Agra Business | Cristal Union, Axéréal, Agora, Advitam, La Tricherie, BFC

hero

Betterave : Cristal Union s’attaque à la baisse des émissions de ses adhérents

Lors d’une conférence de presse à Paris le 10 décembre, le groupe coopératif Cristal Union a annoncé son projet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) émanant de ses producteurs de betteraves sucrières de 27,5 % entre 2019 et 2030. Un programme intitulé « Cristal vision empreinte zéro ». Il s’engage à ce que l’intégralité de ses 9 000 adhérents s’intègre à la démarche. Pour ce faire, une prime, calculée en fonction des économies d’émission carbone réalisées, leur sera versée. Elle ira de 0,5 €/t à 1,5 €/t. Cristal Union met à disposition un outil en ligne gratuit dans lequel le producteur devra inscrire les données relatives à sa production afin de connaître son empreinte carbone, de pouvoir se comparer aux autres agriculteurs de son secteur, et donc d’évaluer sa prime. « L’objectif est que cela soit très simple. En 20 minutes, l’agriculture devra pouvoir obtenir son score carbone », déclare Thomas Fleiter, responsable décarbonation agricole du groupe. Le projet est en réalité la continuité d’un précédent projet intitulé « Cristal vision », initié en 2015. La direction a indiqué que le conseil d’administration a décidé en octobre le versement des premières primes dès mars 2026, ayant collecté suffisamment de données sur les nouvelles pratiques durables des producteurs.

Coopératives : Axéréal dévoile un chiffre d’affaires en retrait, à 3,3 milliards d’euros

À l’occasion de son assemblée générale le 9 décembre, le groupe Axéréal (11 000 agriculteurs, 3000 collaborateurs) a présenté le bilan de l’exercice 2024/25, marqué par « des défis conjoncturels et structurels » avec une récolte en net recul, à 3,6 Mt et « une contraction du marché de la bière pour la deuxième année consécutive ». Avec un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros - contre 4 Mds€ l’an passé et 5 Mds€ il y a deux ans - l’EBE atteint 188 M€. Axéréal a par ailleurs « réduit son endettement financier net de plus de 100 M€ par rapport à l’exercice précédent, grâce à une maîtrise du besoin en fonds de roulement et à des arbitrages ciblés sur les coûts et les investissements » : ces derniers ont été divisés par eux. Et Jean-François Loiseau, le président, de rappeler qu’en septembre, le groupe a redéfini le mode de gouvernance autour de six métiers « pour soutenir une croissance robuste et durable », ajoutant que « la confiance de nos partenaires financiers permet de sécuriser la liquidité sur cinq ans » et d’assurer « la solidité nécessaire pour déployer notre stratégie ». Cette stratégie passera notamment par le programme de développement CultivUp Régénératif qui intègre les volets durabilité et décarbonation : 1600 agriculteurs participent déjà à cette démarche, soit près de 200 000 ha, pour une collecte approchant le million de tonnes. (Anne Gilet)

Coopératives : Agora redistribue l’intégralité de son résultat d’exploitation à ses adhérents

Après trois ans de hausse des cours, la campagne 2024/25 marque une rupture : prix en baisse, charges en hausses, pluies persistantes. « Ces facteurs se reflètent dans nos résultats avec un chiffre d’affaires atteignant 318 M€ (-4 % vs 2022/2023), un EBE de 6,7 M€ (2,1 % du CA) et un résultat net de 5,3 M€, a indiqué Agnès Duwer, directrice générale d’Agora, lors de l’assemblée générale du 9 décembre. La gestion responsable et la solidité de la coopérative ont permis, cette année, de redistribuer l’intégralité du résultat d’exploitation aux associés coopérateurs. » Autre fait marquant : face au manque de compétitivité du blé à l’export et à une qualité n’atteignant pas les standards de ce marché, Agora a dû adapter ses débouchés vers les marchés intérieurs pour une partie des 853 000 t collectées en 2024. La coopérative de l’Oise (2465 adhérents, 133 salariés) a également réalisé son premier bilan carbone, augmenté d’un tiers ses capacités de séchage pour accompagner la progression de la sole maïs et a crééde nouveaux partenariats autour de l’agroécologie avec notamment Cargill, Tereos, l’UFS, Nestlé Purina, Earthworm et la chambre d’agriculture. Pour l’avenir, « les fondamentaux sont sains et solides, ce qui nous permet d’envisager avec confiance une nouvelle dynamique d’investissements structurants», conclut-elle. (Anne Gilet)

