Agra Business | Euralis, Leclerc, Danone, lait Label rouge, Intermarché

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Sucre: le Sénat propose d'alourdir encore la taxe soda, soutenu par le gouvernement

Les sénateurs ont voté le 21 novembre un renforcement de la taxe sur les boissons sucrées, déjà augmentée à l'Assemblée, dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025. Une hausse de taxe pour «donner un coup de pied dans l'industrie» alimentaire. C'est ainsi que la sénatrice Elisabeth Doineau, rapporteur général du budget de la Sécu, a présenté ses amendements visant à relever la fiscalité sur les «boissons à sucres ajoutés». Propositions adoptées avec le soutien du gouvernement: il en coûtera donc 4 centimes par litre pour les breuvages les moins sucrés, et jusqu'à 35 centimes par litre pour les plus sucrés. Un barème sensiblement alourdi par rapport à celui voté par les députés, qui avaient fixé la première tranche à 3,5 centimes et la dernière à 28 centimes. Objet d'un large consensus à l'Assemblée, cette mesure avait été reprise par l'exécutif dans le texte transmis au Sénat, où son renforcement a de nouveau fait l'objet d'un large accord de droite à gauche. De même que la hausse de la taxe sur les "boissons édulcorées", votée contre l'avis du gouvernement.

Canards : Euralis Gastronomie cherche un repreneur pour son site de Sarlat

Euralis Gastronomie annonce, dans un communiqué daté du 20 novembre, avoir présenté à son CSE un projet pour faire face à ses difficultés économiques et à l’érosion des marchés. Pour adapter ses outils industriels et logistiques, et réduire les dépenses, le groupe va recentrer son activité canards sur ses usines de Maubourguet (65) et des Herbiers (85) : il cherche donc un repreneur pour celle de Sarlat, en Dordogne. «Le site est dans une situation de perte financière et de perte de compétitivité durables, sans perspective de retour à l’équilibre, précise Euralis Gastronomie. Malgré de nombreuses initiatives pour y faire face, le taux d’utilisation de l’usine est passé de 49% en 2018 à seulement 19% en 2024 : dimensionnée pour une capacité de production de 2 400 tonnes, le volume réel, pour la fin de cette année, devrait se situer à seulement 460 tonnes». Selon le groupe, «les 3 millions d’euros investis depuis 2022 pour maintenir l’outil à son meilleur niveau font du site de Sarlat un équipement susceptible d’attirer de nouvelles activités au bénéfice du territoire et de l’emploi.» Si ces évolutions sont indispensables pour redresser la situation, l’entreprise est consciente qu’une période difficile s’ouvre pour les 73 salariés du site de Sarlat potentiellement concernés par un licenciement économique. (Anne Gilet)

Viande: Intermarché ne vendra ni bœuf ni porc ni volaille importés du Mercosur

Alors que les agriculteurs se sont mobilisés contre la signature de l’accord UE/Mercosur, le distributeur Les Mousquetaires annonce, dans un communiqué du 21 novembre, qu’il s’engage à «ne pas commercialiser de viande bovine, porcine et volaille issue des pays d’Amérique du Sud». Une mesure qui «s’appliquera à l’ensemble des rayons traditionnels chez Intermarché et Netto». Par ailleurs, le groupement promet de «supprimer, à terme, les viandes en provenance des pays du Mercosur présentes dans les plats transformés de ses marques propres». Tout en invitant les marques nationales à «appliquer le même niveau de soutien au monde agricole» dès les prochaines négociations commerciales, qui démarreront en décembre. Les Mousquetaires leur demandent aussi de «faire preuve de plus de transparence sur l’origine de la matière première» en étant plus précis que la simple mention «UE» ou «non UE». Dans le cadre de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, l’UE propose des contingents d‘importation sans droits de douane de 99 000 téc de viande bovine, 180 000 téc de viande de volaille et 25 000 téc de viande porcine. Le 20 novembre, le patron de Carrefour s’est engagé à «ne commercialiser aucune viande en provenance du Mercosur».

