Porc/ restauration : Fleury Michon cède ses activités de plateaux de repas
Fleury Michon a annoncé le 7 novembre sa cession d’une activité de livraison de plateaux repas aux entreprises de la région parisienne, continuant ainsi de privilégier les marchés de la grande distribution et de la restauration à bord des avions. Le groupe charcutier a en effet signé un protocole de cession au profit de la société Kumo, spécialiste des produits ultra-frais destinés à la grande distribution et la restauration collective, selon le communiqué. Cette activité, relevant des filiales AMS (production) et Room Saveurs (commercialisation) comme le confirme le groupe, représente 2% du chiffre d’affaires du groupe, selon le communiqué. Ayant décidé depuis plusieurs années de se concentrer sur la GMS et le catering aérien, Fleury Michon avait acquis en 2019 le 2e acteur européen du catering aérien, le néerlandais Marfo Food, ainsi que 50% du capital de Frais Emincés (fraîche découpe). Et en 2024 le groupe s’est retiré du fabricant espagnol de plats cuisinés pour la restauration Platos Tradicionales. Au premier semestre 2024, l’activité GMS a reculé de 8,4% à 328,6 millions d’euros et l’activité internationale, essentiellement du catering aérien, a progressé de 18,1% à 47,5 millions d’euros, d’après le rapport financier.
Restauration territoriale : Paris Seine Nourricière va soutenir quatre filières prioritaires
Emmenées par la ville de Paris, les parties prenantes du projet Paris Seine Nourricière ont eu ce 7 novembre, un premier aperçu des actions nécessaires pour développer quatre filières agricoles classées comme prioritaires dans le bassin de la Seine : légumes, légumineuses, viande bovine et fruits. Hormis les besoins d’infrastructures et d’organisation de la demande, quelques enjeux agricoles sont identifiés, comme le développement des légumes AB de plein champ, l’introduction de légumineuses dans les assolements, le soutien l’élevage bovin et le financement de la diversification fruitière. Lauréat de l’appel à manifestation d'intérêt France 2030 Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires, le projet dispose de 745 000 euros pour piloter les études et de 10 millions d’euros pour réaliser les actions à compter de septembre 2025. En matière de commande publique, Paris, premier acheteur de France en produits biologiques pour 30 millions de repas, se présente en fer de lance. La capitale veut passer de 57% d’aliments durables (hors HVE) et de qualité à 100% en 2027, en maintenant 75% de bio, et attendre 50 % d’alimentation issue de filières situées dans un rayon de 250 kilomètres, à partir de 16% seulement aujourd’hui.
Volaille de chair : l'industriel Savel accueille Unexo et Unigrains à son capital
Le volailler Savel, acteur majeur sur les marchés des coquelets et découpes de pintade, annonce l’entrée à son capital d’Unexo Crédit Agricole et d’Unigrains (à parité). L’opération vise, selon Marc Léon, président de l’ETI familiale bretonne, à «accélérer le développement de son groupe à travers la croissance organique et externe ainsi que la diversification vers les produits élaborés», selon le communiqué diffusé ce 12 novembre. Cette extension de capital (dont le montant n’est pas précisé) succède à deux croissances externes permettant au groupe de se positionner sur la dinde avec l’acquisition en 2023 de La Toque Bretonne dans le Finistère, et sur le dindonneau avec l’acquisition en 2024 de Béziau en Vendée. Le tour de table comprend aussi un pool de banques régionales piloté par le Crédit Agricole du Finistère, département où est née l’entreprise en 1968. Savel fait produire 150 éleveurs du Grand-Ouest des coquelets, pintades, poulets jaunes rustiques et dindes. A la mi-2023, le fondateur Gabriel Léon a cédé l’entreprise à ses enfants Marc, Caroline et Julien. Éric Lefeuvre est resté en tant que directeur général de ce groupe de 470 salariés affichant plus de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Volailles: Maïsadour et Evotech déploient un robot chien pour rentrer des poulets plein air