Coopératives : malgré un recul du chiffre d’affaires, le groupe Advitam renoue avec la rentabilité

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 8 décembre, les dirigeants du groupe Advitam se sont réjouis du retour à la rentabilité, malgré une légère baisse du chiffre entre les exercices 2023-2024 et 2024-2025. Déficitaire de 18,3 M€ durant l’exercice précédent, le résultat net redevient positif, s’élevant à 1,9 M€. L’Ebitda grimpe de 8 % annuellement, à 47,2 M€. De son côté, le chiffre d’affaires s’effrite légèrement, passant de 1,65 Md€ à 1,44 Md€, essentiellement en raison de la collecte céréalière catastrophique de l’an dernier. Les bons résultats des activités nutrition animale, approvisionnement (engrais, produits phytosanitaires), négoce (via la filiale Ternoveo) ont permis de compenser les effets de la mauvaise moisson de céréales. Par exemple, la production d’aliments pour animaux a atteint 253 000 t, en hausse de 7 % par rapport à l’an dernier. La bonne récolte 2025 laisse augurer une amélioration des résultats. Néanmoins, la prudence reste de mise, l’activité export étant pénalisée par la perte du débouché algérien, alerte les dirigeants. « Nous sommes sereins mais concentrés », a déclaré le président Armel Lesaffre. En termes stratégiques, le groupe Advitam souhaite se recentrer sur ses activités agricoles, via son plan Advitam 2030, afin de s’adapter au changement climatique et à l’instabilité géopolitique, entre autres.

Coopératives : à La Tricherie, 26 % de surfaces engagées en contrats bas carbone

Déjà très impliquée dans les filières de qualité et détentrice de la plus haute reconnaissance de la certification ISO 26 000, niveau « Exemplaire », la Tricherie (Vienne) renforce et accélère son engagement en faveur de l’agriculture dite «régénérative». La coopérative de la Vienne a ainsi atteint « un niveau inédit de 26 % de surfaces engagées dans des contrats bas carbone » avec, à la clé, une amélioration de la structure et de la vie des sols, une réduction des intrants et des émissions de GES. Une dynamique traduite aussi par l’adhésion à l’association « Pour une agriculture du vivant ». Côté chiffres, la coopérative, qui tient son assemblée générale le 11 décembre, voit son chiffre d’affaires (CA) baisser de 5 M€ en un an, à 56,16 M€. Le CA appro, qui pèse 22 % dans le CA total, est amputé de 1,35 M€ du fait notamment d’un fort recul du CA engrais : - 44 % à 4,9 M€. Sur ce poste, la coopérative utilise des « formes d’azote moins émissives en GES » avec par exemple, la conversion de tonnes d’urée en urée protégée via la solution d’enrobage Nutrisphère développée en interne. La collecte 2024 recule également : 98 000 t, contre 121 400 t en 2023, accompagné « d’un travail du grain d’une complexité rarement connue ». (Anne Gilet)