Elevage/visite sanitaire obligatoire: nouvelle formule expérimentée en bovins (JO)

Via un arrêté paru au Journal officiel le 16 novembre, le ministère de l’Agriculture expérimente, jusqu’à fin 2026, une nouvelle mouture de la visite sanitaire obligatoire dans les élevages bovins, afin «d'en faire un baromètre du niveau de maîtrise de risque sanitaire». Il s’agit avant tout de transposer la loi européenne sur la santé animale de 2016, qui prévoit que ces visites servent à détecter «tout signe d'apparition de maladies répertoriées ou émergentes». S’y est ensuite greffée, au printemps 2023, une demande des professionnels pour rendre la visite «davantage adaptable en fonction des élevages et espèces», retrace Stéphanie Philizot, présidente du SNGTV (groupements techniques vétérinaires). La nouvelle formule permettra un suivi de chaque élevage, «en identifiant les points forts et les points faibles et en proposant des pistes d’amélioration», résume-t-elle. Mme Philizot exhorte les éleveurs à «se saisir de l’opportunité de ces visites prises en charge par l’État», pour échanger avec leur vétérinaire sanitaire. Pour les besoins de l’expérimentation, la visite concernera 60% des élevages de plus de cinq bovins (30% en 2025 et autant en 2026); le dispositif sera ensuite évalué avant d’envisager une généralisation aux autres espèces soumises à visite sanitaire depuis 2015 (ovins, caprins, porcins, volailles, équins).

Volailles: CFDT Agri-Agro critique la stratégie de LDC pour l'abattoir de Blancafort

La CFDT Agri-Agro dénonce dans un communiqué des «pratiques inadmissibles chez LDC», accusant le géant de la volaille d’avoir tardé à réorganiser son abattoir de dindes de Blancafort (Cher) et à «transformer éventuellement son unité vers d’autres viandes plus rentables économiquement». Comme le rappelle le syndicat, les salariés de ce site devant fermer à la fin mars 2025, comme annoncé le 24 octobre, s’étaient «investis à 300%» lors du dernier épisode d’influenza dans le plan de soutien du groupe LDC afin d’aider les sites des régions les plus touchées. Ceux-ci «se sentent désormais abandonnés par un groupe qu’ils pensaient solidaire et humaniste», rapporte le syndicat, en dénonçant l’aggravation des conditions de travail pendant cette période. La CFDT Agri-Agro dénonce le fait que le groupe n’ait pas proposé d’alternative autre que la fermeture du site, en rappelant que le n°1 français de la volaille a annoncé le 1er août avoir bouclé le rachat d'Indykpol, leader de la dinde en Pologne «mais aussi pour le marché européen». Le syndicat dénonce «ce délaissement, inadmissible pour un groupe de cette ampleur».

Lait: Leclerc signe 290 Ml en contrats tripartites et élargit à l’ultra-frais

Le distributeur E. Leclerc annonce, dans un communiqué le 21 novembre, avoir contractualisé un total de 290 millions de litres (Ml) de lait en contrats tripartites pour les produits vendus sous marques de distributeur (Eco+, Marque repère, Délisse). Après un premier accord sur le prix du lait en 2021, l’enseigne renouvelle ses contrats pour trois ans avec plusieurs transformateurs et organisations de producteurs*, sur 230 millions de litres de lait. «Ces volumes concernent 100% du lait UHT conventionnel commercialisé par l’enseigne sous les marques Marque repère et Eco+», précise le communiqué. En outre, Leclerc signe son premier contrat tripartite sur les produits laitiers ultra-frais avec Novandie (Andros) et l’organisation de producteurs APLBC. Ce contrat porte sur 60 Ml par an pour une durée de «quatre ans et demi». Ils seront «utilisés principalement pour la fabrication de yaourts Délisse de Marque repère», indique E. Leclerc. Selon le panéliste Kantar, les 734 magasins et 731 «drives», propriété des près de 600 patrons adhérents au «mouvement» E. Leclerc, représentent 24,1% du marché français de la grande distribution.
*Lactalis, Orlait, LSDH, Unell, OPLB, Unicoolait, Ucanel, Sodiaal, Lact’union, Terra Lacta, APLBC 

Produits laitiers: l’américain Lifeway Foods rejette l’offre d’achat de Danone

D’après les informations de Zone Bourse, l’entreprise américaine Lifeway Foods a déclaré, le 20 novembre, avoir rejeté la proposition d’achat de Danone Amérique du nord. Le groupe Danone possède déjà une participation de 23,4% au capital du fabricant de kéfir (boisson au lait fermenté). Après le rejet d’une première proposition de rachat à 25 $ par action fin septembre, Danone avait fait une seconde offre à 27 $ par action, le 15 novembre. Cependant, là encore, Lifeway Foods a estimé que l’offre «sous-évalue considérablement Lifeway et n’est pas dans le meilleur intérêt de la société, de ses actionnaires ou d’autres parties prenantes». Début 2024, Danone expliquait vouloir se concentrer sur «des marques fortes, centrées autour de la santé» et «réinvestir dans les segments de croissance prioritaire» en Amérique du nord, dans un communiqué annonçant la vente de deux marques américaines de produits laitiers bio, Horizon Organic et Wallaby, au fonds d’investissement Platinum Equity, le 2 janvier. Spécialisées dans le lait, les yaourts, les fromages et le beurre, ces deux marques affichaient une rentabilité moindre.