Evotech Group a mis au point un «robot chien» autonome capable de rassembler les poulets élevés en plein air et de les faire rentrer dans le poulailler en fin de journée, ont appris nos confrères d'Agra Business (voir article complet). La start-up landaise prévoit de déployer ce robot en 2025 auprès des éleveurs de volailles adhérents de Maïsadour. «Chaque jour, un éleveur peut passer 1h30 à rassembler ses poulets, un travail qui doit être fait avant la tombée de la nuit afin de mettre les animaux à l’abri des prédateurs», souligne Laetitia Domange, directrice du développement du pôle agricole de la coopérative Maïsadour. Le robot chien est donc une solution que Maïsadour va proposer à ses 350 éleveurs de volailles de plein air. «Le coût du robot chien est encore à déterminer, mais notre objectif est qu’il coûte idéalement autour de 7 à 8000 euros», précise Antony Gavend. La maintenance viendrait en complément et pourrait être assurée par Élevage Service (filiale distribution de Maïsadour, NDLR) et Evotech Group (Cyril Bonnel)
Influenza aviaire : après les Etats-Unis, un cas humain présumé au Canada (presse)
Un cas humain d’infection de l'influenza aviaire H5 est suspecté pour la première fois au Canada, selon l’agence de presse Reuters. Il s’agit d’un adolescent de Colombie britannique, testé positif selon les déclarations de l’administration de la santé ce samedi. Le Canada enquête sur les expositions ayant pu causer la contamination. L’infection par un oiseau ou un autre animal est probable, lit-on sur FoodSafetyNews. Sur le réseau X, le ministre canadien de la Santé Mark Holland a assuré que le risque demeurait faible pour le public. Aux Etats-Unis voisins, 46 cas humains de grippe aviaire ont été recensés depuis avril 2024 : 25 personnes travaillant au contact de volailles, 20 au contact de vaches laitières, et 1 sans cause déterminée de contamination, précise FoodSafetyNews. Mais aucune transmission d’humain à humain n’a été constatée par le Center for disease control and Prevention, rapporte Reuters. Le Canada a compté 23 élevages avicoles atteints par l’influenza aviaire cette saison et aucun en élevage bovin. Les contaminations de bovins font suspecter des mutations d’un virus d’influenza.
Lait/Egalim: Intermarché presse les laiteries de signer avec les producteurs
Dans un communiqué du 12 novembre, Intermarché annonce, en cohérence avec les positions prises par le groupement Les Mousquetaires, que le distributeur ne négociera pas avec les industriels laitiers «tant que ceux-ci n’auront pas trouvé un premier niveau d’accord avec leurs producteurs et fournisseurs». «L’enseigne appelle les industriels à trouver un accord d’ici le 15 décembre prochain avec leurs fournisseurs afin de pouvoir débuter ensuite les négociations», indique Intermarché. À noter que la date butoir pour l’envoi des conditions générales de vente par l’industriel est fixée par la loi au 1er décembre. Intermarché appelle à «plus de transparence sur l’origine et le coût de la matière première agricole». L’initiative du distributeur a été saluée par la FNPL (producteurs de lait de vache, FNSEA), dans un communiqué du même jour. Les producteurs soulignent qu’Intermarché est la «première enseigne à prendre un tel engagement». «Il ne peut en être autrement lorsque l’on parle de construction du prix en marche avant: un accord avec les producteurs puis une négociation avec la grande distribution», poursuit la FNPL. Le syndicat est favorable à l’inscription d’une date butoir dans la loi pour les négociations «amont».
Lait de chèvre: les éleveurs demandent «des hausses» lors des négociations commerciales
La Fnec (producteurs de lait de chèvre, FNSEA) demande aux industriels «d’inscrire un prix du lait de chèvre à la hausse dans les conditions générales de vente qui seront envoyées (…) à la grande distribution» dans le cadre des négociations commerciales, indique un communiqué du 12 novembre. Le syndicat rappelle que «la loi Egalim 2 assure la prise en compte de la matière première agricole». Or, «tous les producteurs n’ont pas conclu leur négociation» avec leur laiterie, explique le directeur de la FNEC Raphaël Guyet à Agra Presse. «Nous avons eu le retour d’une entreprise qui a accepté une petite hausse», complète le directeur. «C’est aussi un signal pour les coopératives», précise-t-il. Les coop’ représentent une part importante de la collecte et ont la main sur le prix demandé dans les CGV. «Malgré les hausses ces dernières années, nous sommes encore au-dessous du prix de revient», déplore Raphaël Guyet. En 2023, le prix du lait de chèvre était «environ 25 euros/1000 litres en dessous du prix de revient». À cela s’ajoute la baisse de collecte (3% sur les huit premiers mois de l’année 2024) en lien notamment avec les «conditions climatiques défavorables à la production de fourrages», poursuit le communiqué. La fièvre catarrhale ovine (FCO) entraîne également des «baisses de rendement non négligeables» dans les exploitations caprines, ajoute Raphaël Guyet.
