Agra Business | Océalia/Lely, Sofiproteol, CEPP, Vivalya, Creno

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Dénominations animales: annulation complète des décrets (Conseil d'État)

Interprétant les implications françaises de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE (CJUE) du 4 octobre, le Conseil d'État a décidé, le 28 janvier, de l'annulation dans son intégralité des décrets français de 2022 et 2024 interdisant l’utilisation de dénominations telles que «steak» ou «saucisse» à des produits végétaux. Même si certaines parties des textes pouvaient se rapporter à des dénominations légales (sans incidence, car non utilisées par les entreprises visées), le Conseil d'État a suivi l'avis du rapporteur, qui avait retenu que l'esprit des textes était de viser les dénominations usuelles, ce qui contrevient au droit européen. La CJUE avait indiqué en octobre que ce décret de 2024 – paru après l'annulation partielle du premier, dans l'attente de l'arrêt de la CJUE – «méconnaissait» la réglementation européenne. «Un État membre ne peut interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés aux produits d’origine animale pour désigner un produit contenant des protéines végétales», estimait-t-elle, sauf si une dénomination légale a été adoptée. Selon la CJUE, un État membre ne saurait empêcher, par une interdiction générale et abstraite, les producteurs de denrées alimentaires à base de protéines végétales d’utiliser des noms usuels ou des noms descriptifs.

Lait : en acquérant Lely Center Cholet, Océalia renforce son activité robotique

Océalia annonce, dans un communiqué daté du 28 janvier, avoir acquis Lely Center Cholet (Maine-et-Loire), un site exploité par la société Outhi-Tech (vente, installation et maintenance de robots de traite). Le groupe coopératif, qui détient déjà, depuis juin 2021, Lely Center Granzay Gripts (Deux-Sèvres), est désormais à la tête d’un parc de 800 robots, dédiés notamment à la traite et à l’alimentation des troupeaux. L’objectif, pour Océalia, est d’atteindre 1000 robots d’ici à cinq ans. Une stratégie de diversification pour le groupe dont l’un des axes de son projet Cap 2030 est précisément d’investir dans l’expertise de son pôle élevage (132 M€ de CA sur les 933 M€ que pèse le groupe). «Avec Lely, nous apportons aux éleveurs des outils performants et connectés, qui leur permettent non seulement de gagner en efficacité, d’améliorer leurs conditions de travail, mais aussi de relever les défis économiques et sociaux auxquels leur métier est confronté», précise Mathieu Staub, directeur général d‘Océalia. Alors que la structuration d’origine de Lely Center Cholet est maintenue, le site s’appuiera sur les capacités financières d’Océalia pour «se développer de façon pérenne et connaître un nouvel essor en bénéficiant des synergies humaines et territoriales». (Anne Gilet)

Grains : Sofiprotéol prête à renforcer les fonds propres d’organismes stockeurs

Après les faibles moissons de l’an dernier, la société d’investissement Sofiprotéol (Avril) se dit prête à renforcer les fonds propres d’organismes stockeurs (OS). « Il y a de forts enjeux de renforcement des capitaux propres chez les organismes stockeurs », a déclaré le 28 janvier Xavier Dorchies, directeur général délégué. Sofiprotéol y accordera « une attention particulière » en 2025. Le renforcement des fonds propres vise à « financer des projets d’adaptation », selon lui. Plusieurs « enjeux » sont identifiés, dans les infrastructures, la digitalisation et la transformation. Déjà en 2024, Sofiprotéol a souscrit un instrument de quasi-fonds propres émis par Natera, groupe coopératif issu de la fusion entre Capel et Unicor. « Un certain nombre de coopératives de taille moyenne vont se lancer dans des projets équivalents », considère Xavier Dorchies. Plus largement, la filiale d’Avril accorde « une grande attention » à l’amont, où « aujourd’hui, il y a beaucoup d’enjeux » en termes de performance et d’adaptation des filières. Sofiprotéol a investi 98 M€ en 2024 dans neuf opérations à l’amont et l’aval des filières végétales et animales, soit une activité soutenue et proche du niveau de l’année précédente. « On vise au moins ce montant en 2025 », a-t-il indiqué.  

