Machinisme : le groupe Dubreuil reprend encore un concessionnaire dans le sud
Dans un communiqué paru le 9 avril, le groupe automobile Dubreuil a annoncé l'acquisition par sa filiale Agri Montauban d'une nouvelle concession de machinisme agricole, la société Socotam, distributeur des marques Case IH. Le pôle agricole du groupe Dubreuil mesurait déjà 320 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires consolidé en 2025, soit 10 % du chiffre d’affaires global du groupe Dubreuil en 2025. Depuis 2023, les concessionnaires automobiles ont secoué leurs homologues du secteur agricole, avec six opérations de rachat, alors qu’elles étaient jusqu’ici très rares (lire notre enquête) : Agreom et Ouest Agri fin 2023, Sicoit et Bretagri en février 2024, Gabagri en mai 2024, Primault en octobre 2024, deux sites de Ouest Motoculture en mai 2025. Ces opérations étaient jusqu'ici le fait de quatre groupes : Dubreuil, Emil Frey, Bornhauser Performances Motors Group (BPM) et Gueudet 1880, aux dimensions incomparables avec les concessionnaires agricoles. Dans le cadre de la réorganisation du réseau de distribution Claas, qui cède ses concessions depuis plusieurs mois à des distributeurs indépendants, un nouveau groupe de distribution automobile a fait son entrée sur le marché agricole fin 2025, le groupe Faurie (873 M€ de chiffre d'affaires).
Semences potagères : en Inde, Nunhems (BASF) finalise l’acquisition de Noble Seeds
À la suite de l’accord annoncé en décembre 2025, l’acquisition de Noble Seeds par Nunhems (l’activité semences potagères de BASF) vient d’être finalisée, les autorisations réglementaires ayant toutes été obtenues. Le 2 avril, Noble Seeds, implantée dans le nord de l’Inde et spécialiste notamment des semences de chou-fleur et de radis, est donc devenue une filiale à 100 % de Nunhems India Private Limited et appartient désormais au groupe BASF. Cette acquisition renforce les atouts de BASF/Nunhems dans ce pays, déjà présent dans le sud sur les marchés de la semence du piment, de la pastèque, des cucurbitacées et de la tomate. Elle va permettre d’offrir une gamme plus complète aux producteurs indiens, avec à la clé des « ambitions de croissance à long terme sur le marché indien des semences potagères », qui est « l’un des plus importants et des plus dynamiques au monde », rappelle Maximilian Becker, vice-président senior de BASF/Nunhems. BASF précise toutefois que dans les années à venir, Noble Seeds continuera d’opérer en tant que structure indépendante dans le pays. (Anne Gilet)
Finance : Arkéa Capital, Canopée PE et VertigoLab lancent un fonds d’impact de 70 M€
Arkéa Capital, filiale de capital-investissement du Crédit mutuel Arkéa, vient d’annoncer le lancement du fonds Arkéa capital résilience alimentaire des territoires (Resalt), en partenariat avec Canopée Private Equity et VertigoLab (lire l’article complet). L’alliance de ces trois partenaires « vise à proposer un modèle d’accompagnement inédit combinant capital, expertise stratégique et pilotage d’impact », expliquent-ils dans leur communiqué commun du 8 avril. Ce fonds à impact a pour objectif d’accompagner les entreprises agricoles et alimentaires sur l'ensemble de la chaîne de valeur, dans un objectif de transition, de résilience et de souveraineté. Resalt, qui bénéficie du soutien de quatre investisseurs institutionnels (la Banque des territoires (Caisse des dépôts) pour compte propre et pour compte de l’État via France 2030 « Entrepreneurs du Vivant », Crédit mutuel Arkéa, Allianz France), a déjà réalisé un premier closing de 50 M€, pour une taille cible de 70 M€. Resalt prévoit de réaliser des investissements compris entre 1 et 7 M€. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Coopératives : Even affiche un chiffre d’affaires stable à 2,7 Md€ en 2025
