Agra Business | Louis Dreyfus/Bunge, Coca-Cola, Leclerc et Nestlé

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Négoce/oléagineux : Louis Dreyfus rachète à Bunge des usines en Pologne et Hongrie

Le géant néerlandais de l’agroalimentaire Louis Dreyfus Company (LDC) a annoncé le 1er septembre avoir racheté plusieurs usines polonaises et hongroises de son concurrent Bunge, dont celui-ci a dû se délester après avoir racheté Viterra. En Hongrie, les sites concernés comprennent « l’une des grandes usines de trituration de tournesol d’Europe », située à Foktő et traitant également du colza et du soja, selon le communiqué de LDC. Les autres actifs hongrois de Bunge sont des plateformes de stockage et de logistique, ainsi qu’une « équipe indépendante spécialisée dans le négoce et la collecte de céréales et d'oléagineux » basée à Budapest. En Pologne, LDC reprend le site de trituration et de raffinage de Bodaczów (colza, tournesol et soja), qui représente « environ 15 % du volume total de colza trituré en Pologne », quatre sites logistiques (Kętrzyn, Szamotuły, Trawniki et Werbkowice) et une équipe de négoce/collecte située à Gdansk. Cette opération est la conséquence du rachat du canadien Viterra par Bunge, une transaction autorisée en août 2024 par la Commission européenne à condition que ce dernier cède les sites hongrois et polonais du premier.

Phytos : en consultation, le projet de décret CEPP recentré sur les distributeurs

Le projet de décret sur l’application du dispositif des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP) pour 2026-2027 est ouvert à la consultation publique jusqu’au 18 septembre. Le texte reconduit les modalités actuelles pour un an de plus, sauf pour les agriculteurs achetant des produits phytopharmaceutiques à l’étranger, car « ils ne sont plus des obligés du dispositif », explique le ministère de l’Agriculture sur la page de présentation de la consultation. Cette modification est prise « en cohérence » avec la loi Duplomb du 11 août, qui met fin à la séparation entre vente et conseil des pesticides. En effet, cette loi « recentre » le dispositif des CEPP sur les distributeurs de produits phytopharmaceutiques à usage agricole. Ces derniers doivent remplir un objectif d’actions à réaliser pour réduire l’utilisation, les risques et impacts des phytos, calculé en fonction de leur référence des ventes.

Restauration : Coca-Cola songe à se séparer de la chaine britannique Costa Coffee (presse)

Selon les informations de Reuters, le géant des boissons Coca-Cola chercherait, avec l'appui de la banque d'affaires Lazard, à se séparer de la chaine de cafés britannique Costa Coffee. Le groupe, qui n'a pas répondu aux sollicitations de Reuters, aurait entamé des discussions avec quelques entreprises, dont des fonds d'investissement, rapporte Sky News. Selon le média belge spécialisé, Retail Detail, le fonds américain Apollo Global Management, qui détient les restaurants Wagamama, serait sur les rangs. Coca-Cola avait fait l'acquisition de Costa Coffee en 2018 pour 5 Md$, ce qui était alors la plus grosse acquisition de son histoire. Tout comme par son accord avec la chaine Illy dix ans plus tôt, Coca répondait ainsi à l'accord de distribution réalisé entre Pepsi et la chaine leader des cafés dans le monde, Starbucks. Cette rumeur de vente intervient dans un contexte de prix record sur le marché du café. Premier producteur mondial, le Brésil a été touché par d’importantes sécheresses ces derniers mois. Les cours avaient atteint des sommets en février, lorsque la livre d’arabica était monté jusqu’à 4,3 $ (contre 1,6 $ en 2023) et la tonne de robusta à 5 849 $ (contre 1 300 en 2020).

Œufs : un distributeur Leclerc a rappelé des plateaux d’œufs d’Ukraine pour non-conformité

Citadis, distributeur E.Leclerc dans la métropole de Rouen, a publié le 29 août sur le site gouvernemental Rappel Conso un avis de rappel de plateaux de 30 œufs frais au motif qu’ils sont « non conformes aux normes CE en vigueur ». Selon la CFA (aviculteurs, FNSEA), il s’agit bien d’œufs importés d’Ukraine qui « ne répondent pas aux normes européennes en matière sanitaire, de bien-être animal, environnementale et sociale », selon un communiqué commun publié le même jour avec l’UGPVB (groupements d’éleveurs du Grand-Ouest). Un jour après le CNPO (interprofession des œufs) soulignant que ces produits « pouvaient contenir » des antibiotiques interdits, la CFA et la section Œufs de l’UGPVB demandent que l’État ordonne leur retrait des magasins « en attendant d’avoir la certitude qu’ils ne soient pas contaminés par des substances interdites en France et en Europe ». De son côté la ministre Annie Genevard a signalé dans un message à la presse qu’elle demandait « une vigilance accrue en matière de contrôles sanitaires sur notre territoire » et qu’elle portait « dès à présent » auprès de la Commission européenne le renforcement des contrôles au niveau européen.

