conduire à une réduction des aides. Il a demandé, à ce sujet, que le premier paiement des aides soit avancé. Sur la situation des filières, le président de la FNSEA s'est montré inquiet pour bien des secteurs. Il a voulu cependant dédramatiser la question de qualité concernant le blé. « Arrêtons de nous autopaniquer », dit-il. « On a des clients qui, à force d'entendre qu'il y a des problèmes de qualité, risquent de se détourner de notre blé ». Or, la situation est très hétérogène selon les régions explique Xavier Beulin, certaines régions ayant des problèmes de qualité, d'autres non.

Nouveau gouvernement : l'orientation approuvée

Concernant le nouveau gouvernement, Xavier Beulin a approuvé indirectement l'orientation maintenue par François Hollande et Manuel Valls : « les pays qui ont fait le choix de rendre leur économie compétitive se trouvent plutôt sur une pente vertueuse », constate-t-il. « Si on veut relancer la croissance il faut se donner les marges de compétitivité qui nous manquent, » affirme le président de la FNSEA. Et de penser en particulier à l'agriculture « où on ne retrouvera pas notre 2e place mondial d'exportateur mais on devrait cesser de perdre du terrain ». Xavier Beulin regrettait de ne pouvoir aller à l'université d'été du Medef, étant appelé à des réunions à Bruxelles en prélude à des rencontres ministérielles sur l'embargo russe.

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Quant à ce qui est demandé au gouvernement, c'est, principalement le soutien à la mise aux normes européennes, le rétablissement d'une ambition collective forte pour l'agriculture et la libération des énergies notamment grâce à une meilleures compétitivité et une simplification des procédures. « Si on divisait par deux le délai de réponse à des investissements et de regroupements en agriculture, je dirais que le gouvernement a fait son boulot » affirme Xavier Beulin.

Dumping social

Concernant les fruits et légumes, l'effet de l'embargo russe s'est ajouté à un dumping social en provenance de pays comme l'Espagne. Des pêches, produites à 1,10 euro le kilo en Espagne arriveraient en France à 0,60 euro. Mais la Commission européenne a été vite saisie du problème et a pris des mesures de régulation des marchés (retraits). Cependant, un prochain conseil des ministres européens doit faire le point sur la situation provoquée par l'embargo.