Agra Business | Blue Whale, Pink Lady, U, Corteva, Coca Cola, Maurer-Tempé

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Vin : le distributeur U lance sa première filière viticole avec la coopérative Plaimont

Le distributeur U a lancé, le 10 février au salon Wine Paris, sa première filière viticole avec la coopérative Plaimont, implantée en Gascogne et Piémont pyrénéen. Neuf vignerons sont concernés. Le partenariat entre leur cave coop et les magasins U est établi sur une durée de trois ans, pour un volume annuel de 7 000 hectolitres avec une rémunération supérieure au marché. « Le prix versé au producteur inclut une prime à l’hectare », explique Timothee Zimmerlin, chef de groupe MDD chez U. « Ce complément de rémunération s’inscrit dans une démarche de progrès en matière d’agroécologie. » Divers indicateurs sont retenus, comme l’indice de régénération des sols. U et Plaimont s’appuient sur le cahier des charges Pour une agriculture du vivant (PADV), mouvement qui promeut la transition agroécologique. Cette 126e filière U (la première dans le vin) « coche toutes les cases », a salué Dominique Schelcher, le p.-d.g. de U. « Elle soutient une filière en difficulté, donne de la visibilité en prix et volume, assure un partage de la valeur au juste prix, repose sur un cahier des charges vertueux. » Trois références de produits sont proposées : côtes-de-gascogne sec (75 cl et 5 l), moelleux (75 cl). L’étiquette valorise une démarche qui « améliore la rémunération des agriculteurs » et « accompagne les agriculteurs dans l’amélioration des pratiques agricoles ».

Pommes bio : le groupe coopératif Blue Whale intègre Juliet à son portefeuille

A l'occasion du salon Fruit Logistica à Berlin la semaine passée, Blue Whale a annoncé qu'elle est le deuxième metteur en marché à être autorisé à commercialiser, depuis novembre, des pommes bio Juliet, produites exclusivement en France. Depuis l’origine de la démarche en 2005, ces pommes étaient commercialisées en exclusivité par Cardell (groupe Innatis, en procédure de sauvegarde). Ces derniers mois, les producteurs avaient tiré la sonnette d’alarme, dans un contexte de marché bio en berne et de crise de croissance en production, avec une hausse de 10% attendue cette saison 2025-2026 (autour de 24.000 t). Les objectifs pour Blue Whale d' « arriver à valoriser 10.000 t de pommes Juliet », « organiser une relance sur le marché français, lui redonner un positionnement plus large », et « accompagner sa valorisation à l’international » explique Marc Peyres, directeur commercial de Blue Whale, qui devient par ailleurs administrateur de l’organisation Les amis de Juliet, qui gère le développement de la variété et de la marque. « A l’export, on va travailler sur l’Angleterre et en seconde partie de saison, on va développer l’Europe du Nord » précise encore Marc Peyres. Sur 650 ha de vergers de Juliet en France, les producteurs de Blue Whale sont les plus représentatifs, avec 240 ha de verger en production. (Florence Rabut)

Pomme : Pink Lady mise sur la « désirabilité » pour enrayer l’érosion du marché

Dans un contexte de déconsommation de la pomme, l’association Pink Lady Europe a présenté le 10 février sa nouvelle campagne de communication, qui sera diffusée dans 12 pays européens. L’objectif affiché étant de renforcer la « désirabilité » du fruit, alors que les consommateurs se tournent de plus en plus vers des snacks ultra-transformés, selon Bruno Bertheloz, son président. Deuxième fruit le plus consommé en France après la banane, la pomme est confrontée à une fragilisation de son marché. Entre 2023 et 2025, le poids moyen de pommes par acte d’achat a légèrement reculé, passant de 1,30 kg à 1,28 kg. Une baisse limitée en apparence, mais qui, appliquée à des volumes importants, se traduit par une « érosion » du marché, souligne Imelda Pringuey, directrice d’unité produits frais pour le panéliste Worldpanel. Selon Pink Lady Europe, cette tendance s’explique en partie par la « banalisation » de la pomme en rayon, souvent proposée à très bas prix, ce qui affaiblit sa valeur perçue et accentue la pression sur les producteurs. L’enjeu dépasse le seul marché, alors que la filière est confrontée à une décroissance des vergers de pommiers depuis plusieurs années et à des difficultés de renouvellement des générations. D’où la volonté affichée de l’association de se placer en « leader », capable de « proposer des revenus qui donnent envie », selon Robert-Pierre Cecchetti, l’un des plus anciens producteurs de la variété Pink Lady.