Fruits : l’alliance BFC expérimente de nouvelles productions en Côte-d’Or

L’Alliance coopérative BFC (Bourgogne du sud, Dijon céréales et Terre comtoise) mène en Côte-d’Or une expérimentation destinée à évaluer le potentiel de nouvelles productions fruitières – en particulier pommes et abricots – pour l’ensemble de son territoire, a confirmé Hervé Martin, responsable Développement nouvelles cultures, à Agra Presse le 10 décembre. « Nous disposons déjà de parcelles d’essai d’abricotiers, de pêchers, de nectariniers et de quelques pommiers, et nous prévoyons de tester de nouvelles variétés de pommes et de poires », a précisé M. Martin. Le verger pilote d’abricots, planté sur environ 0,1 ha en 2021, a donné lieu à deux premières récoltes en 2024 et 2025. Le verger doit toutefois poursuivre son évolution avant d’atteindre sa pleine maturité. « C’est une réussite, mais nous restons prudents », souligne M. Martin. Si la production d’abricots apparaît possible en Bourgogne, l’Alliance BFC insiste sur la nécessité d’observer les parcelles dans la durée, afin d’intégrer plusieurs risques climatiques : gel tardif au printemps, contraintes hydriques, etc. La production demeure limitée à ce stade, et plusieurs scénarios sont envisagés, entre 250 et 500 ha de vergers potentiels, sans qu’aucune surface cible n’ait été confirmée. « La démarche vise à offrir une solution de diversification aux agriculteurs, mais le cœur de la coopérative reste les céréales et les oléoprotéagineux », rappelle toutefois M. Martin.

Amandes: Escoute inaugure la 1ère casserie française dotée d'un atelier de transformation

L’entreprise Escoute, située à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne) et connue pour la production et la transformation de pruneaux d’Agen, a annoncé le 10 décembre l’ouverture de l’unique casserie d’amandes française intégrant un atelier de transformation. Cette nouvelle usine assure le cassage, le tri et la préparation des fruits, avant leur torréfaction. Escoute y voit « investissement industriel stratégique » pour structurer une filière nationale encore marginale : la France consomme près de 45 000 tonnes d’amandes par an, mais n’en produit qu’environ 1 000 tonnes. Opérationnelle depuis août 2025, l’installation a représenté un investissement matériel de 1,1 millions d’euros (M€), soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Union européenne. L’entreprise vise un chiffres d’affaires de 4,4 M€ et un amortissement sur dix ans. Le projet d’amanderaie a été lancé avec trente producteurs dans le Lot-et-Garonne en 2020, afin d’anticiper une fragilisation de la production de pruneaux en raison du dérèglement climatique. « Investir dès aujourd’hui pour constituer une filière complètement implantée dans le Lot-et-Garonne, c’est assurer notre avenir économique face aux futures contraintes météorologiques mais aussi garantir une source de revenus supplémentaire aux producteurs », précise Gilles Vergnes, pruniculteur et co-dirigeant d’Escoute. 

Boissons/snacks : PepsiCo veut « accélérer » en 2026, à commencer par l'Amérique du Nord

Le géant américain des snacks et des boissons PepsiCo prévoit une hausse de ses résultats en 2026 à la faveur, en particulier, d'initiatives dans sa branche d'Amérique du Nord. « Tout au long de 2025, nous avons entrepris de nombreuses actions pour accélérer à la fois la productivité et les projets commerciaux afin d'améliorer nos performances », a déclaré mardi Ramon Laguarta, patron du groupe, lors d'une audioconférence avec des analystes le 9 décembre. Parmi ces actions, on retrouve des mesures d’économies (fermetures d’usines) et d’innovations (incorporation de protéines, retrait de colorant, etc.). « Nous sommes satisfaits des progrès effectués et nous nous attendons à ce que ces actions, et des actions futures, se matérialisent en 2026 par davantage d'effets positifs », a-t-il ajouté. Pepsico espère une hausse du bénéfice net par action à changes constants de 4 % à 6 % sur l'exercice fiscal 2026. Concernant l'allocation des capitaux, PepsiCo entend consacrer moins de 5 % de son chiffre d'affaires net à ses investissements et accroître le budget consacré aux actionnaires (rachats d'actions et dividendes) en 2026 et 2027.

