Agra Business | Mars/Kellanova, Sodexo, Nord Céréales, Novagrain et Maïsadour

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Agroalimentaire : feu vert européen à l’acquisition de Kellanova par Mars

« La Commission européenne a approuvé sans condition, au titre du règlement européen sur les concentrations, le projet d’acquisition de Kellanova (Pringles, Special K, Trésor…, NDLR) par Mars (M&M’s, Ben’s, Whiskas, Royal Canin…, NDLR) », annonce-t-elle dans un communiqué le 8 décembre. L’exécutif européen « a conclu que cette opération ne soulèverait pas de problème de concurrence dans l’Espace économique européen (EEE) ». Selon les résultats de son « enquête approfondie », la Commission estime qu’il n’est pas possible d’établir que l’opération accroîtrait le pouvoir de négociation de Mars vis-à-vis des distributeurs. « L’ajout des produits de Kellanova au portefeuille de Mars n’est pas de nature à renforcer le pouvoir de négociation de Mars dans ses discussions avec les distributeurs », peut-on lire. Par ailleurs, « il n’existe pas d’éléments suffisants pour étayer l’idée que les consommateurs changeraient de magasin non seulement pour acheter les produits Mars et Kellanova, mais aussi les autres articles de leur panier », ce qui « aurait été très préjudiciable aux distributeurs et aurait pu les rendre plus enclins à accepter des hausses de prix dans les négociations avec l’entité issue de la fusion. »

Alimentation : un substitut au sucre issu de la fermentation végétale

Les laboratoires Innovi (groupe Anjac) ont présenté, le 4 décembre au Palais Brongniart (Paris), leur substitut au sucre Süvy, obtenu après sept années de recherche et développement, rapporte un communiqué du 5 décembre. Il repose sur deux familles de matières premières approuvés par l’Efsa : l’érythritol, obtenu par fermentation de fruits (raisins, pastèques, poires) ou de végétaux riches en sucres simples (maïs) à l’aide du micro-organisme Moniliella pollinis ; et des fibres solubles, principalement du polydextrose, issu de glucose végétal. « Grâce à notre process, nous avons trouvé le moyen pour que les cristaux issus de ces sucres fermentés ne cristallisent plus et s’insèrent dans les fibres. Résultat : on se retrouve avec un soluté haute concentration, qui, lorsqu’il est utilisé, procure une saveur sucrée qui dure dans le temps, avec des fibres qui permettent d’avoir un indice calorique et glycémique très bas », précise Alexandra Fregonese, présidente et fondatrice d’Innovi, à Agra innovation. Les capacités industrielles de l’entreprise sont en cours de déploiement, avec l’objectif d’atteindre 50 000 t en 2026, 400 000 t en 2028 et 1 Mt en 2030. « Ce sont des volumes comparables aux grandes filières des matières premières, avec une ambition claire : remplacer le sucre dans l’alimentation mondiale », affirme l’entreprise.

Affichage environnemental : Sodexo déploie le Green-score dans ses restaurants d’entreprises

Le groupe Sodexo a annoncé, dans un communiqué du 8 décembre, la généralisation de l’affichage du Green-score (anciennement Éco-score) dans ses restaurants d’entreprise en France. Cet indicateur environnemental, matérialisé par un logo en forme de feuille, attribue une note de A+ à F à chaque recette selon son impact écologiques. Ce score de référence s’appuie sur la base de données environnementales Agribalyse conçue par l’Ademe et l’Inrae, qui correspondent à l’analyse du cycle de vie (ACV) des produits alimentaires. Afin de prendre en compte certains effets sur l’environnement qui ne sont pas bien couverts par l’ACV (biodiversité p.ex.), ainsi que les spécificités de chaque produit au sein d’une même catégorie, le score de référence est modulé avec un système de bonus-malus. À titre d’exemple, « un malus est donné aux produits contenant des ingrédients ayant des effets négatifs importants sur la biodiversité et les écosystèmes, comme l'huile de palme dont la production est responsable d'une déforestation massive », souligne le projet Open Food Facts, l’un des acteurs ayant participé à développer le Green-score. « Cette initiative s’inscrit dans (…) un objectif clair : réduire l’empreinte carbone de 70 % de [nos] plats sous les 0,9 kg de CO₂e d’ici 2030 », souligne Sodexo.