Cognac : les annonces chinoises sont « un signal positif » selon l'interprofession
Alors que la Chine a annoncé le 11 novembre la mise en place, à compter du 15 novembre, de mesures antidumping temporaires pour les importations de brandys de l’UE, l’interprofession du cognac (BNIC) y voit un signal positif. Le BNIC estime en effet que même si les droits restent dus par les importateurs, la possibilité qu’ils fassent dorénavant l’objet d’une garantie bancaire (et non plus seulement d’une caution), rend la situation «peut-être plus facile à gérer». «Nous mettons beaucoup d’espoir dans la poursuite de cette dynamique», indique l’interprofession alors que la ministre déléguée chargée du Commerce extérieur Sophie Primas était en visite diplomatique en Chine début novembre à ce sujet. De son côté, la Commission européenne souligne que la possibilité d'accepter des garanties bancaires a aussi été proposée aux importateurs chinois dans le cadre de l'affaire sur les véhicules électriques à batterie, intimement liée à ce différend. Toutefois, «l'UE réaffirme que l'enquête chinoise est infondée et demande instamment à Pékin d'y mettre fin immédiatement», indique Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international. Et d’ajouter que Bruxelles n’hésitera pas à saisir l’OMC le cas échéant.
Légumes 4e gamme: dossier d'AOP de maraîchers déposé, interprofession en réflexion
A l’occasion d’une conférence de presse le 12 novembre, le Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts l’emploi (SVFPE) a indiqué qu'ils réfléchissaient à la création d'une interprofession. «Un dossier de création d’une AOP des maraîchers fournisseurs de la 4e gamme a été déposé. A partir de là, nous pourrions travailler afin de bâtir une interprofession représentant l’ensemble de la filière. Cela participerait à une meilleure visibilité de celle-ci», a expliqué Pierre Méliet, président, à Agra. Aujourd’hui, 380 maraîchers (140 000 tonnes de produits préparés en 2023) approvisionnent les fabricants français (Florette, Crudettes, Frais Emincés, Rosée et Champs et encore dernièrement Bonduelle). Par ailleurs, le SVFPE s’est engagé dans l’élaboration d’une charte d’engagement en matière de responsabilité sociétale, attendue pour la mi-2025. Elle s’articulerait autour de trois grands thèmes : gestion durable de l’eau, emballages écoconçus et recyclables et maîtrise des produits phytosanitaires. Sur le plan des phytosanitaires, on reconnaît que le travail doit continuer: «Les usages sont divers selon les variétés, les périodes de culture. Il est nécessaire de travailler de concert sur des indicateurs fiables», opine Pierre Méliet, rappelant que 92% des fournisseurs sont certifiés Global Gap.
Pesticides: le flufénacet classé perturbateur endocrinien, des ONG demandent son interdiction
Alors que l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a estimé dans une évaluation du 27 septembre que l’herbicide flufénacet était un perturbateur endocrinien, l’ONG PAN Europe demande dans des lettres adressées à la Commission européenne et aux ministres de l’Environnement de l’UE d’en interdire l’usage. De plus, conclut l'Efsa, son utilisation conduit à une pollution des eaux au TFA (acide trifluoroacétique), un PFAS issu de sa dégradation dans l’environnement. En France, ces conclusions devraient obliger les autorités françaises à fixer un seuil de 0,1 microgramme par litre (µg/L) dans l’eau potable. «Les faits sont indéniables: le flufénacet présente des risques importants pour la santé humaine, la faune et l’eau potable. Nous exhortons la Commission européenne et les États membres à l’interdire dès maintenant, avant que des dommages supplémentaires ne soient causés», écrit-elle. Utilisé principalement sur céréales (blé, orge, seigle), le flufénacet est devenu un herbicide très utilisé. «Ses ventes ont doublé, voire triplé au cours des 10 dernières années dans plusieurs États membres, dont la France, l'Allemagne et la Belgique», souligne PAN Europe. Son autorisation court dans l’UE jusqu’au 15 juin 2025. Elle devait expirer initialement en 2013 mais, faute d’évaluation des risques complète, elle a été prolongée à titre dérogatoire à de nombreuses reprises - la dernière fois en 2023 pour 22 mois supplémentaires.