Biosourcé : Afyren annonce un partenariat avec la marque de cosmétique Esse Skincare

Dans un communiqué du 9 décembre, Afyren, fabricant français d’ingrédients biosourcés, annonce un partenariat avec la marque de cosmétique sud-africaine Esse Skincare portant sur la production d’acide propionique. Les entreprises « s’associent pour le premier acide propionique biosourcé au monde destiné à l'industrie des soins de la peau », indiquent-elles. Cette molécule est produite par « fermentation circulaire et bas carbone » dans l’usine Afyren Neoxy, à Saint-Avold (Moselle), qui traite notamment des coproduits de betteraves. Et les partenaires de rappeler que, « jusqu'à présent, l'acide propionique n'était disponible à l'échelle industrielle qu'à partir de sources pétrochimiques ». Naturellement présent dans l’organisme, l'acide propionique est « essentiel au maintien d'un microbiome cutané équilibré », selon le communiqué (hydratation, réponses aux inflammations, maintien de l’équilibre microbien). Fin novembre, Afyren a annoncé une augmentation de son capital de 23 M€ pour investir dans sa bioraffinerie de Saint-Avold, qui produit en continu depuis cet été. Fondée en 2012, Afyren emploie 130 personnes sur ses sites de Lyon, Clermont-Ferrand et Saint-Avold.

Emballages : un tiers de plastique en moins dans les pots de rillettes de Bahier, à sa charge

L’industriel Bahier, accompagné par Citeo, est en passe de réduire d’un tiers le plastique de ses pots de rillettes de 220 g, résultat de plus de 1 M€ d’investissements et de dépenses de développement pour son fournisseur, a expliqué à Agra Presse le responsable R&D de Bahier, Mathieu Torquet. Un surcoût qui sera facturé à l’industriel sarthois, « lissé sur cinq ans », indique le responsable. Il précise que ce fournisseur dédie une ligne de production de pots à Bahier (environ 18 millions d'unités sous marque propre ou de distributeurs). Les nouveaux pots à fond bombé (forme nécessaire au refroidissement à l’envers après remplissage à chaud) sont réduits en hauteur et surtout en épaisseur, ceci « grâce aux progrès technologiques récents dans l’emballage en polypropylène, notamment en matière de résistance aux chocs », précise le spécialiste. À la clé, se félicite Citeo dans sa récente communication, ce sont entre 48,6 et 97,2 t de plastique en moins à l'année. Outre cette dépense supplémentaire, l’industriel va voir doubler ses écocontributions en 2026, celle pour emballages professionnels s’ajoutant à celle pour emballages ménagers.

Coopératives : en Lorraine, le DG de la CAL démissionne, remplacé par son président

La coopérative agricole Lorraine (CAL) a annoncé, dans un communiqué de presse, le départ de son directeur général, Pierre-Antoine Ferru. Arrivé en avril 2022 au sein de la Cal, il travaillait en binôme avec Pierre-Yves Simonin, élu président de coopérative en décembre 2021. C’est d'ailleurs le président qui pilotera lui-même la Cal dès le départ de Pierre-Antoine Ferru, selon les orientations définies ensemble. Au cours de son passage à la Cal, Pierre-Antoine Ferru a structuré le pôle agroéquipement et ses deux filiales, Mecavista et ManutOne, réorganisé le pôle végétal et ré-internalisé la commercialisation des grains. La Cal a également développé une offre de service plus étoffée, via des systèmes de packs thématiques : réglementation, agriculture de précision, agriculture de conservation, méthanisation, HVE ou agroéconomie. Enfin, la coopérative, portée par son DG et son président, a lancé son initiative RSE intitulée Terre. Pierre-Antoine Ferru, qui est passé au cours de sa carrière par le cabinet Deloitte, le groupe Roullier et la coopérative Valfrance, va désormais rejoindre une coopérative « plus proche de ses racines ». (Elena Blum)