Pesticides : Corteva Agriscience enregistre des résultats et une activité 2025 en croissance

Corteva Agriscience a présenté, le 4 février, ses résultats 2025, marqués par une croissance de son chiffre d’affaires de 3 %, à 17,4 Md$, mais surtout une hausse de son Ebitda de 14 %, à 3,85 Md$, pour un résultat net de 1,2 Md$. Ces bons résultats ont été portés à la fois par le lancement de nouveaux produits, mais aussi par des aides de 12 Md$ allouées par le gouvernement américain aux agriculteurs en grandes cultures, afin d’investir dans des intrants. Le quatrième trimestre a cependant marqué le pas, en raison notamment du report de certaines livraisons en Amérique du Nord au premier trimestre 2026 pour optimiser le fret et pallier les retards liés aux conditions météorologiques, et pour des livraisons anticipées de fongicides au troisième trimestre, en Amérique du Sud. Corteva Agriscience a annoncé maintenir son objectif de scinder ses activités de protection des plantes et de semences en deux entreprises distinctes, au cours du second semestre 2026. Les sociétés s’appelleront « New Corteva » pour la protection des cultures, et « SpinCo » pour les semences. Pour 2026, la firme prévoit une production agricole soutenue mais une baisse des prix. Elle chiffre à 80 M$ l'impact supplémentaire des droits de douane mondiaux et table sur un Ebitda compris entre 4 et 4,2 Md$, soit une croissance de 7 %. (Elena Blum)

Boissons : hausse du chiffre d’affaires de Coca-Cola au quatrième trimestre

Le géant américain des boissons Coca-Cola a affiché un chiffre d'affaires en progression lors du quatrième trimestre 2025. D'octobre à fin décembre, il grimpe de 2 % par rapport à l'an dernier sur la même période, à 11,8 Md$, a-t-il annoncé le 10 février dans un communiqué. À données comparables, les revenus ont progressé de 5 %, dopés en particulier par les ventes de concentrés (sirops, bases pour boissons, etc.), qui ont grimpé de 4 % sur un an. Le bénéfice net a grimpé de 3,6 %, à quelque 2,3 Md$. Dans le détail, les ventes de boissons gazeuses à l'unité sont demeurées stables au quatrième trimestre avec notamment un bond de 13 % pour les ventes de Coca Zéro, qui a poursuivi sur sa lancée, alors que les autres sodas ont reculé de 1 %. Les eaux, boissons pour sportifs, cafés et thés (Dasani, Powerade, Fuze Tea) ont progressé de 3 %. Le groupe a notamment fait état d'une bonne performance des boissons pour sportifs en Amérique du Nord et en Europe, ainsi que du thé dans presque toutes les régions. À l'inverse, le segment des jus et produits laitiers (Minute Maid, Innocent, Fairlife) a reculé de 3 % en raison de contre-performances en Asie-Pacifique ainsi qu'en Europe.

Distribution : Casino renonce à faire appel de sa condamnation

Le groupe Casino a annoncé le 9 février renoncer à faire appel sur le volet pénal après sa condamnation le 29 janvier à une amende de 40 millions d'euros dont 20 millions avec sursis dans le procès pour corruption impliquant son ex-PDG Jean-Charles Naouri. Casino « contestera le calcul des intérêts civils retenu par le Tribunal », indique l'entreprise. Sur le volet civil, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné tous les prévenus à verser solidairement 1,72 million d'euros au titre du préjudice matériel, 7500 euros au titre du préjudice moral et 42500 euros au titre des frais de justice aux anciens investisseurs de Casino notamment. A l'issue du procès, Jean-Charles Naouri avait été condamné à quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis pour corruption et diffusion d'informations fausses. Il avait annoncé dans la foulée son intention de faire appel de sa condamnation. Nicolas Miguet a été condamné à 800000 euros d'amende et quatre ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, pour avoir présenté sous un jour favorable Casino dans ses différentes publications, en échange d’une « convention » facturée 823000 euros. Trois ex-cadres du groupe de grande distribution ont par ailleurs été condamnés à trois ans d'emprisonnement avec sursis, avec des peines d'amende allant de 250000 à 500000 euros.

Charcuterie : la Scop alsacienne Maurer-Tempé peine à collecter des fonds

Le charcutier-traiteur alsacien Maurer-Tempé (26 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024) avait lancé en janvier un appel aux dons sur la plateforme Leetchi, espérant recueillir 500 000 euros en février selon la presse, afin de soulager dans l’urgence une trésorerie critique. Au 10 février seulement 21 000 euros étaient collectés auprès de 414 donateurs. Dans le communiqué publié sur son site internet, le fabricant de knack et pâtisseries salées traditionnelles met en avant son statut de Scop, depuis son rachat en 2019 par une centaine de salariés. La Scop compte aujourd’hui 125 « salariés associés ». Le communiqué relate les crises successives (flambée du porc en 2019, Covid, Ukraine) qui ont fait plonger les comptes pendant deux années successives avant un retour dans le vert au titre de l’exercice 2024-2025 (au 31mars 2025). La Scop dit avoir engagé des « solutions à moyen terme, c’est-à-dire courant d’année 2026 » : une augmentation de capital pour 49% (la Scop devant conserver la majorité) et la recherche de fonds en titres participatifs. Des démarches qui ne répondent pas à l’urgence du besoin de trésorerie. Agra Business n’a pu joindre dont le contact est donné dans le communiqué.