Céréales: «sous pression», le silo portuaire de Dunkerque veut se diversifier
Avec 2,07 Mt de céréales exportées en 2023/2024 (dont 1,6 Mt de blé), pour un chiffre d'affaires (CA) de 15,1 M€ et un résultat net de 1,45 M€, Joël Ratel, le directeur général, a évoqué, en conférence de presse le 12 novembre, «des résultats financiers sous pression» pour Nord Céréales, le silo portuaire de Dunkerque. «Ces chiffres, bien que solides, sont en retrait par rapport aux années précédentes, conséquence directe des difficultés climatiques et économiques de la campagne», a-t-il précisé. Mais le plus inquiétant reste à venir. Avec des exportations au ralenti depuis juillet 2024 (137 000 t seulement en quatre mois), la faute entre autres à une récolte céréalière française 2024 en retrait de près de 10 Mt et à une concurrence accrue de la mer Noire, Nord Céréales table, au mieux, sur un volume exportable de 1 Mt d’ici au 30 juin 2025, soit 60% de moins en un an. Nord Céréales mise donc sur la diversification de ses activités (séchage de maïs, importation de pellets...) pour préserver son résultat. De nouvelles activités devraient être annoncées prochainement. Objectif: atteindre 50% du CA d’ici 5 à 10 ans, contre 20% aujourd’hui. «Un virage nécessaire pour être moins vulnérable», confie-t-il. En attendant, le groupe va, en avril 2025, mettre en service le Silo 9, son nouvel outil de stockage (30 000 t réparties en 8 cellules), pour un montant de 23 M€. (Anne Gilet)
Tournesol/pluies: première révision légère des prévisions de production nationale (ministère)
En raison des fortes pluies automnales et des conditions humides qui ont empêché certaines parcelles d'être moissonnées, la production française de tournesol est revue «légèrement à la baisse», à 1,7 million de tonnes (contre 1,8 Mt) il y a un mois, indique le ministère de l'Agriculture dans une note parue le 12 novembre. Et de préciser que le rendement moyen attendu (22,3 q/ha) est «susceptible d'être encore révisé». D’après plusieurs opérateurs contactés par La Dépêche – Le petit meunier, la récolte pourrait descendre jusqu'à 1,5 Mt. Pour l'heure, la production est attendue en retrait de 2,5% par rapport à la moyenne 2019-2023, et en fort recul (-18%) par rapport à la très bonne récolte de 2023. De leur côté, les prévisions de production de maïs bougent très peu, malgré la récolte qui a également été retardée par les conditions humides. La production de maïs grain reste estimée à 14,3 Mt, supérieure de 10% à la moyenne 2019-2023, notamment grâce à une forte progression des surfaces (+300 000 ha). Quant au maïs fourrage, le rendement termine autour de 128 q/ha, contre 138 q/ha l'an passé, avec des surfaces stables. La production est supérieure de 1,3% à la moyenne quinquennale.
Betterave/pluies: une récolte moins riche en sucre qu'attendu (ministère)
Malgré de bons rendements annoncés en tonnes de betteraves, les pluies automnales auront aussi gâché la fête chez les betteraviers cette année en pesant sur la teneur en sucre. «De fortes incertitudes persistent sur le rendement final de la campagne en raison d'une teneur en sucre dans les premiers prélèvements moins riche qu'attendu», indique le ministère de l'Agriculture dans sa dernière note de conjoncture parue le 12 novembre. En tonnes de betterave, les rendements attendus restent bons à 8,2 tonnes par hectare, contre 8,3 annoncés il y a un mois - c'était également le rendement atteint l'an passé. La production devrait atteindre 33,7 Mt cette année, en progression de 6,4% par rapport à l'an passé, grâce à une légère progression des surfaces (+31000 hectares). Après des semis tardifs et un printemps/été à la pluviométrie particulièrement abondante, les chaleurs du mois d’août avaient soutenu la croissance des betteraves. De nouveau privés de néonicotinoïdes, les betteraviers avaient par ailleurs subi un effet «modéré» de la jaunisse «au niveau national, à l’exception de quelques zones fortement touchées en Eure-et-Loir», constatait Cristal Union il y a quelques semaines. Côté prix, ils restent soutenus.