Lait: reconnaissance du premier Label rouge pour du lait entier UHT

Un arrêté du 18 novembre des ministères de l’Économie et de l’Agriculture, publié au Journal officiel du 21 novembre, porte sur la reconnaissance du «lait entier non normalisé, UHT» Label rouge. Il s’agit du premier Label rouge pour du lait. «Plus de 30 producteurs rattachés à une coopérative laitière sont engagés dans la démarche», explique un communiqué de l’Inao. L’objectif de production est de 9 millions de litres annuels d’ici 15 ans. Les caractéristiques de ce lait sont qu’il «n’a subi aucune modification de sa composition entre sa collecte et sa mise en bouteille» et qu’il «est traité thermiquement par une pasteurisation mais sans séparation de la matière grasse et sans aucun re-mélange de matière grasse», indique l’Inao. En termes gustatifs, il s’agit d’un «lait gastronomique, au goût crémeux et savoureux». «Il présente une odeur de crème intense», précise le communiqué. Le cahier des charges comprend des exigences de production: «une durée de pâturage au minimum de 185 jours par an avec six heures par jour minimum»; «une surface de pâturage de 3000 m² minimum par vache»; «une alimentation à base d’herbe (75%) et de fourrages qui proviennent exclusivement de l’exploitation». Les compléments alimentaires issus du commerce doivent être garantis «sans OGM». L’accent est aussi mis sur le bien-être des animaux (couchage, place à l’auge, attache interdite) et la préservation de la biodiversité.

Fromages AOP: le mothais sur feuille reconnu, modifications pour trois AOP franc-comtoises

Réuni les 20 et 21 novembre, le comité national des AOP laitières, agroalimentaires et forestières a confirmé la reconnaissance en appellation d’origine contrôlée (AOC) de la dénomination «mothais sur feuille», a appris Agra Presse auprès de l’Inao. Le cahier des charges doit maintenant être homologué par le ministère de l’Agriculture. Le dossier sera ensuite transmis à la Commission européenne pour l’enregistrement de l'appellation d’origine protégé (AOP, équivalent européen de l’AOC). Ce fromage de chèvre, posé sur une feuille de châtaignier, est produit dans le Poitou, principalement dans le sud des Deux-Sèvres. Autre actualité notable: le comité a approuvé les modifications des cahiers des charges de trois AOP franc-comtoises: comté, morbier et mont d’or. Une procédure nationale d’opposition de deux mois sera ouverte «prochainement» pour chaque cahier des charges, indique l'Inao. À noter que le mont d’or demande notamment une révision de son aire géographique. Le reste des modifications porte sur les conditions de production et de transformation. «Derrière ces ajustements, il y a la volonté des filières de conserver des exploitations et des systèmes de production à taille humaine», souligne Alexandra Ognov, responsable du pôle «produits agricoles et agroalimentaires» à l’Inao.

Siqo: les ODG pourront intégrer des innovations aux cahiers des charges à titre expérimental

Le comité national des AOP laitières, agroalimentaires et forestières, réuni les 20 et 21 novembre, a adopté une directive permettant «d’introduire un dispositif d’évaluation des innovations (DEI) dans les cahiers des charges», informe un communiqué de l’Inao (institut national de l’origine et de la qualité). Cette directive s’inspire de celle précédemment adoptée par le secteur viticole. «Ce dispositif constitue un nouvel outil à disposition des ODG (organismes de défense et de gestion, NDLR), à côté des modifications des cahiers des charges et des expérimentations qui peuvent être menées hors cahier des charges», explique le communiqué. «Ce dispositif permettra aux ODG de tester des innovations répondant à des enjeux contemporains», précise à Agra Presse, la responsable du pôle «produits agricoles et agroalimentaires» de l’Inao, Alexandra Ognov. Parmi ces enjeux, l’Inao cite «l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets», «la préservation de la biodiversité» ou encore «le bien-être animal». Les sujets du «renouvellement des actifs» et de la «transmission des savoir-faire» pourront également être explorés. Sans oublier celui de la «qualité sanitaire des produits».

