Foie gras : Maïsadour cède Comtesse du Barry à un consortium d’entrepreneurs
Dans un communiqué du 2 avril, Maïsadour annonce la cession de sa filiale gastronomique Comtesse du Barry à un « consortium d’entrepreneurs du Sud-Ouest, aux expertises complémentaires et profondément attachés au territoire ». Il s’agit de Pascal Lannebère et Jérôme Sarciat, propriétaires de la société D’Artigues Foie Gras (conserverie historique dans les Landes), de Jérôme Lassus, présenté comme un connaisseur de la commercialisation de produits du terroir, qui prend la direction générale, et d’Ariane Daguin, fondatrice de DArtagnan foods aux Etats-Unis. Le directeur général de la coopérative du Sud-Ouest, Christophe Bonno, déclare dans le communiqué : « Nous avons été convaincus par un projet solide, réaliste et sincèrement enraciné dans les valeurs du Sud-Ouest. Le projet de cession, acté à la fin février, a été soumis aux observations des représentants du personnel (96 salariés) jusqu’à fin mars. La holding MVVH (Maïsadour, Vivadour et Val de Sèvre) avait acquis en 2011 cette entreprise de vente par correspondance qui commercialise aujourd’hui des produits du canard gras et autres spécialités du Sud-Ouest, en ligne et dans une quarantaine de boutique en France.
Bovins viande : chez Terrena, des aides directes pour installer 50 éleveurs par an
Dans un contexte de décapitalisation, la coopérative Terrena (5,6 Md€ de CA, 18 000 adhérents) annonce qu’elle « lance un plan pour installer 50 éleveurs [de bovins viande] par an » pendant cinq ans, d’après un communiqué diffusé le 2 avril. Le groupe « déploie depuis cette année un nouveau dispositif pour accompagner le développement ou la reprise de cheptels allaitants » grâce à deux types d’aides financières. Il s’agit d’une « prime directe par animal livré, pendant cinq ans » et d’une « avance de trésorerie par animal né et engraissé sur l’exploitation » (à taux préférentiel). Dans le cas d’un éleveur naisseur disposant de 70 vaches allaitantes, ces aides pourront atteindre jusqu’à 10 500 € de primes et 27 000 € d'avances de trésorerie. Pour rappel, Terrena a annoncé en 2024 vouloir doubler en cinq ans sa capacité de production de jeunes bovins (JB), sa filiale Elivia ayant chiffré ses besoins à 42 000 places supplémentaires. « À ce jour, 3 432 places d’engraissement ont déjà été créées et 17 nouveaux ateliers ont été accompagnés », indique Terrena le 2 avril, se fixant un objectif de « 5 000 places par an avec une ambition de 40 000 places à terme ». Ces dernières années, l’érosion du cheptel bovin français a fait flamber le prix des animaux, renchérissant le coût des installations.
Lait : Savencia lève un coin du voile sur ses formules de prix du lait
Savencia a levé un coin du voile le 1er avril sur les formules qu’il utilise pour déterminer le prix du lait payé aux éleveurs français, à l’occasion de son audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs. « Les formules varient en fonction des trois marchés de destination des produits finis », selon Sophie Godet-Morisseau, directrice générale de Savencia Ressources laitières. Pour le lait destiné à la France (40 % de la collecte réalisée en France), Savencia utilise le prix PGC France et l’indicateur Ipampa (Insee). Pour le lait destiné à l’export (29 % de la collecte), le prix du lait allemand est utilisé, « car il représente le mieux les marchés hors de France ». Et, pour le lait destiné à devenir des ingrédients, Savencia se base sur « les cotations de marché du beurre et de la poudre qui représentent le mieux nos marchés destinataires ». Cette formule est encadrée par « une clause de négociation qui peut être activée par les deux parties si le prix payé est trop éloigné du prix de marché de FranceAgriMer qui représente le prix moyen des laiteries ». Les contrats sont signés pour « au moins cinq ans », mais avec certaines coopératives, la durée est plus longue.