Espagne/inondations : 200 M€ d’aide directe débloqués pour l’agriculture
Le gouvernement espagnol a annoncé, le 11 novembre, une série de mesures concernant l’agriculture à la suite des violentes tempêtes et inondations qui ont récemment touché le pays, peut-on lire sur le site de Fepex (exportateurs fruits et légumes espagnols). La première est une aide directe d'un montant de 200 millions d'euros pour les agriculteurs et les éleveurs qui ont subi une perte de production de plus de 40%. Soumise au régime de minimis, le montant de l'aide sera équivalent à 30% de leur revenu agricole moyen et ne dépassera pas la limite de 25 000 euros par bénéficiaire. Par ailleurs, un budget de 170 millions d'euros, géré par le ministère de l’agriculture espagnol, est aussi débloqué pour le déblayage des débris sur les terrains agricoles, le nettoyage des voies d'accès rurales, la reconstruction des infrastructures d'irrigation et l'approvisionnement en électricité. Enfin, le ministère consacrera 4,5 millions d'euros pour garantir l'approvisionnement alimentaire des citoyens des communes concernées via le réseau public des marchés de gros. Ces mesures concernent 112 communes sinistrés dans la province de Valence, d’Almeria et à Albacete, Cuenca et Málaga. Le ministère espagnol de l’agriculture estime à 49.000 le nombre d’agriculteurs concernés producteurs et à 70 000 hectares les surfaces touchés par les tempêtes et inondations.
Châtaigne : plan de soutien «en cours de finalisation», avec quatre grandes pistes
Le plan d’actions national destiné à répondre au déclin de la production de châtaignes est «en cours de finalisation», a annoncé Christian Lannou, directeur de recherche dans un entretien accordé à l’Inrae le 8 octobre. Et de préciser: «nous avons bien avancé, mais il reste à obtenir l’aval du ministère et le déblocage des crédits». Pour rappel, le ministère de l’Agriculture a signé une convention avec le Syndicat national des producteurs de châtaignes en février 2024, alors que la filière castanéicole est fragilisée «par les effets du dérèglement climatiques» et les «enjeux phytosanitaires». Quatre grandes lignes ressortent du plan d’action qui en découle, avec d’abord la recherche de méthodes innovantes de protection face aux maladies et parasites du châtaigniers (chancre du châtaignier, encre du châtaignier, cynips…). Par ailleurs, il s’agit de produire des plants résistants et en bon état sanitaire, mais également d’améliorer les pratiques post-récolte pour éviter le pourrissement (tri, conditionnement…). Enfin, il s’agit de travailler à l’élaboration de nouvelles pratiques culturales, telles que des techniques d’élagage, de compostage, ou encore de paillage pour lutter contre la sécheresse. «Nous espérons que les premiers projets seront mis en œuvre en début d’année prochaine… Dès que le ministère aura validé», souligne M. Lannou.
Huile d’olive : fort rebond de l’offre mondiale, sans prévision de décrue des prix (USDA)
Après deux années consécutives de baisse, la production mondiale d’huile d’olive devrait retrouver des couleurs en 2024/2025, indique le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans un rapport publié le 8 novembre. Elle est attendue à 3,1 millions de tonnes (Mt) ; soit une hausse de 27 % par rapport à l’année dernière et une prévision légèrement inférieure à celle formulée par le Conseil oléicole international (3,35Mt). Selon l’USDA, l’Union européenne (UE) devrait produire 2 Mt de tonnes en 2024/2025 contre 1,5 Mt un an plus tôt. Rien qu’en Espagne, qui contribue à hauteur des deux tiers à l’offre européenne, la production pourrait revenir à des niveaux moyens, atteignant près de 1,3 Mt contre environ 765 000 tonnes en 2023/2024. En revanche, la production italienne d’huile d’olive devrait se maintenir à 200 000 tonnes, en baisse par rapport à la campagne précédente. Une diminution due aux effets du cycle naturel d’alternance de production des oliviers, de la sécheresse et des vagues de chaleur dans le sud de l’Italie, selon le rapport. Toujours au niveau du pourtour méditerranéen, la Tunisie anticipe une offre de 340 000 tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 70 %. Malgré cette amélioration de l’offre, l’USDA ne prévoit pas de décrue des prix, en raison de stocks de début de campagne faibles.
