Agra Business | C"est qui le patron?!, Jay & Joy, Yetigel/Dedert IJs BV, Normandise Pet Food

hero

Consommation: les courses du quotidien en recul de 0,9% en 2024 (Kantar)

Les difficultés économiques des Français et leur faible perception de la baisse de l’inflation se reflètent dans la baisse de 0,9% des achats du quotidien en 2024, selon le bilan de Kantar. Cette baisse globale des achats dans les circuits de distribution généralistes et spécialisés comprend en particulier un recul de 3,4% des boissons dans leur ensemble, de 1,5% des produits frais, de 1,8% des alcools, selon les données exploitées par Kantar Worldpanel. Elle est aussi influencée par les produits non alimentaires (cosmétiques et produits d’entretien). «Les niveaux de prix restant supérieurs à ceux de 2022, les consommateurs ne perçoivent pas la déflation en cours depuis juin. En conséquence, leurs dépenses sont à plat, +0,3% seulement», estiment les analystes du panel dans le communiqué qui résume le bilan 2024. Certaines catégories sociales ont dépensé moins que l’ensemble des foyers en 2024. Les ouvriers, les agriculteurs, les professions intermédiaires et les familles avec enfants «font des arbitrages systématiques», constatent-ils, avec un recul de 3,2% des achats de ces catégories. Aussi les analystes rappellent-ils que 20% des foyers ont du mal à boucler les fins de mois.

Distribution: E. Leclerc, Grand Frais et les MDD sont les «gagnants» en 2024, selon Kantar

Un communiqué de presse de Kantar dressant le bilan de l’année 2024 met en avant le gain de 0,6 point de part de marché de l’enseigne E. Leclerc, malgré un parc de magasins constant. Une croissance organique remarquable selon le panéliste, alors que les circuits généralistes enregistrent une baisse de volume de 1,1%. La «fragmentation» en cours dans la grande distribution s’illustre par une progression en valeur de 4,3% des circuits spécialisés. Parmi ceux-ci, Grand Frais, où les consommateurs, «qui privilégient le meilleur rapport qualité/prix pour les produits frais traditionnels», ont trouvé «une excellente alternative à la grande distribution». En matière d’assortiments, les consommateurs continuent à privilégier les marques de distributeurs aux dépens des marques nationales, constate par ailleurs le panel. Ainsi, les MDD représentent désormais près de 40% du marché des PGC-FLS (produits de grande consommation – frais et libre-service). Le communiqué présente les parts de marché des distributeurs généralistes après la redistribution des magasins du groupe Casino: 24,2% pour E. Leclerc, 20,6% pour Carrefour, 17% pour Les Mousquetaires, 12,1% pour Coopérative U, 8,8% pour Auchan, 7,9% pour Lidl, 3,1% pour le groupe Casino et 2,7% pour Aldi.

Fruits et légumes: «C’est qui le patron?!» se lance dans la filière, avec six références

La coopérative «C’est qui le patron?!» annonce étendre sa gamme de produits au domaine des fruits et légumes dans un communiqué de presse le 30 janvier. D’ici à septembre 2025, six fruits et légumes seront «co-construits avec les consommateurs en soutien aux producteurs et lancés dans les rayons des grandes surfaces»: cerises, pommes, oignons, ail, échalotes et carottes, précise-t-elle. Les premières cerises «C’est qui le patron?!» devraient arriver dans les linéaires en mai (jusqu’à la mi-juillet). Ensuite devraient apparaitre les pommes en octobre. Les carottes sont en cours de discussion avec les producteurs, mais sont aussi attendues pour l’automne. La coopérative chiffre les augmentations de prix nécessaires pour assurer aux producteurs un prix décent, par exemple pour la pomme: «Il manque 21 centimes sur un kilo pour donner aux producteurs les moyens de replanter leurs vergers et investir dans des pratiques arboricoles plus vertueuses». La marque «C’est qui le patron?!» concerne aujourd’hui 17 produits. En 2024, 87 millions de produits ont été vendus, avec comme fer de lance la brique de lait demi-écrémé (le premier produit lancé il y a neuf ans), le beurre bio et les œufs plein air par six.