Pesticides/CEPP : gouvernement et Sénat en excluent les agriculteurs importateurs

À l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves le 27 janvier, les sénateurs ont adopté un amendement du gouvernement proposant d’exclure du dispositif de certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP) les agriculteurs et les applicateurs ayant acheté des produits à l’étranger. L’objectif est de recentrer le dispositif sur les distributeurs, à savoir, les coopératives et les négoces. L’amendement précise que les agriculteurs et applicateurs de produits importés ne représentent «qu’à peine 1%» des cas. Pour rappel, le dispositif CEPP a été pérennisé dans le cadre de la loi Egalim en 2019, avec pour objectif d’inciter les distributeurs à promouvoir ou à mettre en œuvre des actions permettant de réduire l’utilisation, les risques et les effets des produits phytopharmaceutiques. En janvier 2024, le ministère de l’Agriculture avait publié un bilan d’étape, révélant une hausse de 63 % des CEPP obtenus entre 2021 et 2022.

Gestion de l'eau : le gouvernement va redéfinir une «doctrine» sur le stockage de l'eau

A l'occasion de ses voeux le 28 janvier, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a indiqué qu'elle porterait «trois ambitions supplémentaires» en 2025 sur la gestion de l'eau, la première étant d'«assurer un meilleur partage de l'eau», en redéfinissant «une doctrine sur le stockage de l'eau» et en recensant «les projets prioritaires». La veille, au Sénat, le rapporteur de la loi sur les Entraves, le sénateur LR Pierre Cuypers, a accepté d'adopter un amendement du gouvernement, remisant plusieurs propositions sur la hiérarchisation des usages, notamment un principe de «non-régression du potentiel agricole»: «Nous acceptons de remettre à la Conférence sur l'eau la question relative aux Sage, aux Sdage, et à la hiérarchie des usages de l'eau». Le dernier changement majeur date de 2019, avec la généralisation des projets de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE), concept forgé lui-même en 2015. Lors de ses voeux, la ministre a par ailleurs indiqué son souhait de travailler à des plans bassin par bassin à horizon 2050, portant sur les questions de «gouvernance, de financement et de régulation des petits et grands cycles de de l'eau». Enfin, elle a annoncé la tenue d'un «nouvel exercice pour aller plus loin dans la réutilisation des eaux usées», citant les expériences de l'Espagne et d'Israël. 

Engrais : l’Unifa alerte sur la dépendance à la Russie, importations stables en 2024

Dans un communiqué paru le 27 janvier, les fabricants français d'engrais de l’Unifa alertent les autorités sur l'augmentation des importations d'engrais russes depuis 2021. Sur l'année 2024, ils s'attendent à une stabilisation, à un niveau toutefois significativement plus élevé qu'il y a trois ans (402 000t). Selon les données douanières collectées par l’Unifa, les achats français de fertilisants russes s’affichent , après neuf mois de campagne commerciale sur l’année civile 2024, à 511 000 tonnes environ, contre 757 000 t sur l’ensemble de l’année 2023. «Nous estimons que ces chiffres sont sous-estimés, compte tenu du manque de précisions sur les déclarations d'origine dans les statistiques commerciales intracommunautaires. Nous prévoyons qu’en 2024, les volumes importés seront semblables à ceux de 2023 », commente l’Unifa. Parmi les 750 000 t importés en 2023, la majeure partie concerne ceux à base d’azote, soit environ 490 000 t. Viennent ensuite les engrais dits composés (contenant au moins deux éléments primaires entre l’azote, le potassium et le phosphore), à hauteur de 220 000 t, et le reste de potassium, pour 47 000 t. Le syndicat réclame aux autorités, entre autres, une «protection efficace des industriels nationaux» et un soutien à leur compétitivité. Ces derniers mois, deux sites de productions ont été fermés sur le sol français, par Yara et Agrofert.

Nutrition animale : les droits antidumping sur la lysine chinoise soulèvent des craintes

Alors que la Commission européenne a mis en place des droits antidumping provisoires sur les importations chinoises de lysine depuis la mi-janvier - à la suite d’une plainte déposée par MetEx (devenu depuis Eurolysine), cette décision inquiète l’industrie européenne des aliments composés et des mélanges (Fefac). Dans un communiqué du 24 janvier, son président, Pedro Cordero, estime que ces droits «au niveau extrêmement élevé» peuvent engendrer «des conséquences économiques négatives importantes pour le secteur de l’alimentation animale et de l’élevage de l’UE». Il souligne notamment la dépendance de l’UE aux importations chinoises (60 % de la demande en lysine) et le manque d’alternatives suffisantes. En conséquence, la Fefac appelle à compenser financièrement, de manière «efficace et ciblée», les éleveurs de l’UE, notamment porcins et de volaille, qui verront «leur compétitivité encore plus affaiblie». En parallèle, la Fefac souhaite aussi renforcer cette compétitivité des producteurs d’additifs alimentaires et invite Bruxelles à reconnaître les acides aminés essentiels et les vitamines comme des «matières premières critiques».