Œufs : Hendrix Genetics investit aux Pays-Bas dans la pondeuse en élevage alternatif

Dans un communiqué du 18 août, la société de sélection Hendrix Genetics annonce son investissement dans une nouvelle unité expérimentale aux Pays-Bas où seront notamment suivis les systèmes de prise alimentaire individuelle. Il s’agit de tester l’efficacité alimentaire sur les lignées pures du sélectionneur, « une composante essentielle d’une production d’œufs durable et compétitive », selon Pelayo Casanovas, directeur Ponte et volaille de chair traditionnelle, cité dans le communiqué. Ce site « équipé d’un couvoir moderne et d’une installation complète de bâtiments d’élevage et de production » servira à développer des solutions génétiques adaptées à tous types de logements de poules et volailles de chair, est-il précisé. Le propriétaire des marques Dekalb, ISA ou encore Sasso en attend des gains de compétitivité et de bien-être animal pour les filières avicoles à travers le monde.

Maraîchage : Cultive lève 1,8 M€ pour déployer son réseau de campus-fermes

Cultive, société de formation et conseil en maraîchage bio-intensif, a annoncé le 28 août une levée de fonds de 1,8 M€ pour développer la formation, l’installation et l’accompagnement des maraîchers sur petites surfaces (1 à 5 ha). Elle avait déjà levé 500 000 € fin 2023. Les fonds participeront notamment à finaliser et renforcer le premier campus-ferme pilote de Vendée, en activité depuis octobre 2024, qui permettra d’accueillir les nouvelles promotions d’apprenants dès 2026. Lancée en janvier 2025, une première promotion rassemble quatre porteurs de projet. « Cette levée constitue une étape fondatrice pour déployer les premières briques d’une dynamique nationale », explique Cultive. La société entend créer un réseau national de huit campus d’ici 2035 dans les principales métropoles françaises. Cultive s’est donnée l’objectif à dix ans de « former 700 apprenants, installer 470 fermes et en pérenniser 450 à cinq ans ». La levée de fonds est soutenue par Citizen Capital (via le fonds Agri Impact), la Banque des territoires, Impact Business Angel et des citoyens investisseurs (via Lita.co). « À terme, d’autres soutiens seront nécessaires pour accompagner le développement de ce réseau de fermes et répondre à l’ampleur des défis agricoles à venir », souligne lucidement la société à mission.

Fruits et légumes : les stations des endiviers et des producteurs corses rejoignent l’Irfel

Second réseau d'expérimentation français en fruits et légumes avec le CTIFL, l’Irfel (association française des stations d’expérimentation en fruits et légumes) annonce l’arrivée de deux nouveaux membres, dans un communiqué de presse du 1er septembre. Il s’agit des endiviers de l’Apef et de l'association de recherche et d’expérimentation sur fruits et légumes en Corse (Areflec). La première est active dans la recherche de solutions alternatives à certains produits phytosanitaires pour la production d'endives (elle avait ainsi mené une étude d’impact sur la production d’endives sans le Bonalan fin 2024). De son côté, l’Areflec travaille sur plusieurs productions : agrumes (clémentine, pomelo, orange, citron, lime, etc.), olivier, kiwi, pêche. Elle réalise également de la production d’insectes auxiliaires et de la production de matériel végétal certifié. Les 18 stations de l’Irfel travaillent sur plus de 60 espèces de fruits et légumes et regroupent environ 115 ingénieurs agronomes et 60 techniciens, avec plus de 7 000 producteurs adhérents en direct (via leur OP ou leur AOP) sur tout le territoire français. En 2024, l’association avait accueilli la station expérimentale d’Auray, dans le Morbihan.

Horticulture : Valhor renforce la sensibilisation sur les plantes exotiques envahissantes

Dans un communiqué le 2 septembre, l’interprofession horticole Valhor annonce renforcer son dispositif de sensibilisation concernant les plantes exotiques envahissantes. Cela fait suite à un règlement d’exécution de l’Union européenne entré en application début août et ajoutant huit espèces à la liste des plantes exotiques envahissantes : Renouée du Japon, Renouée de Bohême, Renouée de Sakhaline, Zostère japonaise, Acacia argenté, Mûrier à papier, Séneçon grimpant, Crassule de Helms. Si l’interprofession a été pionnière en développant, dès 2015, un code de conduite pour les professionnels, elle va développer le volet sensibilisation. « L’objectif est de créer un parcours de sensibilisation à destination des professionnels », est-il expliqué. Le dispositif est composé d’un guide des plantes exotiques envahissantes réglementées (rappel concis de toutes les informations essentielles à connaître et des fiches plantes) et des modules d'apprentissage en ligne. Valhor rappelle que l’herbe de la Pampa reste pour l’instant la seule plante exotique réglementée uniquement au niveau français de Niveau 2.

