Agra Business | Micropep/Corteva, TotalEnergies/Avril, NatUp, Exelience, Pomona

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Biocontrôle : le français Micropep et le géant Corteva s’unissent sur la R&D

Micropep Technologies, spécialiste des micropeptides et l’américain Corteva ont annoncé le 17 juin 2025 un partenariat de R&D visant à co-développer une nouvelle génération de solutions de biocontrôle fondées sur les peptides. « Ce Joint Research Agreement (JRA) ou Accord de recherche conjoint, est un accord stratégique gagnant-gagnant, explique Mikael Courbot, CTO de Micropep à Agra Innovation. Corteva a accès à une de nos collections de micropeptides antifongiques ainsi qu’à l’expertise scientifique unique développée par Micropep au cours des 6 dernières années. De leur côté, ils nous apportent leur force de frappe humaine et financière en termes de recherche et développement, pour accélérer les mises sur le marché de nouveaux produits. Réussir à attirer ce genre de client est aussi une reconnaissance industrielle majeure de notre plateforme Krisalix ». Micropep entend poursuivre de type de partenariat gagnant-gagnant sur d’autres technologies ou sur d’autres indications avec de nombreux partenaires industriels. Pour mémoire, Corteva est entré au capital de Micropep, lors du closing de sa dernière levée de fonds il y a près d’un an (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).

Biosolutions: en Argentine, biocontrôle et biostimulants dans un champ sur deux

En Argentine, le marché des biosolutions (biocontrôle, biostimulants) « a grossi de 10,9% en 2024 avec un chiffre d’affaires rapporté de 124,2 millions de dollars, a déclaré Luis Mogni, du cabinet de conseil Somera, lors d'un congrès inédit dédié à ces produits, le 12 juin. Cela représente environ 4% du marché argentin des phytos ». En France, le biocontrôle pèse 12% du marché des phytos. Dans le détail, les bio-solutions ont représenté l’an dernier « 51,2% du marché argentin des traitements de semences ; 10,06% des fertilisants ; 6% des phéromones ; et 4% des insecticides », a précisé Luis Mogni. Ce dernier segment serait particulièrement porteur avec des ventes de bio-insecticides ayant doublé (+ 109%) l’an dernier par rapport à 2023. En Argentine, les biosolutions seraient appliquées sur 18,66 millions d’hectares, soit la moitié des surfaces semées dans le pays, selon une étude du cabinet Somera réalisée auprès de 26 fabricants de bio-intrants. Le produit phare est le biostimulant microbien pour semences de soja, constitué de bactéries fixatrices d’azote. Les créneaux des bio-insecticides et des engrais bio y présentent les plus forts taux de croissance. «Si les bio-herbicides sont encore à la traine, ils ont aussi le plus grand potentiel », rapporte Luis Mogni. (Marc-Henry André)

Biocarburants : accord TotalEnergies/Avril pour développer une filière de cultures intermédiaires

Dans un communiqué du 18 juin, l’énergéticien TotalEnergies et le groupe Avril ont annoncé un accord pour étudier le développement d’une filière française de cultures intermédiaires destinées à la production de carburants aériens durables (CAD). « TotalEnergies et Avril évalueront donc l’ensemble la chaîne de valeur, depuis la sélection des variétés végétales jusqu’à la production de biocarburants », explique le communiqué. Le leader français des huiles et protéines végétales se chargera de livrer à l’énergéticien les matières premières issues des intercultures. Ce dernier les transformera en carburant aérien durable dans ses bioraffineries françaises et « par coprocessing dans ses raffineries françaises et européennes ». Aucun objectif chiffré n’a pour le moment été divulgué. Pour rappel, Saipol, filiale industrielle (trituration de graines oléagineuses) du groupe Avril, avait annoncé dans nos colonnes un objectif de transformer 10 000 t de cameline (interculture) dès 2025 en mai dernier. En 2024, 2 000 avaient été triturées par l’opérateur.