Biogaz: la filière «redémarre», mais coupes budgetaires pour les nouvelles techniques

À l'occasion d'une conférence de presse le 28 janvier, la filière gazière française a indiqué que l'activité des bureaux d'étude était revenue à un niveau élevé pour les projets d'unités de biogaz. «Nous avons connu un break, mais aujourd'hui tous les bureaux d'études sont pleins», s'est félicité le président de France Gaz, Frédéric Martin. «Nous avons installé 2 TWh sur l'année 2024, ce qui constitue un point bas». Selon les données du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) publiées le 4 juillet 2024, le rythme de développement de l'injection de biogaz dans les réseaux avait continué de ralentir en France début 2024, après un premier coup de frein en 2023, qui avait suivi cinq ans d'accélération. L'inquiétude du secteur réside actuellement dans les coupes budgétaires effectuées par l'État dans le soutien aux nouvelles filières (pyrogazéification, gazéification hydrothermale), qui devraient arriver à maturité d'ici 2030. La filière demandait le soutien public à trois voire quatre démonstrateurs, pour 200 M€, qui a été annulé dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025. «Nous risquons d'acheter des licences à d'autres pays dans quelques années», prévient Frédéric Martin. La gazéification hydrothermale pourrait notamment permettre de valoriser à moindre coût et pollution les boues d'épuration qui ne peuvent être épandues facilement et sont incinérées à grands frais, comme par exemple en région Paca, précise-t-on.

Bioéthanol : consommation française étale en 2024, l'E85 s'étend sur le territoire

La Collective du bioéthanol rapporte que la consommation française du biocarburant E85 (carburant contenant 85% d’éthanol, fabriqué à partir de betterave sucrière, de blé, ou de maïs) frôle les 900 millions de litres (Ml) en 2024 (à 887 Ml), lors d’une conférence de presse à Paris le 28 janvier. Cela constitue un niveau semblable à 2023, mais représente une forte croissance par rapport à 2021, qui s’affichait à 338 Ml. Afin de répondre à la demande, le nombre de stations sur le territoire progresse. En janvier 2025, 40 % des stations proposent l’E85, soit 3 830 stations, en hausse de 260 unités par rapport à 2023, et contre 560 en 2015. Le contexte global s’avère favorable à la consommation de carburants à base d’éthanol, argue l’association. La demande nationale d’essence, avec laquelle le biocarburant est mélangé, se rapproche de la barre des 15 millions de mètres cubes l’an dernier (soit 31% de part de marché, le reste étant dévolu au gazole), en augmentation de 7 % par rapport à 2023. 

Grossistes: le réseau Vivalya précise le calendrier de sa stratégie RSE

Après avoir annoncé il y a deux ans les grands objectifs de sa stratégie RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le réseau de seize grossistes alimentaires de proximité Vivalya, présidé par Denis le Saint, passe désormais au déploiement, qu'il a présenté, lors du Sirha à Lyon. Principale démarche engagée : la réduction de son empreinte carbone. Lauréat en novembre 2024 de l’appel à projets «ACT Pas-à-pas» de l’Ademe, qui propose une méthode dans la réduction, le réseau confirme ainsi que les «73 sites des entreprises du réseau sont en train de finaliser leur bilan carbone», dans un rythme serré de six mois de temps, indique Maria Rios Corrales, responsable marketing et communication du réseau. Pour avancer, l’organisation compte désormais sur l’appui d’une commission spécialisée en RSE «et le recrutement en novembre dernier d’une chargée de mission RSE ». Prochain objectif en ligne de mire: que l’ensemble des entreprises du réseau Vivalya soient engagées dans le processus de labellisation Engagé RSE de l’Afnor d’ici à la fin d’année 2025, sachant que l’entreprise Estivin est déjà «Engagée RSE» au niveau «confirmé». Autre nouvelle brique : le réseau Vivalya s’engage au sein du collectif «Care Salmon» pour promouvoir des pratiques d’élevage de saumons plus en phase avec le bien-être animal. (Florence Rabut)

Grossistes : Creno obtient la labellisation Engagé RSE, en misant sur le local

Le groupement français d’entreprises régionales de distribution en produits frais Creno a annoncé officiellement au Sirha de Lyon qu'il est labellisé «Engagé RSE» par l’Afnor (norme ISO 26000), après l’avoir annoncé comme objectif il y a deux ans.  « La démarche a pour vocation d’impliquer les parties prenantes et notamment les fournisseurs, et chez Creno, de mettre l’accent en particulier sur la construction de filières courtes maîtrisées», résume Jessy Deroche, responsable RSE recruté il y a un an et demi. «L’ensemble du réseau se mobilise derrière le concept du local, décliné dans nos ‘Instants locaux’. Réfléchir avec nos producteurs sur de nouvelles solutions, des animations, des temps forts en région sur des semaines dédiées sont une façon de structurer notre démarche autour de valeurs communes très fortes»; souligne Claire Crestin, coordinatrice des filières locales et durables chez Creno. (Florence Rabut)