Endives/chicorée: Genevard signe un projet Parsada sur le désherbage dans le Pas-de-Calais

À l’occasion de son déplacement dans les Hauts-de-France le 21 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a visité une exploitation d'endives à La Couture, près de Béthune (Pas-de-Calais). Sur place, elle a signé avec l’association des producteurs d’endives français (Apef) le projet «Desherbendive» dans le cadre du Parsada, plan financé à 80% par le ministère. Elle a, par ailleurs, confirmé son annonce du 19 novembre devant l’Assemblée nationale des deux dérogations de 120 jours pour les produits Viballa et Atic Aqua. Contacté par Agra, Pierre Varlet, directeur de l’Apef s’est dit relativement soulagé: «Nous ne partirons pas de rien la campagne prochaine, mais les tests que nous avons menés pour ces produits nous ont un peu laissé sur notre faim. Il y a encore du travail à faire.» Le risque est que les producteurs, par manque de recul, les utilisent peu. L’Apef a remis à la ministre une étude d’impact sur la production d’endives sans le Bonalan: «Nous évaluons l’augmentation des coûts de production à 1200 €/ha, sans compter les éventuelles pertes de rendements. Cela pourrait in fine renchérir le prix de l’endive, qui est déjà assez élevé en rayon», explique Pierre Varlet. Plus généralement, la ministre a de nouveau estimé que les pesticides autorisés en Europe devraient l'être «également en France», afin d'assurer la pérennité des filières agricoles françaises et que «le débat aura lieu au Parlement», rapporte l’AFP.

Kiwi: lancement de la commercialisation, l’interprofession prévient du risque de francisation

Le bureau national interprofessionnel du kiwi (BIK) a annoncé le lancement de la commercialisation du kiwi vert français à partir du 6 novembre, rapporte un communiqué de presse du 21 novembre. «Cette année, les volumes arriveront très progressivement, en raison d’une récolte tardive qui est encore en cours, mais également d’un volume moindre», précise le BIK. À l’instar de la campagne passée, cette saison 2024-2025 sera marquée par une petite récolte française, malgré un calibre plutôt supérieur. Le kiwi nécessitant un temps d’affinage, la mise en place de l’origine France sera étalée dans les prochaines semaines, pour un réel début de commercialisation avec des volumes importants en janvier 2025. «Dans un tel contexte, le risque de francisation est réel, et la vigilance des adhérents du BIK sera accrue, aboutissant si nécessaire à des demandes de contrôles réalisés par le BIK auprès de la DGCCRF». Parallèlement, l’interprofession œuvre à la création d’une base de données en vue de caractériser l’origine France des kiwis. En outre, elle appelle à ce que tous les maillons de la filière de la commercialisation des fruits et légumes frais «fournissent un effort pour ne pas accroître de manière inconsidérée le prix payé par le consommateur».

Bananes: un marché français en croissance dans un paysage mondial en régression

En conférence de presse le 21 novembre, l'association interprofessionnelle de la banane (AIB) a rappelé que le fruit jaune est le premier fruit consommé en France, avec 18% de parts de marché en volumes au sein des fruits en 2024. Une croissance permise par des prix au détail qui sont restés «très accessibles», avec une «hausse contenue» de 7% en quatre ans, au regard du contexte inflationniste pour l’alimentaire au cours de la période. «En tant que filière, notre responsabilité est de faire en sorte que la banane reste accessible au plus grand nombre, tout en répondant aux enjeux d’évolution du marché», souligne Philippe Pons, président de l’AIB. Reste que cette croissance du marché français fait figure d’exception dans le paysage mondial, souligne l’AIB. Ainsi, les échanges mondiaux ont commencé à régresser ces dernières années, passant sous le seuil des 20 Mt en 2022. Un phénomène qui s’explique par «une combinaison de facteurs», rappelle Véronique le Bail, déléguée générale de la Chambre syndicale des importateurs de fruits et légumes (CSIF). «La production de bananes est affectée des phénomènes, comme El Niño et La Niña, qui s’enchaînent», précise Mme le Bail. À ces épisodes s’ajoutent «une hausse du prix des intrants» et «un arrêt de la production ou une diminution de l’usage d’engrais azotés dans certains pays d’Amérique latine».