Le groupe Even a publié le 9 avril son bilan de l’année 2025. Avec un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros (Md€), stable depuis deux ans, le « numéro 1 du lait en Bretagne » confirme « la solidité de son modèle coopératif ». Avec 1 200 producteurs de lait coopérateurs, dont 300 nouveaux depuis fin 2024, le groupe a collecté auprès de ses adhérents près de 533 millions de litres de lait, soit une hausse de 26,4 % en un an. Au total, près de 1 469 millions de litres de lait ont été valorisés par sa filiale Laïta. Dans un contexte mondial de production laitière en hausse, le groupe a su maintenir un prix moyen à 486 €/1 000 l ; il devrait même atteindre 503,5 €/1 000 l après retour de résultat aux adhérents (un montant à valider en assemblée générale le 19 juin). Une performance qui lui permet de soutenir les projets d’installation (40 en 2025), de développement et de transformation des élevages. Total des investissements en 2025 : 75 M€, dont 4,9 M€ dédiés au nouveau laboratoire d’analyses de Ploudaniel (Finistère), inauguré en juin. Le groupe prévoit de poursuivre cette dynamique via un plan de 300 M€ d’investissements d’ici à 2030. Parmi les priorités affichées : renforcer la création de valeur pour les activités fromage et nutrition liquide ; moderniser et sécuriser ses outils industriels ; et accélérer les transformations environnementales. (Anne Gilet)
Restauration/charcuterie : Fleury Michon investit aux États-Unis dans le catering aérien
Dans un communiqué présentant ses résultats financiers 2025 diffusé le 9 avril, Fleury Michon annonce un projet de site de production de plats surgelés pour le catering aérien aux États-Unis, qui viendra compléter celui de sa filiale canadienne MarfoFMA au Québec. D’après la presse américaine, l’État du Kentucky, où s’établira l’usine dans les deux ans, soutient le projet (d’un coût de 37 M$) à hauteur de 1,7 M$, sous forme d’incitations fiscales. Le catering aérien « a surperformé en 2025 la croissance déjà soutenue du trafic aérien international, en décrochant de nouveaux clients majeurs sur plusieurs continents », souligne le charcutier-traiteur dans son communiqué. Ce secteur a fait croître les ventes du pôle international du groupe de 13,8% à taux de change constant, qui atteignent 110,9 M€ et représentent désormais 13 % du chiffre d’affaires consolidé du groupe (836,4 M€, +3,6% ). Il vient aussi limiter la diminution du Roc (résultat opérationnel courant), du fait de « la forte augmentation du coût de la matière première volaille (poulet et dinde) ». Ce Roc, à 12,2 M€, est « en léger recul par rapport à celui enregistré en 2024 ».
Porc/charcuterie : les prix des matières premières ont pénalisé Fleury Michon
Dans un communiqué présentant ses résultats financiers 2025, diffusé le 9 avril, Fleury Michon affiche une croissance en volume de 4,4 % de sa banche GMS « sous l’effet de gains de parts de marché », mais une croissance en valeur moindre, à 2,6 %, « en raison d’ajustements tarifaires liés à la loi Egalim ». Le segment des plats cuisinés individuels est celui qui a le plus progressé en volume (de 8,8 %), contre 1,1 % pour le marché. Le segment charcuterie a progressé pour sa part de 1,9 %, tiré par « les ventes des gammes jambon de porc, rôtis, aides culinaires et tranches Végé ». Depuis leur lancement en avril 2024, le volume des tranches Végé a plus que doublé, se félicite la marque. Si le chiffre d’affaires consolidé du groupe, à 836,4 M€, est en progression de 3,6 % à périmètre constant, son Roc (résultat opérationnel courant) de 12,2 M€ est « en léger recul par rapport à celui enregistré en 2024 ». Ce résultat a pâti de « la forte augmentation du coût de la matière première volaille (poulet et dinde) », mais il a bénéficié de l’activité catering (13 % du chiffre d’affaires), explique le groupe dans son communiqué.
