Bière : départ surprise du dirigeant d’Heineken Dolf van den Brink
Dans un communiqué du 12 janvier, le p.-d.g. du groupe brassicole Heineken, Dolf van den Brink, a annoncé son départ surprise, effectif le 31 mai, après six ans de présidence. « Dolf a conclu, en concertation avec le conseil de surveillance, que c’est le bon moment pour céder ses responsabilités. Le conseil de surveillance respecte la décision de Dolf et va maintenant lancer un processus de recherche pour nommer un successeur », a indiqué le groupe. Néanmoins, le dirigeant sortant poursuivra des missions de conseil le temps de la transition pour une période de huit mois, à partir du 1er juin 2026. Plus en détail, le brasseur rappelle que le futur ex-dirigeant avait participé au lancement de la stratégie EverGreen 2030, censé recentrer davantage l'activité sur les besoins des consommateurs, en incluant des objectifs de baisse de l’empreinte carbone. L'entreprise souhaite entrer dans une autre phase du projet, et considère ainsi que « c’est le bon moment pour entamer le processus de succession afin d’assurer un leadership fort pour l’avenir ». Pour rappel, Heineken souffre d’un décrochage du marché de la bière. Le brasseur a annoncé dernièrement des ventes en berne, spécialement en Europe et en Amérique.
Négoce : le groupe Carré se refinance à hauteur de 140 M€
Selon un communiqué du 31 décembre, le groupe Carré (négoce de céréales) a annoncé « un refinancement structuré de 140 M€ ». L’objectif est « d’accélérer sa croissance et renforcer ses projets de développement ». Des possibilités d’acquisitions extérieures sont également évoquées. L’opération a été réalisée via un pool bancaire et accompagnée par le cabinet roubaisien Septentrion Finance. Dirigé par le Crédit agricole Nord de France, le pool bancaire regroupe LCL, la Caisse d’épargne, BNP, Société générale et Banque populaire du Nord. Le groupe Carré constitue un acteur majeur du commerce des céréales dans la région Hauts-de-France. Il revendique une collecte de 1 Mt en 2025. Le groupe comprend 230 collaborateurs et 97 points de collecte, peut-on lire sur son site internet. Son chiffre d’affaires s’élevait, en 2024, à 370 M€. Par ailleurs, le groupe Carré est partie prenante du projet Re’col’te, visant à développer l’agriculture régénératrice dans les Hauts-de-France, aux côtés notamment des groupes coopératifs Tereos, Agora, et Unéal.
Biostimulants : le français Mycophyto a levé 16 M€ pour soutenir sa croissance
Engrais : Unifert France devient Uniwen
Unifert France, importateur d’engrais et fabricant d’engrais de mélange, annonce sur son site internet avoir changé de nom en ce début d’année : place désormais à Uniwen. Mais, du côté de l’actionnariat, pas de changement. Uniwen reste filiale à 100 % du belge Interore Group, ce dernier ayant acquis en 2025 la totalité des parts d’Unifert France. Si la visibilité de l’entreprise est amenée à évoluer, Uniwen précise que « l’essentiel demeure : mêmes équipes, même outil industriel à Sète et mêmes valeurs ». De par sa situation géographique, Uniwen couvre la moitié sud de la France et la Corse. Les engrais sont réceptionnés par voie maritime, fluviale et routière. Le site de 3 ha, modernisé en 2022, dispose d’une capacité de stockage de 16 000 t d’engrais vrac et de 4 000 t d’engrais conditionnés, pour un volume de près de 200 000 t commercialisé chaque année. Uniwen propose à ses clients distributeurs une large gamme de fertilisants dans différents conditionnements. (Anne Gilet)
UE-Mercosur : les enseignes françaises opposées aux produits importés d’Amérique du Sud
Plusieurs dirigeants d’enseignes de la grande distribution française ont manifesté leur opposition à la vente de produits importés de pays du Mercosur dans leurs magasins. Thierry Cotillard, patron d’Intermarché, a indiqué le 12 janvier sur France Info : « On l'a clairement dit, et je le redis ce matin, on n'achètera pas ces produits-là. On ne le fera pas pour acheter le poulet qu'on mettrait dans notre paella à marque de distributeur ». Et d’ajouter : « On peut rassurer les agriculteurs sur le fait qu'on n'achètera pas ces produits à l'étranger. » Le patron d’Intermarché s’est toutefois interrogé sur l’attitude des industriels en proposant de rendre obligatoire le logo Origin’Info pour que les consommateurs soient informés sur l’origine des ingrédients. Autre interrogation soulevée : le cantines achèteront-elles des produits du Mercosur ? Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a déclaré le 7 janvier sur BFM TV que « la décision du groupe Carrefour et de ses confrères est de s’approvisionner quasi exclusivement voire exclusivement selon les filières en produits français », ajoutant qu’il n’y aura « pas de changement ». Système U et E. Leclerc sont sur la même position.