Solaire: Entech et le Crédit agricole du Finistère lancent une offre avec option d’achat

L’énergéticien breton Entech et le Crédit agricole du Finistère proposent des installations solaires avec option d’achat, ont-ils annoncé le 20 novembre. Leur offre, lancée via une coentreprise, concerne «des installations de centrales photovoltaïques clé-en-main, adossées à une offre de financement en tiers-investissement», selon un communiqué. Destinée à la clientèle des agriculteurs, la proposition vise particulièrement les jeunes, qui peuvent ainsi «bénéficier de revenus complémentaires, et sans investissement initial de leur part». Elle inclut le développement du projet, la construction et l’exploitation de la centrale photovoltaïque, avec ou sans batteries de stockage d’énergie, ainsi qu’un financement en tiers-investissement couplée à une option d’achat. Cette option permet de devenir propriétaire de l’installation à partir d’un certain temps. Le déploiement opérationnel de l’offre est prévu «à partir du second semestre 2025». Entech et le Crédit agricole du Finistère ont comme objectif «une dizaine de projets au cours de la première année, puis une montée en puissance progressive pour atteindre une trentaine de projets par an».

Agrivoltaïsme: Épopée Gestion injecte 30 M€ dans le développeur EnerVivo

Épopée Gestion injecte 30 M€ dans le développeur bordelais EnerVivo «pour accélérer le déploiement de l’agrivoltaïsme», ont-ils annoncé le 21 novembre. L’entreprise d’investissement brestoise «va engager progressivement 30 M€ dans des projets dont l’investissement unitaire sera compris entre 1 et 15 M€, pour atteindre un objectif de production à terme de 200 mégawatts de capacité, selon le communiqué. EnerVivo investira également à terme 7 M€». 40 projets sont d’ores et déjà sécurisés avec une capacité de production d’énergie de 104 MW, précisent les deux partenaires. L’opération, menée via le fonds Épopée infra climat I, va permettre à EnerVivo de renforcer ses équipes avec le recrutement de plusieurs ingénieurs bureau d’étude. L’acteur bordelais est spécialisé dans la conception, le développement et l’exploitation de centrales (serres photovoltaïques, ombrières, installations sur toitures) de préférences agrivoltaïques. EnerVivo se concentre sur des projets intégrant des activités d'élevage, culture et arboriculture, avec des installations de 1 MWc à 30 MWc. Lesquels associent les agriculteurs en leur proposant de devenir co-actionnaires dans une logique de partage de la valeur.

PPL sur les mandats coopérative/chambre : la Coopération opposée au texte «en l'état»

Interrogé par Agra Presse le 21 novembre, le président de La Coopération Agricole, Dominique Chargé, s'est dit opposé à la version actuelle de la proposition de loi de la députée Nicole Le Peih, visant à permettre à un administrateur d’une coopérative de cumuler un mandat au sein du conseil d’une chambre d’agriculture : et ce même si la coopérative a fait le choix de la vente des phytos. «Je ne pense pas forcément du bien de cette proposition de loi, explique-t-il. Elle est beaucoup trop restrictive». Il ajoute que «demander aux administrateurs de ne pas participer aux débats dès que ceux-ci porteront sur l’activité de conseil s’avèrera, dans les faits, compliqué à mettre en place». Sur la forme, il estime qu'«entrer par cette voie pour traiter le dossier de la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires est une mauvaise idée : nous demandons un examen global du sujet et surtout, une abrogation de la séparation conseil/vente. Cette proposition de loi pourrait laisser croire que les problèmes sont enfin résolus, ce qui est loin d’être le cas !» Le président de la Coopération agricole vient d'adresser un courrier à la ministre de l’Agriculture «pour lui demander que ce projet de loi ne soit pas examiné en l’état.» Pour rappel, la proposition de loi du sénateur LR Laurent Duplomb inclut une suppression de la séparation de la vente et du conseil des pesticides. Mais sa promulgation n'interviendra pas assez vite pour s'appliquer avant les élections des chambres d'agriculture fin janvier. (Anne Gilet)

Bio: le phosphore ne limite pas sa généralisation à court terme, mais pose problème à long terme