Fromage végétal: Jay & Joy reprend Les Nouveaux affineurs

Le fabricant de fromage végétal Jay & Joy a annoncé le 30 janvier la reprise de son concurrent Les Nouveaux affineurs, dont la liquidation judiciaire avait été prononcée en novembre 2024 par le tribunal de Créteil. «Nous reprenons les salariés, au nombre d’une dizaine, les actifs, le site d’Ivry-sur-Seine, la marque et la propriété intellectuelle des Nouveaux affineurs», détaille César Augier, p.-d.g. de Jay & Joy, dans Agra Innovation. Nour Akbaraly, qui avait fondé et dirigeait les Nouveaux Affineurs devient CTO/COO de Jay & Joy. À l’occasion de cette opération, les actionnaires des deux sociétés apportent 2 M€ en capital, notamment les fonds Demeter et Beyond Impact. Jay & Joy, qui conserve la marques Les Nouveaux affineurs, détient désormais un portefeuille d’une quinzaine de références disponibles en grandes surfaces et en magasins biologiques. Sans communiquer son chiffre d’affaires, Jay & Joy se fixe pour but de produire 200 tonnes de produits en 2025 et d’amplifier la diffusion de ses produits tant à l’échelle française qu’européenne. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)

Glaces: le français Yetigel rachète le néerlandais Dedert IJs BV (presse)

Le fabricant français de glaces à l'eau Yetigel a racheté le 24 décembre un concurrent hollandais, le groupe Dedert IJs BV, rapporte le média RIA, citant un communiqué le 16 janvier. Le montant de l'opération n'a pas été divulgué. Grâce à cette acquisition, le groupe hexagonal espère produire un milliard de bâtonnets glacés par an. Le site de production de Dedert occupe une position stratégique, car proche des frontières allemandes et belges. Il produit 400 millions de glaces annuellement, vendues sous plusieurs marques (Rocket, Spirales, Rainbow...), précise le média. De son côté, le groupe Yetigel, basé dans le Vaucluse, est propriétaire, entre autres, de la marque Yeti. Cette dernière est la glace à l'eau et aux fruits la plus consommée en France, dont les bâtonnets se vendent à plus de 200 millions d'unités par an. Yetigel exerce par ailleurs une activité de sous-traitance pour les marques de distributeurs et d'autres marques nationales, telles que Cacolac, (production de crèmes glacées chocolatées), et Granita (production de boissons glacées).

Pet food: Normandise Pet Food s’internationalise avec BPI France et Sofinormandie

Le fabricant d’aliments humides pour chiens et chats Normandise Pet Food a levé des fonds auprès de BPI France et de Sofinormandie (filiale du Crédit agricole Normandie), déjà partenaires financiers. La banque publique d’investissement se félicite dans un communiqué de soutenir ainsi «l'ambitieux plan de développement international de l'entreprise, [la] création de la filiale Normandise Canada et aussi des implantations prévues dans plusieurs nouveaux pays». L’ETI familiale possède une usine automatisée et très robotisée à Vire (Calvados); cette usine digitalisée dite «4.0» a été labellisée «Vitrine Industrie du Futur» en 2020, et French Fab en 2021. Normandise Pet Food «dessert aujourd'hui des milliers de clients à travers la France, mais surtout à l’export pour 60% de son chiffre d’affaires», précise le communiqué de BPI France. Lors de portes ouvertes en janvier (d’autres sont prévues en février), Normandise Pet Food a annoncé avoir plus de 50 postes à pourvoir, l’effectif approchant actuellement les 800 collaborateurs, pour un chiffre d'affaires de 153 M€ en 2022.

