« Le rapport Potier a le mérite d'exister mais nous allons le challenger, c'est sûr », a estimé le président de la FNSEA Xavier Beulin en présentant ses vœux à la presse. Xavier Beulin reproche au rapport sur la réduction des phytos remis par le député à Manuel Valls, de se cantonner aux aspects purement quantitatifs.
Le rapport Potier, sur la réduction des produits phytosanitaires devrait être présenté officiellement aux organisations agricoles le 15 janvier lors d'un comité écophyto. C'est à ce moment que les syndicalistes devraient présenter une analyse et réaction à ce travail qui a été remis fin 2014 au premier ministre Manuel Valls. Sans attendre, le président de la FNSEA a annoncé qu'il allait le « challenger », le contester dans le cadre des concertations gouvernement-profession sans doute à venir.
« L'analyse n'est pas conduite sur le plan qualitatif, celui de l'impact des produits phytos sur la santé et l'environnement », explique le président de la FNSEA. Selon lui, ce travail se borne à analyser les volumes de produits utilisés, sans tenir compte de la dangerosité plus ou moins grande des produits et à envisager des interdictions plutôt que des alternatives technologiques. « Il est très léger sur le volet innovation », considère Xavier Beulin.
Le rapport Potier n'est pas le seul motif d'inquiétude du syndicaliste pour l'année qui s'ouvre. Le contexte international n'est pas rassurant. L'accord commercial avec le Canada est quasiment bouclé tandis que se profile un accord avec les Etats Unis. « Nous avons beaucoup de sujets défensifs », explique Xavier Beulin, notamment en ce qui concerne la viande bovine, la volaille ou le sucre. « Les négociateurs européens sont prêts à accepter des concessions importantes permettant aux Américains d'exporter davantage vers l'Europe », regrette-t-il.
Le bœuf irlandais autorisé aux USA, pas le porc français en Russie
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Par ailleurs, sur le plan économique, les perspectives pour le lait, la viande ne sont pas fameuses tandis que l'embargo russe pèse encore, notamment sur le porc. La FNSEA demande au gouvernement français d'obtenir de Bruxelles une régionalisation de la gestion des critères sanitaires. Ceci permettrait à la France d'exporter du porc en Russie alors même que d'autres pays, où sévissent des problèmes sanitaires, se voient bloqués. Xavier Beulin compte monter vivement au créneau sur le sujet notamment après avoir vu l'Irlande autorisé, depuis le 5 janvier, à exporter de la viande bovine sur les Etats Unis grâce à un accord régional.
Excès de réglementation
Sur le plan purement européen, la FNSEA attend, non sans appréhension, que plusieurs dossiers de la réforme de la PAC soient bouclés (verdissement, SIE, aides couplées…). Vis-à-vis de la Pac, Xavier Beulin demande à la France de ne pas « sur-appliquer » les réglementations européennes, notamment en matière environnementale. D'une manière générale, la lutte contre l'excès de réglementation, français ou européenne, sera une des priorités de la FNSEA pour 2015. Xavier Beulin et ses co-équipiers Christiane Lambert et Dominique Barrau citent également les écarts entre des engagements de ministres et l'attitude des fonctionnaires de l'Etat. Et Xavier Beulin de citer plusieurs exemples, notamment concernant le ministère de l'Écologie (gestion des cours d'eau, directive nitrates). Autre souci dû aux règles environnementales : l'interdiction d'utiliser du blé dans les fermenteurs alors que d'importantes quantités de blé se trouvent quasi-invendables en raison de mycotoxines. « Mettons un peu de bon sens et de raison dans ces règlements », plaide le président de la FNSEA. C'est, notamment, ce qui est attendu de la mission qui a été diligentée par le ministère de l'Agriculture visant à faire mieux accepter les contrôles en exploitation. Une mission dont Xavier Beulin attend qu'elle rende les contrôles plus pédagogiques et moins répressifs.
« Jusqu'en juin 2015, nous ne mettrons pas en place le compte pénibilité », a déclaré Xavier Beulin, le président de la FNSEA, lors de ses vœux à la presse le 8 janvier. Le mot d'ordre est lancé pour les agriculteurs adhérents au syndicat. « En l'état, le compte pénibilité est complètement inadapté », commente-t-il, prenant en exemple les vibrations d'un tracteur qui seront perçues comme pénible ou non selon si le sol est dur ou meuble… Une mission parlementaire sur le sujet a été mise en place « pour regarder comment ça se passe dans les petites entreprises », avait déclaré le 5 janvier Thierry Mandon, le secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification sur BFM Business.