À l'occasion du colloque Phosphobio à Bordeaux le 21 novembre, la chercheuse de Bordeaux sciences Agro Joséphine Demay a présenté une simulation des effets, sur le niveau de production agricole mondiale, de la généralisation du bio à toutes les terres, en intégrant les contraintes imposées sur les engrais phosphatés. Pour rappel, l'agriculture biologique recourt souvent aux légumineuses, gourmandes en phosphore, et proscrit les engrais phosphatés minéraux solubilisés (type superphosphate triple), ce qui limite généralement les apports aux engrais organiques. À court terme, le phosphate ne limiterait pas la production, qui serait principalement grevée par les stress abiotiques et le manque d'azote, comme mis en évidence en 2021. À horizon de 100 ans, en revanche, le manque de phosphore entrainerait une «baisse importante» de production, surtout dans les zones à faible disponibilité actuelle, aux niveaux de production agricole élevés, ou celles cultivant beaucoup de légumineuses. À cahier des charges constant, les leviers sont la baisse des effectifs d'animaux pour réallouer des terres à l'alimentation humaine, le recyclage des flux (biodéchets, excrétas humains) et la lutte contre l'érosion. L'agriculture conventionnelle n'est pas épargnée par la problématique du phosphore, mais différemment. À l'instar du soufre, le pic d'extraction est attendu au milieu du siècle et pourrait entrainer des tensions et un renchérissement.

Tomates/concombres: Pierre-Yves Jestin (Saveol) nouveau président de l’AOPn

À l’occasion de sa réunion plénière les 20 et 21 novembre à Agen (où se tient en même temps le congrès de Légumes de France), l'Association nationale des organisations de producteurs (AOPn) Tomates et concombres de France a procédé à l’élection de son nouveau président: il s’agit de Pierre-Yves Jestin, qui succède à Pierre-Yves Noé, après trois ans de mandat. Pierre-Yves Jestin est producteur de tomates à Guipavas (Finistère), engagé auprès du groupement maraîcher brestois depuis 1999 et président de la coopérative Savéol depuis 2015. L’AOPn Tomates et concombres de France rassemble plus de 500 producteurs de toute la France, pour un total de 1000 ha de production, dont plus de 90% de serres. Selon Agreste, la France a produit 656 192 tonnes de tomates en 2023.

Agenda de la semaine agricole du 25 novembre 2024

Lundi 25 novembre
Examen du volet recettes du projet de loi de finances au Sénat
Conférence de presse de NatUp (coopérative)
Forum Open Agrifood, à Orléans, jusqu'au 26
Conférence Cirad/Le Monde Nourrir la planète en 2050
Visioconférence Valhor/Ademe sur les pots horticoles plastiques

Mardi 26 novembre
Débat initié par le gouvernement à l'Assemblée sur l'accord UE/Mercosur 
Salon Vinitech Sifel à Bordeaux
Colloque de Cérience (semencier) sur les prairies, en Ille-et-Vilaine
Conférence d'Intercéréales et Terres Univia sur leur feuille de route carbone
Conférence Agridées sur l'entreprenariat féminin en agriculture
Journée d’échanges techniques de l’OFB sur les captages, MAEC et PSE
Rencontre CTIFL sur le post-récolte, à Saint-Rémy-de-Provence

Mercredi 27 novembre
Débat initié par le gouvernement au Sénat sur l'accord UE/Mercosur
La Coméco de l'Assemblée examine la PPL sur l'épandage de pesticides par drone
Plénière du Parlement européen (vote de validation de la nouvelle Commission européenne)
LDC (volailles) présente ses résultats semestriels
Conférence de presse du salon Wine Paris
Conférence de la Coopération agricole sur les produits sous Siqo
Conférence de presse Terre Atlantique, en Charente-Maritime 

Jeudi 28 novembre
Congrès de la FNSafer, à Versaille
Journée semences bio organisée par Semae (interprofession)
Conférence de presse AGPM (maïsiculteurs, FNSEA)
Conférence du Cirad sur la recherche et l’innovation, à Bruxelles
Salon Vinitech-Sifel à Bordeaux jusqu'au 28
Conférence économique de la filière cuir
Déjeuner presse de l'AOP beaufort
Colloque de l'académie d'agriculture sur la vigne et le vin demain

Vendredi 29 novembre
Conférence de presse d’Eau de Paris sur la protection de la ressource en eau
Assemblée générale de l'UGPVB œuf (groupements bretons)
Visioconférence sur la longévité des vaches laitières
Conférence de presse de l'OIV (vin)