Biocarburants aériens : TotalEnergies sécurise 1 Mt d'huiles usagées (presse)

Dans un article paru le 18 juin chez nos confrères des Echos (article payant), l'énergéticien français TotalEnergies a signé en marge du salon du Bourget un contrat avec le belge Quatra pour l'approvisionnement de 60 000 t d'huiles usagées par an à partir de 2026, et pour une durée de 15 ans, soit 1 Mt environ. Quatra se charge de collecter les huiles auprès des industriels et des restaurateurs, pour les livrer à TotalEnergies, qui se chargera de produire des biocarburants pour l'aviation (carburant aérien durable-CAD), via ses bioraffineries de La Mède (Bouches-du-Rhône) et Grandpuits (Seine-et-Marne). Le groupe français a investi sur ses deux usines respectivement 400 M€ et 600 M€ afin de pouvoir traiter de la biomasse, mais aussi pour développer d’autres installations, comme une unité de recyclage de plastique. Grâce à cette opération, l’énergéticien français se dit prêt à répondre à la demande de l’aviation en CAD à l’horizon 2030. Il prévoit par exemple de produire 500 000 t de biokérosène dès 2028. Pour rappel, Global Bioenergies, producteur français de CAD biosourcé, recherche des repreneurs.

Lait : Sodiaal a maintenu le prix du lait à 492€/1000 L en 2024

La coopérative Sodiaal a annoncé le 18 juin avoir « maintenu un prix moyen du lait attractif de 492 €/1000 L (toutes primes confondues, incluant une redistribution et les intérêts des parts sociales de 14,8 €/1000L soient 63 M€) » en 2024, à l’occasion de son assemblée générale et de la présentation de ses résultats annuels. Pour le lait bio, le prix moyen payé a été de 530 €/1000L. En 2025, la coopérative se fixe un objectif de l’ordre de 470€/1 000L (soit plus +30€) en prix de base pour le conventionnel et de 520€ /1 000L pour le lait bio. En 2024, Sodiaal a réalisé un chiffre d’affaires de 5,7 Md€, un résultat courant stable à 80,5 M€ et un résultat net en progression de 68% atteignant 103,9 M€. L’EBITDA s’élève quant à lui à 218,4 M€. A cette occasion, Sodiaal a tenu à rappeler son opposition à la dévalorisation des prix des produits en grande distribution. « La guerre des prix menée entre MDD et premiers prix sur le lait UHT et l’emmental menace directement la viabilité de notre filière laitière », a déclaré Antoine Collette, directeur général de Sodiaal. De même, la coopérative dénonce « la vente inacceptable d’une brique de lait à moins d'1€ ». Sur ce point, la coopérative partage l’avis de Syndilait (industriels du lait conditionné) et l’IPLC (Institut professionnel du lait de consommation) mais aussi les producteurs regroupés au sein de la FNPL.

Engrais/cadmium : «aucun souci» en cas de durcissement de la réglementation (fabricants)

Les représentants de l'Unifa (syndicat français représentant les industriels des fertilisants) ont indiqué que ses adhérents s’adapteraient à un éventuel durcissement de la réglementation au sujet du taux de cadmium contenu dans les engrais phosphatés, lors de l'assemblée générale de l'organisation le 18 juin à Paris. « Les industriels continueront à respecter la réglementation (…) Ca ne poserait aucun souci, on ne manquera de rien », s'est exprimé le nouveau président Jacques Fourmanoir. Ce dernier rappelle que la réglementation européenne impose un taux maximal de cadmium de 60 milligrammes par kilogramme (mg/kg) d'engrais phosphaté depuis juillet 2022. Par ailleurs, l'Anses, qui publiera une étude fin 2025 visant à évaluer l’exposition humaine au cadmium, afin de définir des leviers d’action, recommande d'abaisser le taux à 20 mg/kg. Jacques Fourmanoir espère que l'Anses, qui a audité l’Unifa sur le sujet cette année, reconnaîtra les efforts de l'industrie, « qui a divisé par quatre l'usage de phosphore d'origine minérale lors des 40 dernières années ». 

Elevage : NatUp réorganise sa filière négoce dédiée aux bovins et crée Bovalor

Pour accompagner les évolutions de la filière bovine, renforcer la valorisation des animaux et garantir le revenu des éleveurs, NatUp fait évoluer l’organisation de ses négoces dédiés à cette activité. Ainsi, Prénor et Brunel Négoce fusionnent pour donner naissance à une nouvelle structure, Bovalor, détenue à parts égales entre NatUp et Socopa-Bigard. Bovalor, c’est 70 000 animaux valorisés, 1200 éleveurs et un chiffre d’affaires de 215 M€. L’objectif : « optimiser les charges, consolider les volumes, participer à des filières solides » et « proposer un outil logistique et commercial renforcé », explique Olivier Leroux, président de la section bovine de NatUp dans un communiqué du 18 juin. La direction de Bovalor sera assurée par Sébastien Grancher, jusque-là directeur adjoint achats chez Bigard. Cette nouvelle organisation s’accompagne de la création de trois régions commerciales pour « faciliter les échanges, renforcer les collectes et développer les débouchés ». La section bovine du groupe conserve quant à elle son rôle dans l’organisation des producteurs et garantir ainsi la proximité terrain. Ce projet s’inscrit dans la volonté de NatUp de renforcer et développer la contractualisation via des filières structurées autour des sections spécialisées, comme c’est déjà le cas avec « Les éleveurs de la Charentonne » par exemple. (Anne Gilet)