Distribution : Lidl France vise jusqu'à 550 suppressions de postes
Lidl France entend « renforcer » sa « compétitivité » et « gagner en simplicité sur un marché concurrentiel » en prévoyant de supprimer jusqu'à 550 postes, soit 1,2 % de ses effectifs, dans des fonctions administratives et sur la base du volontariat. Ce projet de réorganisation est discuté à partir du 9 avril avec les syndicats, a annoncé l'enseigne à l'AFP. Le projet, qui passera par une rupture conventionnelle collective, doit s'accompagner d'une centaine de créations de postes aux sièges du distributeur à Strasbourg et Châtenay-Malabry. Il cible des fonctions support dans la chaîne d'approvisionnement (gestion des commandes), les ressources humaines et le merchandising (plan d'animation commerciale qui détermine la place d'un produit en rayon), selon la porte-parole de Lidl. Si l'entreprise entend aussi maîtriser ses coûts de fonctionnement, elle ne chiffre pas les économies attendues. « Ce n'est pas l'objectif premier » du projet, qui ne remet pas en cause le rythme d'investissement de Lidl en France, a insisté la porte-parole. D'après LSA, Lidl, sixième distributeur français, a perdu 72 M€ en 2023-2024 et 9 M€ en 2024-2025, pour un chiffre d'affaires de près de 16 Md€. Lidl vise 2 000 magasins en France en 2035, contre 1 622 actuellement.
Distribution : le chiffre d’affaires de Biocoop en hausse de 7,5 % en 2025
Le chiffre d’affaires de Biocoop a connu une forte hausse de 7,5 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant 1,93 milliard d’euros (Md€). L’enseigne n°1 de la distribution spécialisée bio (DSB) en France (45,2 % de parts de marché) explique cette « croissance saine », selon les mots du d.g. Franck Poncet, par une fréquentation accrue des magasins, dont les rayons phares (fruits et légumes, produits frais et vrac) réalisent des hausses de fréquentation entre 7 et 8,5 %. Le parc de 744 magasins est presque stable, augmentant de quatre points de vente en 2025. Biocoop renforce son partenariat avec les agriculteurs engagés avec le label Bio équitable en France. Avec 260 producteurs de fruits et légumes, il a signé fin 2025 des contrats intégrant un prix minimum pour leur garantir « une rémunération équivalente à deux Smic ». Autre cheval de bataille de Biocoop : la lutte contre les aliments ultra-transformés (AUT). Sur la base d’un passage en revue des produits à sa marque propre, il ressort que 94 % d’entre eux répondent au cahier des charges Goûm mis au point par le cabinet Scan’up, contre 56 % pour les autres produits bio vendus par les GMS et DSB. Les recettes de ces produits ont été retravaillées afin d’arriver mi-2026 à 100 % de la gamme sans ingrédients ultra-transformés. Les produits commencent à afficher un logo attestant de cette conformité au cahier des charges Goûm.
Distribution : chez Intermarché, les MDD représenteront 40 % du chiffre d’affaires d’ici 2029
Intermarché a dévoilé le 9 mars sa stratégie en matière de marques de distributeur (MDD), au travers desquelles l’enseigne compte réaliser 40 % de son chiffre d’affaires d’ici trois ans. « En 2025, le chiffre d’affaires des produits à marque Intermarché a progressé de 5 %, porté par une stratégie de marque renforcée depuis fin 2024 », précise le distributeur. Intermarché s’appuie sur 29 marques propres comme Pâturages, Monique Ranou ou Paquito, produites par son pôle industriel Agromousquetaires et plus de 359 PME sous-traitantes. Pour y arriver, Intermarché va augmenter son offre de MDD. « À horizon 2027, Intermarché ambitionne de proposer une trentaine d’innovations, exclusives à l’enseigne, soit en moyenne un nouveau produit tous les 15 jours », indique-t-elle. En 2025, plus de 300 nouveautés ont été lancées (hors produits traditionnels), dont 13 innovations exclusives. L’enseigne veut aussi travailler la qualité nutritionnelle – une démarche illustrée par la reformulation d’environ 300 produits en 2025 – et le développement à venir d’une gamme protéinée. Enfin, une nouvelle gamme baptisée « Je réduis ! » sera lancée, mettant en avant la réduction de l’empreinte carbone. Un des premiers produits est une tablette au lait à base de choviva (alternative au cacao).