Tomate d’industrie : des pays de l'UE attendus à la peine en 2025, France et Italie en hausse

L’Association méditerranéenne internationale de la tomate transformée (Amitom) a indiqué, à l’occasion de son assemblée générale le 17 janvier, qu’un total de 17,15 millions de tonnes de tomates transformées était attendu pour la campagne 2025. Cette prévision, qui demande a être affinée, est très proche de la performance 2024 (17,21 millions de tonnes). L’Union européenne devrait assurer l’essentiel des tonnages : 10,15 millions de tonnes. «Plusieurs pays, dont l’Espagne (-22,1%), la Grèce (-11,8 %), la Bulgarie (-33%) et la Hongrie (-37,5%), s’attendent à une réduction significative du volume transformé», souligne l’Amitom. Ce serait aussi le cas, dans une moindre mesure, pour la Turquie et le Portugal (-3,7% et -6,7 respectivement). En revanche, d’autre pays producteurs espèrent une progression des tonnages en 2025 après une récolte réduite en 2024. C’est le cas de la France qui devrait passer de 168 000 tonnes à 180 000 tonnes soulignant une progression de plus de 7%. La hausse des volumes est aussi attendue chez le premier producteur européen, l’Italie, qui attend 5,6 millions de tonnes (+6,2 %) : «la hausse se fera surtout dans le Nord, tandis que dans le Sud, la production pourrait en fait être réduite en raison des inquiétudes sur la disponibilité de l’eau, le niveau du barrage d’Occhito étant actuellement inquiétant», précise l’Amitom.

Vente en vrac : lancement de la consultation publique sur la distribution sans emballage

La DGCCRF lance une consultation publique sur la façon dont seront déterminés les 20% des surfaces de vente au détail consacrés aux produits sans emballage primaire ou en vrac. Son communiqué invite à se prononcer sur le projet de décret d'application de l’article 23 de la loi Climat et résilience prévoyant qu’au 1er janvier 2030, les commerces de plus de 400 m² devront consacrer 20 % de leur surface de vente de produits de grande consommation à la vente de produits sans emballage primaire, dont en vrac. Le projet de décret «ménage la possibilité de s’appuyer sur un calcul en fonction du chiffre d’affaires ou du nombre de références vendues», souligne le communiqué. Il exclut de l’assiette de calcul les produits qui ne peuvent être vendus en vrac pour des raisons de santé publique (produits laitiers liquides traités thermiquement, préparations pour nourrissons et de suite, produits surgelés, etc.) ou légale (huile d’olive, pour éviter la fraude). S’agissant des boissons alcoolisées (ainsi que des produits cosmétiques et des détergents), le projet de décret introduit une modulation en ce qui concerne la surface de vente. La consultation est ouverte jusqu’au 17 février 2025. 

Distribution : Lidl France annonce le départ «au 1er mars» de son vice-président Michel Biero

Le 6e distributeur français Lidl a annoncé que son vice-président, le médiatique Michel Biero, va «quitter l'entreprise au 1er mars», selon un communiqué transmis à l'AFP le 28 janvier, confirmant des informations de presse. «Lidl confirme que Michel Biero quitte l'entreprise au 1er mars», «lui souhaite une bonne poursuite de carrière et le remercie d'avoir oeuvré pour faire de l'enseigne l'alliée du pouvoir d'achat», a déclaré l'entreprise que Michel Biero avait rejointe en 2001. Son départ avait été révélé par le spécialiste du secteur Olivier Dauvers et par le média spécialisé LSA. M. Biero a été directeur exécutif achats et marketing de Lidl France de 2011 à 2024, devenant progressivement la figure médiatique en France de l'enseigne d'origine allemande et accompagnant un important changement de stratégie. Depuis le début de la décennie 2010, l'enseigne est passée d'un modèle de «hard discount» à davantage de qualité dans des magasins de format relativement réduit, avec moins de 2.000 références.

Coopératives: Dominique Chargé réélu à la présidence de La Coopération agricole

La Coopération agricole a annoncé dans un communiqué le 28 janvier la réélection de son président Dominique Chargé par les membres du conseil d’administration de l’organisation, réunis en assemblée générale le 19 décembre. À la tête de la fédération des coopératives agricoles et agroalimentaires françaises depuis 2018, le président sortant est reconduit pour un mandat de trois ans.