Négociations commerciales : vers une hausse des prix contenue, selon Intermarché

Les différentes évolutions des coûts des matières premières devraient aboutir à une « hausse contenue » des prix, selon Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires (Intermarché). Dans la Tribune Dimanche du 7 décembre, il a évoqué notamment la baisse des prix « de certaines matières premières, comme le plastique ou le verre », ainsi que le recul du prix du blé, « d'où une baisse du prix de la farine et des pâtes ». Cette déclaration du p.-d.g. d’Intermarché n’est pas de bon augure pour les industriels et agriculteurs, alors que les négociations commerciales viennent de débuter le 1er décembre. Jean-François Loiseau, président de l’Ania (industriels), a tenu à rappeler le 2 décembre que « certaines matières premières agricoles sont encore à des prix très élevés (cacao, café) » et que « certains industriels travaillent avec des marges de 1 à 3 % de résultat net ». En 2025, à l’issue des négociations commerciales, les industriels de l'agroalimentaire avaient obtenu 1,5 % de hausse moyenne des prix, alors qu'ils demandaient une augmentation moyenne de 5,7 %. La signature d’une charte industriels-distributeurs le 30 novembre pourrait cependant améliorer le déroulement des négociations, sans présager de leur résultat en termes de hausse des tarifs.

Port de Dunkerque : Nord Céréales veut « équilibrer les activités import et export »

Après un exercice 2024-2025 acté comme « le plus difficile depuis 30 ans » et des volumes d’exportation réduits à 606 237 t (dont 61 % de blé), contre 2 Mt en moyenne les années précédentes, Nord Céréales (7,94 M€ de chiffre d’affaires, contre 15,1 M€ en 2023-2024) souhaite « continuer à diversifier ses activités pour atténuer les fluctuations des marchés historiques ». L’objectif à terme : « Équilibrer les deux activités export et import en développant la seconde », a expliqué Joël Ratel, le directeur général (désormais remplacé par Charles Descamps) lors de l’assemblée générale du 5 décembre. Le Silo 9 (30 000 t réparties en huit cellules de stockage), inauguré en septembre 2025, devrait permettre d’y arriver, ouvrant la voie « de la diversification durable », à commencer par « le développement de nouveaux marchés comme la production de pellets de bois, le séchage de maïs, mais aussi de nouvelles filières comme l’importation de tourteaux de tournesol ou de soja pour sécuriser l’approvisionnement des industriels de la région ». Pour l’exportation, le port de Dunkerque espèce reconquérir des marchés exigeants à l’image du Maroc ou de l’Égypte, tout en se positionnant sur l’Afrique de l’Ouest et l’Asie. (Anne Gilet)

Coopératives : malgré un recul de son chiffre d’affaires, Novagrain tient bon

La coopérative Novagrain tenait son assemblée générale, le 3 décembre à Connantre (Marne). La collecte 2024 est tombée à 152 055 t, contre 208 531 t pour l’exercice précédent (et 195 960 t en 2021-2022). La récolte 2025 est anticipée en rebond, à 201 580 t. Malgré un chiffre d'affaires en recul de 17 %, à 66,5 M€, la coopérative maintient une performance solide : l’EBE atteint 3,4 M€ et le résultat net 1,65 M€, en légère hausse. De bons résultats économiques qu’Isabelle Bottino, directrice générale depuis mars, explique par « une stratégie de différenciation mise en place par le conseil d'administration depuis plusieurs années ». « Nos commerciaux au sein de l’union Scara-Novagrain ont pu discuter avec nos partenaires pour intégrer les problèmes de volume et de qualité dès la fin de moisson. » Les résultats à l’équilibre s’expliquent aussi par « une maîtrise accrue de nos charges de fonctionnement et d'amortissement, et la reprise d’une provision constituée en 2022 à hauteur de 660 000 € », ajoute la directrice générale. L’exercice 2024-2025 a également été marqué par la création de trois groupes thématiques : un groupe dédié aux pratiques bas carbone (six adhérents), un club Agro proposant des formations agronomiques (six adhérents) et un groupe dédié à la baisse des charges(15 coopérateurs). (Elena Blum)

Coopératives : en 2024-2025, Lur Berri a surtout investi dans ses filières végétales

La coopérative basque Lur Berri, qui a tenu son assemblée générale le 28 novembre, a achevé son exercice 2024-2025 avec une progression modérée de son chiffre d’affaires de 3 %, à 507 M€ (1,342 Md€ pour le groupe, incluant Labeyrie Fine Foods). L’année passée a été marquée par de nombreux investissements dans ses filières végétales (31 % du chiffre d’affaires). La coopérative a ainsi démarré l’extension de son site de production d’engrais à Came, avec l’objectif de « doubler la capacité de production » à 80 000 t/an. Côté collecte de céréales, Lur Berri a lancé un plan d’investissement sur trois ans pour « trois principaux sites sécheurs », Came, Bonnut et Andoins (lequel a rouvert fin 2024 après 1,2 M€ de travaux). Le groupe a aussi modernisé son usine de semences d’Aïcirits, pour 2,6 M€ (tri, traitement, ensachage). Représentant deux tiers du CA, les filières animales (63 % du CA) poursuivent leur développement, avec notamment une « nouvelle production de volailles certifiées » (+26 % en « poulets du quotidien » en partenariat avec LDC, cible de 5 millions de volailles en 2027). L’activité bovins viande « poursuit sa montée en puissance », avec 69 000 têtes (pour un objectif de 80 000) et la filière porcine progresse de 10 % (à 153 700 têtes).