HVE: nouvelles certifications toujours au ralenti, les mises à jour en version 4 s'accélèrent
Le nombre d'exploitations certifiées Haute valeur environnementale (HVE) a continué d'augmenter au premier semestre 2024, mais à un rythme toujours ralenti depuis le 1er janvier 2023, date de mise en œuvre de la version 4 du référentiel, rapporte le ministère de l'Agriculture sur son site internet. Quelque 39 772 exploitations étaient HVE au 1er juillet, soit 1421 de plus qu'au 1er janvier. Toutefois, dans le détail, le ministère relève que la hausse du nombre d'exploitations ayant été certifiées sur la base de la dernière version du référentiel s'accélère; au 1er juillet 2024, 20 798 exploitations sont certifiées selon la 4e version, soit 11 770 certifications de plus qu’au 1er janvier 2024. Duran le semestre précédent, 6582 exploitations avaient été certifiées. Cette mise à jour ne semble pas affecter de production en particulier: «La répartition par filière des exploitations certifiées selon la version 4 du référentiel HVE se rapproche de la répartition pour l’ensemble des exploitations certifiées HVE au 1er juillet 2024», note le ministère. La dernière réforme du référentiel HVE avait abouti à la suppression de la voie B (intrants/chiffre d'affaires).
Nutri-score : Carrefour l’affichera sur les produits de ses fournisseurs, sauf « opposition formelle »
Le géant de la grande distribution Carrefour a averti ses plus de 550 fournisseurs qu’il allait publier en ligne la notation nutritionnelle, le nutri-score, sur leurs produits, dans un courrier révélé par le Parisien le 12 novembre. Il le publiera «sauf opposition formelle» de la part des fournisseurs, à compter du 1er mars 2025, pour respecter un délai de trois mois selon le distributeur. À noter que cette opposition formelle sera «notifiée» aux clients. Alexandre Bompard, p-d.g. du groupe, dit dans ce courrier vouloir «aller plus loin encore sur l’information donnée sur le profil nutritionnel des produits vendus, afin de leur permettre d’orienter leurs choix de consommation vers une alimentation plus saine et plus durable». Cette annonce du numéro 2 de la distribution en France intervient alors qu’approche la période où la grande distribution négocie les conditions de vente de la production de ses fournisseurs agro-industriels pour l’année suivante. Une période traditionnellement tendue, et qui s'achève en règle générale le 1er mars. Le porte-parole du leader du secteur E. Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, affiche régulièrement son soutien à cet affichage développé par des spécialistes en nutrition et classant les produits de A à E en fonction de leur qualité nutritionnelle, au nom d’une meilleure information des consommateurs.
Consommation : «la prudence reste de mise» sur les neuf premiers mois de 2024 (FCD)
La FCD (grande distribution) constate, dans sa note de conjoncture de novembre 2024, une consommation alimentaire à domicile (hors tabac) en recul de 1,1% en volume sur les neuf premiers mois de l’année après une baisse de 3,2% en 2023. Le recul est particulièrement accentué pour la viande de boucherie (-4,5% en volume sur 9 mois en 2024) alors que la demande en produits laitiers progressé de 1,3% en volume en commerce alimentaire de détail du début de l’année à début octobre. «La prudence reste de mise», estime-t-elle, constatant que les prix à la consommation alimentaires n’ont progressé que de 1,6% au cours des dix premiers mois de l’année, après « un boom » de 11,8% en 2023. Des prix qui se sont aussi tassé à l’échelle de la zone euro : les prix européens ont augmenté de 2,4% au cours des 9 premiers mois de l’année 2024 après un bond de 12% en moyenne annuelle en 2023.