Fromages : mobilisation pour enrayer la baisse du cheptel de vaches abondance

Le Syndicat du fromage abondance a alerté le 18 juin sur la réduction continue du cheptel de vaches abondance. En 2020, le taux de vaches abondance était de 49,29% parmi les troupeaux habilités avant 2012, contre 47,51% en 2025. Or « le cahier des charges de l’AOP fromage abondance exige un taux minimum de 45% de vaches abondance », rappelle Joël Vindret, directeur général du syndicat. Si le taux n’était pas maintenu, cela mettrait en difficulté les 178 éleveurs qui doivent respecter le seuil de façon globale, et non un par un. 50 éleveurs habilités après 2012 doivent déjà respecter les 45% pour chaque troupeau. La baisse vient du prix plus élevé de l’abondance par rapport à la montbéliarde et de sa moindre disponibilité à cause des éleveurs de génisses de moins en moins nombreux. Pour enrayer cette baisse, le syndicat a mis en place un plan de développement de la race pour sensibiliser les éleveurs à cet enjeu. Avec l’Organisme de sélection des races alpines réunies (OSRAR) et l’Interprofession laitière des Savoie (ILS), il a pris plusieurs initiatives comme la prise en charge à 50% des embryons sexés à hauteur de 600 doses en 2024, et à hauteur de 900 doses en 2025. Autre solution : encourager les vocations parmi les éleveurs pour élever des génisses de race abondance.

Semences: l’union de coopératives Exelience nomme un nouveau directeur général

Stéphane Laurier, ancien directeur de KWS Momont, a rejoint Exelience en tant que directeur général, en mai. Exelience, union de coopératives créée en 2019, et qui rassemble Advitam, Noriap, NatUp et Ucac, InVivo et Semences de France, était jusqu’alors dirigée par Etienne Regost, qui a pris sa retraite. Exelience a annoncé en février investir 1,6 M€ dans son usine de Vernouillet. L’union, qui dispose de trois usines, produit chaque année 70 000 tonnes de semences (dont 80 % de céréales d’hiver), pour un chiffre d’affaires de 51 M€. (Elena Blum)

Restauration : deux nouveaux au comité exécutif de Pomona

Dans un communiqué du 17 juin, Pomona annonce deux nouveaux dirigeants dans le Comex du groupe fournisseur des métiers de bouche. Il s'agit d'Abel Mercier en tant que directeur Logistique et Achats et de Vanessa Ekindjian (à compter d’octobre 2025) en tant que directrice de la branche Passion Froid. Abel Mercier a été directeur des achats de Passion Froid depuis 2022. Il a exercé successivement chez l’industriel Danone, au cabinet Capgemini et dans le groupe de distributeur Casino, toujours dans la supply chain et la logistique. Il a notamment dirigé Horizon France, centrale d’achats commune au Casino, Auchan et Metro, entre 2017 et 2020. Vanessa Ekindjian, qui vient diriger temporairement les Achats de Passion Froid, est également passée par Casino où elle a notamment été directrice Excellence Opérationnelle de Franprix. Elle était depuis 2022, directrice des Achats et de l’Offre de la Coopérative U.

Engrais : Jacques Fourmanoir nouveau président de l'Unifa

Jacques Fourmanoir a été élu président de l'Unifa (fabricants d'engrais en France), lors de l'assemblée générale du syndicat le 18 juin à Paris. Il succède à Delphine Guey, qui a achevé son mandat de 3 ans. Jacques Fourmanoir dispose d'une expérience d'environ 40 ans dans le secteur des fertilisants. Il était auparavant le vice-président du syndicat. Pour rappel, l'Unifa regroupe 35 entreprises engagées dans le secteur des fertilisants, avec 82 sites de production industrielle et de stockage, répartis sur l’ensemble du territoire français.