Viande: «enquête approfondie» à l’abattoir Rhône Ouest après une vidéo de L214

D’après l’AFP, la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé le 29 janvier avoir demandé une «inspection approfondie» à l’abattoir Rhône Ouest, mis en cause par une vidéo diffusée par L214 le lendemain. En liaison avec le ministère de l'Agriculture, la préfète de région a également demandé à la DDPP du Rhône (préfecture) de se rendre dans l'établissement le 30 janvier pour évaluer la situation et «la nécessité de mettre en œuvre des mesures correctives». Les conclusions doivent être rendues la semaine prochaine, selon la préfecture, qui précise qu'une «enquête judiciaire est en cours». L’association a publié le 30 janvier une vidéo montrant de «nombreux et graves dysfonctionnements» à l’abattoir multi-espèces Rhône Ouest, à Saint-Romain-de-Popey. Selon L214, qui porte plainte et demande la fermeture de l’abattoir, «la chaîne ovine et porcine est archaïque et en infraction avec la réglementation», tandis que la chaîne bovine présente «des infractions graves». Cet outil public produit de la viande conventionnelle, Label rouge et bio, destinée à la grande distribution et aux cantines scolaires. L214 ajoute qu’un «chantier conséquent» a démarré en 2024 pour «augmenter la capacité de production» (à 4200 t), mais que «des travaux de mise en conformité des chaînes d’abattage seraient prévus seulement au mois de mai 2025».

Meunerie: l’ANMF réclame davantage de transparence sur les sachets de farine

L’Association nationale de la meunerie française (ANMF) réclame davantage de transparence au sujet des sachets de farine de 1 kg vendus dans les rayons de GMS, sous marque distributeur (MDD). Les représentants des meuniers expliquent qu’il arrive fréquemment que ces sachets portent le drapeau bleu-blanc-rouge, alors qu’ils proviennent en réalité d’Allemagne. «Le blé servant à fabriquer la farine est français, mais il a été broyé en Allemagne», précise Jean-Jérôme Javelaud, administrateur de l’ANMF et meunier dans les Ardennes. La meunerie hexagonale souffre d’un déficit de compétitivité structurel sur ce segment de marché, que le manque de transparence renforce, explique l’association. «Nous proposons nous aussi des sachets de 1 kg, mais nous sommes concurrencés sur les MDD et les premiers prix par les meuniers allemands. Nous craignons que d’autres marchés soient affectés», alerte Anne-Céline Contamine, la secrétaire générale. Ce déficit de compétitivité s’accentue selon la profession, et se traduit par la hausse des importations hexagonales de farine. Selon les douanes, la France en a importé 364 000 t en 2024, dont 216 000 t d’Allemagne, contre 290 000 t en 2023, dont 198 000 t d’Allemagne (180 600 t en 2022).

Céréales: la Russie table sur une recul de 20% de ses exports annuels

La ministre de l'Agriculture russe, Oksana Lut, a indiqué lors d’une conférence à Moscou le 29 janvier que les exportations nationales de céréales et d'oléagineux reculeraient de 20% entre les campagnes commerciales 2023-2024 et 2024-2025, à 57 Mt. Le pays a connu divers incidents climatiques, affectant les récoltes 2024: déficit hydrique, excès d'eau, gel précoce au cours du printemps, etc. Depuis le début de la présente campagne, 37 Mt ont été expédiées, précise la ministre. Le pays avait anticipé la baisse de production céréalière. Afin de protéger son marché intérieur, les quotas d'exportations avaient été réduits en fin d'année 2024 (-70% entre février-juin 2024 et 2025). Rappelons que la fédération de Russie, le premier exportateur mondial de blé tendre, a pour objectif d'accroître ses expéditions de biens agricoles de 50% à l'horizon 2030. Oksana Lut a également évoqué l'état des cultures d'hiver semées en 2024, qui seront récoltées en 2025. Les plantes, souffrant d'un certain manque d'eau dans plusieurs secteurs, se développeraient dans de bonnes conditions dans 82% des cas, sur 19,2 Mha.