Foncier : l'argentin Landtoken commercialise des parts de champ à partir de 50 dollars
Spécialiste de la technologie blockchain (voir notre décryptage), la fin-tech argentine Landtoken a obtenu le feu vert du régulateur national des marchés financiers le 9 décembre 2025 pour émettre des jetons numériques correspondant chacun à une fraction de domaines agricoles exploités. Ces jetons s’échangent à 50 dollars US l’unité. Il promet aux investisseurs une rente annuelle de 3 % à 4 % issue de la location des terres à des entreprises de semis. L’administration du foncier est à la charge de Landtoken. « Nous faisons le pont entre un investissement traditionnel dans la terre et l’économie numérique dans un cadre transparent et simple », résume Matías Simone, le directeur de Landtoken. Créée en 2023, Landtoken a déjà vendu à titre expérimental deux domaines ruraux sous cette modalité : un champ de 120 ha en 2023 et un deuxième de 171 ha en 2024, selon le média local Bichos de campo. Ce dernier domaine, situé en région pampéenne centrale, serait loué au prix du fermage parmi les plus forts du marché (18,5 quintaux de soja par an par hectare) au géant de la production alimentaire Adecoagro. « N’importe qui, depuis n’importe où dans le monde, peut désormais s’offrir un bout de Pampa sans disposer de grands capitaux, ni se soucier de sa gestion », résume Matías Simone au média local Agroempresario. Selon le Boston Consulting Group (BCG), l’agriculture est, avec l’immobilier d’habitation, une cible idéale de la « tokenisation » des actifs. (Marc-Henry André)
Légumes d’industrie : Bonduelle certifié B Corp pour l’ensemble de ses activités
Dans un communiqué de presse le 12 janvier, le groupe français Bonduelle annonce avoir décroché la certification B Corp pour l’ensemble de ses activités à l’échelle mondiale. « B Corp a créé une dynamique unique chez Bonduelle. Cela a permis d'améliorer nos pratiques sociales, environnementales et de gouvernance de manière structurée et de contribuer à la pertinence de nos offres et de nos marques », souligne Céline Barral, directrice de la stratégie, des marques et de l'impact. Le groupe nordiste détaille les différents points qui ont amené à cette certification : 98 % de produits sont en Nutri-Score A ou B et 100 % des sites sont engagés dans des initiatives locales à impact. Par ailleurs, 59 % des agriculteurs partenaires pratiquent l’agriculture régénératrice et 73 % des surfaces cultivées irrigables sont équipées d'un système pour limiter l'irrigation ; le groupe entend porter respectivement ces chiffres à 80 % et 90 % à 2030. Le groupe revendique enfin 11 000 chefs formés à la cuisine végétale en trois ans, ainsi qu’un taux d’engagement des collaborateurs de 71 % dans la démarche B Corp. « En intégrant cette approche, nous construisons un modèle d’affaires plus responsable et plus résilient, guidé par la maîtrise de nos impacts », déclare Xavier Unkovic, d.g. du groupe Bonduelle.
Sauces : l’alsacien Idhéa racheté par le français Gyma au distributeur suisse Migros
Selon un communiqué de presse du 7 janvier, le distributeur suisse Migros indique avoir vendu le fabricant alsacien de sauces Idhéa (appartenant à sa filiale laitière Elsa Group) au groupe français Gyma, spécialisé dans la fabrication de sauces. Idhéa est née en 2013 à Hochfelden (Bas-Rhin) de la fusion de deux entreprises (la Case aux épices et Saveurs et sauces), ce qui lui octroie un demi-siècle d’expertise dans le domaine des sauces et des épices destinés aux professionnels de la restauration, à l'industrie agroalimentaire, ainsi qu'à la grande distribution pour le marché européen. Selon le site CFNews (article payant), l’entreprise assurerait un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros. « Nous sommes convaincus que cette étape de croissance externe nous permettra d’accélérer durablement notre expertise en termes de recettes de sauces et de packaging », s’est félicité Pierre Helias, p.-d.g. et actionnaire de Gyma. La gamme d'Idhéa continuera d’être proposée par Migros. Cette vente intervient dans le cadre du recentrage du groupe suisse sur son cœur de métier (commerce de détail, services financiers et de la santé), annoncé début février 2024.