Coopératives : vingt ans après sa création, l’union Altitude devient coopérative unique
Changement de statut juridique pour l’union de coopératives Altitude (Éleveurs du Pays vert, Volcalis, Centraliment, Capp, CAEHL) : par un « vote solennel » en assemblée générale le 31 mars, à Arpajon-sur-Cère (Cantal), Altitude est devenue coopérative unique. « L’idée est de simplifier notre fonctionnement et de structurer nos filières, d’avoir une organisation plus cohérente et d’éviter les doublons en termes de gestion », souligne Thierry Bousseau, chargé de communication et responsable RSE. L’enjeu est également de trouver de la compétitivité et du revenu aux éleveurs, c’est-à-dire poursuivre la recherche de valeur tout en amortissant la hausse des prix des bovins pour la filière bovine aval. Globalement, l’exercice 2024-2025 a été plutôt favorable à Altitude. L’année 2025 se révèle positive pour le revenu des éleveurs allaitants, l’inflation sur les prix du bœuf et du veau compensant les décapitalisations. En filière laitière, collecte et prix ont été en hausse. Au global, le chiffre d'affaires est en hausse de 10 %, à 333 M€ consolidés. Le plan de décarbonation se poursuit, avec 100 % des producteurs engagés dans le dispositif Self CO2. Enfin, l’année dernière a été marquée par la définition d’une trajectoire de décarbonation à dix ans et la mise en place d’un comité de pilotage RSE, pour réduire les émissions de carbone directes et indirectes. (Florence Rabut)
Céréales/Ukraine : une start-up spécialisée dans la surveillance des silos financée par l’UE
La Commission européenne a annoncé le 1er avril l’octroi d’un financement de 20 millions d’euros à destination de 41 start-up et PME ukrainiennes de pointe, à la suite d’un appel à projets du Conseil européen de l’innovation (EIC). Chaque entreprise recevra entre 300 000 et 500 000 €, ainsi que la possibilité d’accéder plus rapidement à l’Accélérateur EIC, qui propose des subventions plus importantes et des prises de participation via le Fonds EIC. Parmi les entreprises sélectionnées figure Innovinnprom, entreprise qui utilise l’IA pour prédire la détérioration des céréales dans les silos en analysant la température, l’humidité et les gaz. « En prévoyant l’activité biologique un à trois jours à l’avance, les agriculteurs et les responsables des entrepôts peuvent prendre des mesures précoces pour prévenir les pertes, un outil crucial pour le secteur agricole ukrainien », souligne la start-up. L’UE a déjà apporté un soutien financier et des services aux entreprises technologiques ukrainiennes, mais elle va cette fois « plus loin, en ciblant les entreprises prêtes à passer du développement à la démonstration concrète et à la commercialisation », souligne la Commission européenne.
Engrais : 10 tonnes d’engrais volées sur un site d’Eureden en Ille-Et-Vilaine
À l’heure où le prix des engrais a fortement augmenté, ces intrants deviennent des denrée très convoitées. Preuve en est le vol qui a eu lieu, le 23 mars, à Guichen (Ille-et-Vilaine), sur l’un des sites de la coopérative Eureden. « Au total, dix tonnes d’engrais ont été dérobées », confirme Béatrice Perrot, directrice de la communication externe du groupe. « Une enquête, conduite par la gendarmerie, est en cours pour retrouver les voleurs. ».Sans tomber dans la psychose, gendarmerie et chambre d’agriculture appellent à la vigilance, sur les sites de stockage, mais aussi dans les exploitations agricoles. En effet, les besoins en engrais sont importants au printemps, et les stocks peuvent être parfois très conséquents dans les cours de ferme ; sécuriser ces volumes n’est pas toujours simple. Pour l’heure, aucun autre vol de ce type n’a été signalé dans la région. (Anne Gilet)
Vin : Pernod Ricard finit de vendre ses vins californiens
Pernod Ricard a annoncé le 1er avril la finalisation de la vente de ses vins effervescents Mumm Napa (hors champagne) au groupe californien Trinchero, ainsi que la cession de son vin californien Kenwood, finissant ainsi de vendre l'essentiel de ses vins aux États-Unis. En 2025, le groupe français – par ailleurs en discussion pour un rapprochement avec le géant américain des spiritueux Brown Forman (Jack Daniel's) – avait déjà cédé un portefeuille de vins à l'international, pour se concentrer sur les champagnes et spiritueux. Aux États-Unis, ses vins effervescents Mumm (comprenant les marques Mumm Sparkling California, Mumm Napa et DVX) sont vendus à Trinchero Family Wine and Spirits, comme annoncé en décembre. Trinchero, installé dans la Napa Valley depuis 75 ans, est un leader de la production de vin aux États-Unis. Cette transaction, dont le montant n'a pas été communiqué, ne concerne pas la marque de champagne G.H. Mumm, ni les autres activités internationales de Mumm. Pernod Ricard annonce par ailleurs avoir finalisé la vente du vin californien Kenwood à F. Korbel & Bros, producteur californien de vins effervescents. La cession, dont le montant n'a pas non plus été divulgué, porte sur environ 8 ha de vignobles, les chais, ainsi que le centre d'accueil des visiteurs de Kenwood, dans la vallée de Sonoma.