Agriculture régénérative : Maïsadour vise 1 200 ha en 2026 grâce à un prime et aux clients

En 2025, Maïsadour a fait cultiver 850 ha de maïs en agriculture régénérative et souhaite en faire cultiver 1 200 ha en 2026 grâce au versement d’une prime de 100 €/ha et à une plus-value commerciale restant à engendrer, a expliqué à Agra Presse Jean-Louis Zwick, directeur du pôle agricole. La coopérative en attendait 10 000 t pour 2025, dont une moitié de maïs de type waxy (recherché en amidonnerie) et l’autre moitié de maïs grain pour l’alimentation animale. Cependant, les mauvaises conditions ne lui ont permis de collecter qu’environ 8 000 t (autant en waxy qu’en variétés standard). Les agriculteurs estiment supporter un surcoût de 160 €/ha ; et le coût total, comprenant l’encadrement, reviendrait à quelque 200 €/ha, estime Jean-Louis Zwick. Afin de couvrir les surcoûts de l’agriculture régénérative et la prime versée aux agriculteurs, le groupe souhaite faire participer ses clients, amidonniers ou acheteurs de volailles ayant consommé pour partie du maïs issu d’agriculture régénérative. Cette participation pouvant passer par les prix de vente des volailles Fermiers du Sud-Ouest ou les foies gras Delpeyrat. La coopérative est aussi demandeuse de communication, d’aides de la Pac ou des collectivités françaises.

Emballages : une Pasta Box de Sodebo réemployable testée dans le nord

Dans un communiqué du 8 décembre, le spécialiste de l’emballage en plastique Knauf Industries indique avoir développé avec Sodebo un contenant micro-ondable pour une Pasta Box réemployable, actuellement testée dans une boucle de consigne dans le nord de la France. Il s’agit d’une coupe fabriquée en polypropylène recyclable, de couleur noire mais sans noir de carbone, ce colorant ne convenant pas aux filières de tri existantes. Il supporte plus de 20 cycles de réemploi (comprenant notamment passage au four au micro-ondes, lavage) tout en garantissant la sécurité alimentaire et la performance d’usage, selon le communiqué de Knauf. « Cette barquette a été pensée pour s’intégrer parfaitement aux lignes de production de Sodebo sans investissement supplémentaire », souligne l’industriel de l’emballage, la coupe étant fabriquée par « injection » dans l’usine Sodebo avant d’être remplie de pâtes cuisinées et operculée. L’expérimentation de consigne dans le nord de la France – « région où l’usage de la consigne est déjà ancré », est-il précisé – permettra de mesurer la faisabilité industrielle, la performance logistique et l’acceptabilité des consommateurs.

Fruits : l'espagnol Montosa acquiert un nouvel entrepôt logistique à Perpignan

Deux ans après la création d’une filiale française, portée par un marché de l’avocat et du guacamole en croissance continue, l’entreprise andalouse Montosa annonce étendre sa capacité opérationnelle logistique en France avec un nouvel entrepôt de 700 m2 (contre 300 m2 auparavant), qui a démarré ses activités en novembre. Situé dans le complexe logistique Medina 4 (Groupe Primever) dans la zone Saint-Charles à Perpignan, l’objectif est clair : renforcer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement de Montosa sur le marché français pour ses produits phares que sont l’avocat, la mangue, mais également le guacamole, dont la consommation ne cesse de progresser en Europe. Le nouvel entrepôt permettra d’ailleurs à Montosa de commencer à stocker en continu le guacamole frais en France. « L’objectif final est d’être plus proche de nos clients dans ce pays, avec un service personnalisé et les produits les plus frais », précise le directeur commercial Thierry Athimon. (Florence Rabut)

Vin : la coopérative dioise Jaillance élit Patrick Berthet comme président

La cave coopérative Jaillance, basée à Die (Drôme), vient d’élire Patrick Berthet comme président, a-t-elle annoncé le 8 décembre dans un communiqué de presse. Il succède à Olivier Rey, en poste depuis une dizaine d’années. Patrick Berthet cultive, avec son fils Mathieu, 23 ha de vignes entre Menglon, Châtillon-en-Diois et Recoubeau. Leader de la clairette de Die, Jaillance a dégagé 30,7 M€ de chiffre d’affaires en 2024.

Erratum à l'agenda de la semaine

Jeudi 11 décembre
Terres Inovia (oléopro) présente ses ambitions stratégiques pour les années 2025-2035