Egalim 4: Annie Genevard veut deux lois, dont la première dédiée au SRP+10

Dans un entretien accordé au quotidien Les Echos le 30 janvier, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard exprime son souhait que deux lois soient soumises prochainement au Parlement pour traiter de la question des relations commerciales dans le secteur agroalimentaire, dont une première à brève échéance destinée à proroger le relèvement de dix points du seuil de revente à perte (SRP+10). «Ce dispositif s'éteignant le 15 avril, nous allons examiner une proposition de loi afin d'éviter que tout le dispositif ne s'effondre», annonce-t-elle. À l'occasion d'un débat à l'Assemblée sur la «crise agricole» le 15 janvier, le député Julien Dive (Les Républicains) avait annoncé qu'il présenterait une proposition de loi «à horizon février, puisque nous devons de toute façon trancher la question du SRP+10». La seconde loi balaierait «tous les autres sujets». Et de citer «la construction du prix en avant, les indicateurs de marché, la question de la transparence, les conditions générales de vente et les pénalités logistiques». Pour préparer ce second texte, la ministre annonce que les députés Julien Dive, Harold Huwart (Liot), Richard Ramos (Modem) et Aurélie Trouvé (LFI) produiront un rapport au nom de la commission des Affaires économiques.

Biotechnologies: un nouveau pôle européen pour aider les start-up et PME

La Commission a lancé le 30 janvier un nouveau pôle pour les biotechnologies et la biofabrication afin d’aider les entreprises, notamment les start-up et les PME, à commercialiser leurs produits innovants sur le marché de l’UE. Ce pôle était un des éléments annoncés dans le cadre de la stratégie de la Commission européenne sur les biotechnologies et la biofabrication publiée en mars 2024. Il permet d’expliquer aux entreprises les sources de financement à leur disposition, les infrastructures de recherche existantes, ou encore les procédures d’autorisation de nouveaux produits biotechnologiques (médicaments vétérinaires, aliments pour animaux, ingrédients alimentaires…). La biotechnologie est, selon Bruxelles, l’une des industries innovantes à la croissance la plus rapide de l’UE, avec le potentiel de transformer les secteurs de l’agriculture ou de l’alimentation humaine et animale dans les prochaines années et qui sera essentiel à la construction d’une UE plus compétitive et résiliente.

Agenda de la semaine agricole du 3 février 2025

Lundi 3 février
Nouvelle lecture du PLFSS 2025 à l’Assemblée nationale

Mardi 4 février
Début d'examen de la LOA en séance publique au Sénat
Première réunion du Comité européen de l'agriculture et de l'alimentation (EBAF)
Salon World Fira (robotique agricole), à Toulouse, jusqu'au 6
Journées de la recherche porcine, à Saint-Malo, jusqu’au 5
Conférence de presse du Syndifrais sur le tri des pots de yaourt usagés
Conférence de presse de l'Unell (groupement d'éleveurs laitiers)
Conférence de presse du Salon de l'agriculture
Conférence de presse de Kronenbourg (bière)
Assemblée générale de l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA)
Rencontre «Plantes émergentes pour des paysages en migration» par Valhor (horticulture)
Visioconférence Vegepolys «diversification des cultures en maraichage et grandes cultures »
Bonduelle présente son chiffre d'affaires du 1er semestre 2024-2025 
Colloque PNDar-Casdar sur l'agroécologie
Visioconférence de l'Idele sur les services rendus par l'élevage

Mercredi 5 février
Salon Fruit Logistica, à Berlin, jusqu’au 7
Colloque de l'Académie de l'agriculture sur l'état de l’agriculture 2025
Journée technique de la pomme de terre, à Amiens
Voyage de presse «Fleurs coupées» organisé par Valhor dans le Var

Jeudi 6 février
Proclamation des résultats des élections des chambres d'agriculture
Conférence de presse du Conservatoire du littoral, pour ses 50 ans
Rencontres filières semences blé AGPB/Semae 
Journée blé dur d'Arvalis, à Aix-en-Provence
Rencontres nationales du retour à la terre, à Lourdes
Conférence de presse des résultats financiers d'Euralis 2023-2024