Vin/bière : W Plateform cherche des fonds sur Tudigo
Pour accompagner sa phase actuelle de montée à l’échelle, W Plateform, fabricant de solutions pour récupérer les effluents gazeux dans la filière viticole et les brasseries, est en cours de levée de fonds (lire l’article sur Agra Innovation). La société cherche 1,4 M€ en tout, dont une partie sur la plateforme Tudigo, le solde provenant de son actionnaire historique Demeter, devenu Demea Invest l'an dernier. Un premier palier à 300 000 € ayant été atteint sur la plateforme ces derniers jours, l'opération se poursuit vers un deuxième palier fixé à 600 000 €. « Ces fonds serviront à constituer une équipe commerciale et marketing pour continuer la promotion et la commercialisation des solutions de W Plateform en France et à l’international. Notre objectif est de cibler les marchés où nous apportons une vraie source de valeur, tels que les brasseries et les vins effervescents », explique Matthieu Planté, cofondateur et p.-d.g. La CO2 Box, la solution de W Plateform, conçue, brevetée et assemblée dans ses ateliers près de Bordeaux, est reliée directement aux cuves de production pour « capter, purifier et valoriser les effluents gazeux industriels », explique la société, permettant ainsi à ses clients de ne plus acheter de CO2 d’origine fossile. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Distribution : Coopérative U s'implante en République démocratique du Congo
Coopérative U a annoncé le 2 avril la signature d’un « partenariat commercial stratégique » avec le groupe Biso na Biso, exploitant de l’enseigne leader Kin Marché en République démocratique du Congo. « Conscients du fort attachement de la population congolaise à l’enseigne Kin Marché », Biso na Biso et Coopérative U déploieront le logo U sur les façades des Kin Marché et « proposeront une large gamme de produits à la marque U » dans les rayons, selon un communiqué. En parallèle, « dès 2026, trois magasins de la capitale passeront sous enseigne U Express, adoptant intégralement le concept et le savoir-faire de Coopérative U ». « En nous associant à l’acteur leader de la distribution en République démocratique du Congo, nous poursuivons le développement de notre marque à l’international, et singulièrement sur le continent africain qui représente une opportunité de croissance importante », a déclaré Dominique Schelcher, p.-d.g. de Coopérative U. « Biso na Biso enregistre une croissance rapide dans le domaine de la distribution alimentaire, avec 47 magasins en 2023, 79 à date et un objectif de 116 points de vente d’ici 2027 », précise Coopérative U.
Sucre : Frédéric Laborey nommé directeur de la sucrerie de Nangis (Cristal Union)
Cristal Union annonce que, après huit années passées au poste de directeur de la sucrerie de Pithiviers-le-Vieil (Loiret), Frédéric Laborey a pris, en février, la direction de la sucrerie de Nangis (Seine-et-Marne). Il conserve en parallèle la direction de Sidésup, l’usine de déshydratation (pulpes de betteraves et luzerne) implantée dans le Loiret. Frédéric Laborey est entré chez Cristal Union en 2010 après une carrière dans l’industrie du chocolat. D’abord responsable exploitation conditionnement et Supply Chain pour les sucreries de Corbeilles et de Pithiviers, il a ensuite occupé le poste de responsable exploitation de la sucrerie de Pithiviers pendant deux ans, avant de prendre la direction du site en 2018. « Mon objectif est de poursuivre les travaux d’optimisation afin que cette usine, solide, gagne encore en performance industrielle et environnementale », précise-t-il sur le réseau social LinkedIn. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 7 avril 2026
Vendredi 3 avril
Portes ouvertes dans un élevage de « poulets du quotidien » en Haute-Garonne (Vivadour)
Lundi 6 avril
Sommet One Health, à Lyon, jusqu’au 7
Mardi 7 avril
Conférence de presse sur l’avancement du Plan national châtaigne
Audition d'Interbev (viande rouge) et d'Anvol (volaille de chair) à l'Assemblée nationale
Conférence de presse de LCA-Luzerne de France et de Désialis
Rapport d'information sur la planification écologique dans les territoires à l’Assemblée nationale
Mercredi 8 avril
Présentation du projet de loi d’urgence agricole en Conseil des ministres
Vote sur la révision ciblée du règlement OCM en commission de l'Agriculture du Parlement européen (dénominations de viande, contrats écrits)
23es Rencontres de droit rural d’Agridées
Audition d'Intercéréales à l'Assemblée nationale
Jugement des agriculteurs pour dégradations de transformateurs Enedis à Toulouse
Délibéré dans une affaire des pesticides interdits importés d’Espagne
Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer
Conférence de presse de l’Anem (élus de montagne) sur leur PPL transpartisane
Jeudi 9 avril
Assemblée générale du SGV (champagne)
Assemblée générale de l’Association française des producteurs d’endives, à Arras
Conférence de presse de la Confédération paysanne sur le projet de loi d’urgence agricole
Conférence de presse de la filière gaz renouvelables
Conférence de presse biocontrôle des chambres d'agriculture
Session Pac post 2027 des JA, dans l'Aveyron
Journée « désherbage alternatif » de l’Iteipmai (PPAM), à Chemillé-en-Anjou
Journée technique « Poules pondeuses » de l’Itavi
Colloque d’Arvalis sur les orges brassicoles, à Arras
Conférence de presse annuelle de Biocoop
Sedima’s Days (distributeurs de matériel agricole), à Vichy, jusqu’au 10
Le Geco Food Service (fournisseurs de la RHF) reçoit le grossiste Sysco
Vendredi 10 avril
Résultats semestriels de Sodexo
Samedi 11 avril
Colloque de la Conf' de Loire-Atlantique sur le statut du fermage