Produits de la mer : Le Grand Léjon (groupe Gendreau) acquiert Océaniques Restauration
Le traiteur de la mer breton Océaniques Restauration, né en 1994 à Carhaix (Finistère), a été repris par le groupe vendéen Gendreau via sa filiale Le Grand Léjon. Créé par Freddie Follezou, Océaniques Restauration a développé des gammes de produits frais pour les professionnels : terrines de la mer, salades composées et spécialités culinaires bretonnes. La société réalise un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros (M€) et emploie une douzaine de salariés. Freddie Follezou l'a cédée dans le cadre de son départ à la retraite. Basé à Binic (Côtes-d’Armor), Le Grand Léjon a intégré le groupe Gendreau en 2015 et produit poissons fumés, rillettes de poissons, tapas, algues, soupes et plats cuisinés. Accompagné par Eurallia Finance, le repreneur fait part de sa « volonté de développer de nouveaux produits et d'assurer une synergie favorable aux deux sociétés », dont le rapprochement a été facilité par « leur sensibilité aux circuits courts » et « leurs valeurs communes ». (Thierry Goussin)
Kéfir : le Labo Dumoulin rachète la marque de boisson fermentée Kef
L’entreprise alsacienne Labo Dumoulin, spécialiste des boissons et légumes fermentés, a annoncé, dans un communiqué du 1er avril, le rachat de la marque de kéfir de fruits Kef. Lancée en 2020, la marque montreuilloise (Seine-Saint-Denis) propose trois références de boissons fermentées, commercialisées à température ambiante et non au rayon frais. « Une véritable révolution », fruit de dix-huit mois de recherche et développement, qui a permis à la marque Kef de trouver un ancrage « solide » dans les cafés, hôtels et restaurants, précise le communiqué. « Cette acquisition nous permet de renforcer nos positions sur le circuit des magasins spécialisés biologiques, ainsi que sur le circuit hors domicile en Île-de-France », se félicite Aurélien Fabas, cofondateur de Labo Dumoulin. Labo Dumoulin enregistre une forte progression de son activité, avec un chiffre d’affaires d’environ 2,9 M€ en 2025, soit une hausse de 52 % par rapport à 2024. Selon les données du panel Nielsen, ce secteur a enregistré une croissance de 160 % dans le secteur des grandes et moyennes surfaces (GMS) en 2025, pour atteindre environ 20 M€ de chiffre d’affaires.
Agenda de la semaine agricole du 13 avril 2026
Lundi 13 avril
Dialogue avec les parties prenantes organisé par la Commission européenne sur le futur plan Engrais
Inauguration de la casserie de la Compagnie des amandes, à Brignoles
Colloque sur le statut du fermage (Fondation Jean-Jaurès/PS)
Conférence de presse de la commission viticole nationale du Modef
Mardi 14 avril
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats de Terrena
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats de Cristal Union
Audition à l'Assemblée du p.-d.g. de Coopérative U Dominique Schelcher
Soirée d'anniversaire de la fondation Farm
Bilan de l'expérimentation Vital'im, en Seine-Saint-Denis
Mercredi 15 avril
Conclusion de la CMP sur le projet de loi Simplification (ZFE, Zan)
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats du groupe Avril
Audition de la candidate à la direction de l'Anses par l'Assemblée
Assemblée générale de Freshfel (fruits et légumes), en Italie
Conférence de presse de la FNSEA sur son rapport d'orientation
Jeudi 16 avril
Élection du nouveau bureau de la FNSEA
Assemblée générale d'Anvol (interprofession des volailles de chair), à Angers
Assemblée générale de l'association Fruits Plus, à Saint-Marcel-lès-Valence
Convention annuelle de l’UNCGFL (grossistes fruits légumes), à Arles
Visioconférences Plaidoyer post-municipales de l’Afaup (agriculture urbaine)
Conférence de presse Bonduelle « relance de marque »
Visioconférence de la Safer Occitanie
Conférence de presse de la FEB (fédération des boulangers industriels)
Soirée table ronde de Convergence animaux politique (bien-être animal)
L'Opecst (Parlement) examine un rapport sur la place de la biomasse
Vendredi 17 avril
Rassemblement au Trocadéro pour la Journée internationale des luttes paysannes
Visioconférence de la MSA sur les femmes dans le monde agricole
Erratum : la bixlozone ne sera pas utilisable en France avant 2027
Contrairement à ce qui a été indiqué dans l'édition du 8 avril, la bixlozone ne sera pas utilisable dans les parcelles françaises dès le 21 avril prochain. Son fabricant doit encore obtenir l'AMM (autorisation de mise en marché) française, qui n'interviendra pas avant 2027.