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Entreprises Xavier Beulin soutient les éleveurs de Doux

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Le président de la FNSEA s’est rendu dans les Côtes d’Armor le 11 juin pour soutenir les éleveurs du groupe Doux. L’occasion de recueillir et exprimer le doute des éleveurs sur l’avenir de leurs activités. Parallèlement, à Châteaulin, les salariés d’un atelier de découpe ont été priés, dès le 11 juin, de prendre des congés à cause du ralentissement des activités.

«Tant qu’il n’y a pas d’engagements, les éleveurs ne sont pas sûrs de faire les mises en place », a déclaré Xavier Beulin, président de la FNSEA, le 11 juin dans les Côtes d’Armor devant les producteurs de Doux. De fait, les doutes se font de plus en plus sentir concernant les nouvelles mises en place de poussins et de dindonneaux pour les produits de Noël notamment, dont le cycle de production est de 6 mois. Or, le manque de visibilité sur les mois à venir est loin de rassurer les éleveurs, souvent déjà créanciers du groupe Doux. Ces mises en place, censées commencer fin-juin début-juillet, sont pour le moment en attente d’une meilleure visibilité sur les approvisionnements, notamment en aliments, en poussins et en énergie. Si le doute des éleveurs gagne du terrain en Côtes d’Armor, il est confirmé à Châteaulin où les activités sont déjà ralenties. Les salariés d’un atelier de découpe ont donc été priés de prendre des congés à cause du ralentissement des activités. Les craintes exprimées par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, plus tôt dans la journée du 11 juin se concrétisent. Il avait estimé que « les problèmes de trésorerie de l’entreprise peuvent entraîner des difficultés d’approvisionnement en aliments et en énergie entre autres ». Une anticipation qui a notamment permis de faire face à des problèmes d’approvisionnement d’une usine d’alimentation à Clémont dans le Cher. « Les volailles Doux crient famine ! », alertait le communiqué de presse de la FRSEA Centre du 14 juin. De fait, la fabrication d’aliments s’était interrompue par manque de matières premières. Une situation qu’un des représentants sur le terrain du ministère de l’Agriculture estime être résolue. La fabrication d’aliment a repris et « au moins une trentaine d’éleveurs vont être livrés dès aujourd’hui et le restant dans les jours qui viennent », lit-on dans un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture du 14 juin.
Pour soutenir les éleveurs en difficulté, le ministre a notamment demandé au ministre délégué au budget et au président de la Mutualité sociale agricole (MSA) « de répondre favorablement aux demandes de report des échéances fiscales et sociales d’éleveurs fragilisés par la situation de Doux ».

Les solutions d’urgence ne suffisent pas

Si, à court terme, la situation semble se compliquer et nécessiter de nombreuses mesures d’urgence, une réflexion de fond sur la filière avicole est inévitable. « Il faudra se mettre autour de la table. Gastronome, LDC, Doux, Glon », estime Xavier Beulin. Et en outre, le marché export doit rester un débouché majeur pour la filière française car l’aviculture de proximité ne suffira pas, estime-t-il, et « il n’est pas question de considérer que l’export n’est pas fait pour nous ». De fait, si les parts de marché au Moyen-Orient sont perdues, nos voisins concurrents ne se gêneront pas pour les prendre. « Et il sera compliqué de les récupérer », poursuit-il. Parallèlement, concernant la restructuration de la filière, la FNSEA affirme qu’il ne faut pas avoir peur d’aborder la question de la surcapacité des outils français et de l’éventuelle fermeture de certains d’entre eux. Un débat qu’il sera nécessaire d’ouvrir, mais qui devrait être extrêmement sensible.

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