Alimentation ultra-transformée : la santé des hommes affectée en trois semaines (étude)

Une alimentation ultra-transformée a des effets délétères notamment sur la fertilité et la santé cardio-métabolique des hommes, et ce quelle que soit la quantité de calories ingérées, conclut une étude publiée le 28 août dans la revue américaine Cell Metabolism et coordonnée par Romain Barrès, chercheur à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Sophia Antipolis (CNRS - UCA) en France. Pour cette étude, quarante-trois hommes de 20 à 35 ans, en bonne santé, divisés en deux groupes, ont suivi pendant trois semaines deux régimes successifs, avec une pause de trois mois entre les deux : l’un riche en aliments ultra-transformés et l’autre reposant sur des produits peu ou non transformés. À noter que chaque groupe a été divisé en deux sous-groupes, recevant soit un apport calorique adéquat, soit un apport excédentaire. Dans ses résultats, l’étude établit notamment un effet délétère du régime ultra-transformé sur la fertilité : chute de l’hormone stimulant la production de spermatozoïdes (FSH) et de la testostérone chez la plupart des participants, baisse du nombre de spermatozoïdes mobiles. En outre, « la consommation d'aliments ultra-transformés par rapport à celle d'aliments non transformés a entraîné une prise de poids (..) dans les groupes ayant un apport calorique adéquat et excessif », principalement en masse graisseuse.

Nestlé licencie son d.g. pour cause de relation amoureuse non déclarée « avec une subordonnée »

Le géant suisse de l'agro-alimentaire Nestlé a annoncé le 1er septembre le licenciement avec effet immédiat de son directeur général Laurent Freixe, pour cause de « relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe ». « C'était une décision nécessaire. Les valeurs de Nestlé et une bonne gouvernance constituent les fondations solides de notre entreprise. Je remercie Laurent pour ses années de service », a déclaré dans un communiqué le président du conseil d'administration Paul Bulcke. Le français Laurent Freixe avait été nommé directeur général en septembre 2024 de ce groupe propriétaire de plus de 2 000 marques. La société a précisé que le licenciement de son dirigeant faisait suite à une enquête ayant mis en lumière cette « relation amoureuse non déclarée », qui constitue « une infraction au code de bonne conduite professionnelle de Nestlé ». Dans ce même communiqué, M. Bulcke annonce le remplacement du dirigeant français par Philipp Navratil, ancien patron de Nespresso, qui avait rejoint la direction générale du groupe en janvier 2025. Fin juillet, le géant suisse avait maintenu ses prévisions pour 2025 malgré les incertitudes macroéconomiques, entre l'environnement déflationniste en Chine qui a freiné ses ventes au premier semestre et un climat de consommation fragile sur le continent américain.

Engrais : Delphine Guey a quitté Yara pour devenir directrice d'Axema

Delphine Guey devient à partir du 2 septembre la nouvelle directrice générale d'Axema, annonce le syndicat des industriels de l'agroéquipement dans un communiqué le 1er septembre. Elle succède à Laurent de Buyer, qui « quittera ses fonctions début 2026 après quatre années d'exercice ». Delphine Guey quitte donc son poste de directrice des affaires publiques de la branche française du fabricant d'engrais Yara, qu’elle a occupé durant quatre ans. Pour rappel, elle était à la tête de l’Unifa (syndicat des fabricants de fertilisants français) lors des trois dernières années, mandat qui s’est achevé en juin. Elle a été remplacée à la tête de l'Unifa par Jacques Fourmanoir. Delphine Guey avait également occupé des postes au sein de Phyteis (représentant les producteurs de produits phytopharmaceutiques) et de Semae (interprofession des semences).

Négoce : Stéphanie Ayrault nommée directrice de Négoce Expansion

Stéphanie Ayrault a pris le 2 juin ses fonctions de directrice de Négoce Expansion. Ce réseau axé sur les progrès et la prospective rassemble 42 négoces. Ingénieure agronome de formation et spécialisée en distribution agricole, environnement et réglementation, Stéphanie Ayrault a été pendant plus de vingt ans rédactrice en chef de divers médias agricoles, et directrice de la rédaction de Terre Ecos. Elle succède à Yann Lamy, parti en août 2024 chez Ombrea, une filiale de TotalEnergies. Étienne Armbruster, dirigeant du négoce éponyme, est depuis juin 2024 président de Négoce Expansion. (Elena Blum)