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Plats cuisinés Zapetti/William Saurin  : concentration autorisée par Bercy pour sauvegarder l’emploi

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Bercy a annoncé le 19 juillet, autoriser sous condition du maintien de l’emploi, la reprise par Cofigéo d’une partie du groupe Agripole, sans cession d’actifs. Cette décision qui intervient dans le cadre d’une procédure d’évocation contredit donc celle de l’Autorité de la concurrence un mois plus tôt. Selon le ministère de l’Economie et des Finances,"la stratégie industrielle dans laquelle s’inscrit cette concentration, indispensable pour redynamiser ce secteur, aurait été remise en cause par l’obligation de céder des actifs".

Sans grande surprise, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a autorisé "sous condition de maintien de l’emploi", la prise de contrôle par la société Financière Cofigeo d’une partie du groupe Agripole. Cette décision intervient un mois après celle de l’Autorité de la concurrence qui avait donné son feu vert à ce rachat "sous réserve de deux cessions d’actifs". En faisant jouer "son pouvoir d’évocation" – un mécanisme créé en 2008 qui n’avait encore jamais été utilisé –, Bercy a réexaminé le dossier sur des critères plus larges "tels que le maintien de l’emploi et le développement industriel". Dans sa décision du 19 juillet, Bercy explique que "l’instruction de la procédure d’évocation a montré que la stratégie industrielle dans laquelle s’inscrit cette concentration, indispensable pour redynamiser ce secteur, aurait été remise en cause par l’obligation de céder des actifs".

De fait, il est apparu que les conséquences économiques après ces cessions, faisaient apparaître un risque significatif en termes d’emploi pour le groupe Cofigeo. La sauvegarde de l’emploi est donc ici pleinement motivée pour justifier le fait que Cofigeo, le numéro deux des plats cuisinés italiens et exotiques (Zapetti) se retrouve dans "une situation de quasi-monopole", comme l’avait souligné l’Autorité de la concurrence, en rachetant les actifs du numéro un (William Saurin, Panzani et Garbit).

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De fait, à condition de respecter l’engagement de maintien de l’emploi pour une durée de deux ans, cette décision vise à "donner à Cofigeo toutes ses chances de redynamiser les marchés sur lesquels il opère", ce qui devrait avoir "un impact positif sur l’ensemble de la filière", est-il précisé.

Mathieu Thomazeau, le président de Cofigeo, s’est réjoui "de la décision du ministre qui va permettre d’inscrire le groupe dans une dynamique de long terme et de développement. "Notre objectif demeure plus que jamais de sauvegarder les emplois et de développer notre groupe au service d’un projet industriel français en unifiant les forces et les talents de William Saurin et de Raynal et Roquelaure", a-t-il déclaré dans un communiqué.