Agra Business | Mondelēz, Genevard, alliance Aura Retail, Hectar, Noriap

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Gâteaux/pâtisseries: l'américain Mondelēz rachète le leader chinois Evirth

Le géant mondial de l'agroalimentaire Mondelēz, spécialiste des biscuits, a annoncé le 20 septembre qu'il avait trouvé, sous réserve de l'approbation des pouvoirs publics, un accord pour le rachat de la majorité des parts de l'entreprise chinoise Evirth, leader national dans la fabrication de gâteaux et pâtisseries. Le montant de l'opération n'est pas précisé. Fondée en 2012, l'entreprise Evirth est un des leaders sur le marché chinois des pâtisseries et gâteaux frais et surgelés (gâteaux mille crêpes, swiss roll, cheesecakes, daifuku...), estimé par Mondelēz à 3 Md$, en croissance annuelle de 15%. Evirth est décrite comme une société à «croissance rapide, grâce à une distribution importante dans les magasins "à adhésion" et à son expertise technique ainsi que sa R&D». Le groupe américain détenait déjà une participation minoritaire chez Evirth, qui fabriquait pour lui certains de ses produits iconiques, comme Oreo et Philadelphia. En 2020, Mondelēz avait déjà racheté le fabricant nord-américain Give & Go, spécialiste des gâteaux frais et surgelés (cookies, brownies...). Mondelēz a réalisé 36 Md$ de chiffre d'affaires à travers le monde en 2023.

Produits laitiers: Bruxelles attaque l’enquête antidumping chinoise à l’OMC

La Commission européenne a lancé, le 23 septembre, une procédure de consultations à l’OMC à l’encontre de l'enquête antidumping chinoise concernant les importations de certains produits laitiers en provenance de l’UE. Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales sino-européennes depuis début 2024, et alors que les parties se sont entretenues à ce sujet le 19 septembre à Bruxelles. Concrètement, l'exécutif européen estime que les mesures mises en place par Pékin sont «basées sur des allégations douteuses et des preuves insuffisantes». Et d’ajouter qu’elle s’engage à «défendre fermement les intérêts de l’industrie laitière de l’UE et la Pac contre les procédures abusives». La phase de consultations est la première étape de la procédure de règlement des différends de l’OMC. La Chine et l'UE disposent de soixante jours pour s’entendre, faute de quoi l’une ou l’autre pourra réclamer l’établissement d’un groupe spécial qui arbitrera le différend. Valdis Dombrovskis, commissaire européen en charge du Commerce, s’engage d'ores et déjà à «contester vigoureusement [l’enquête] dans tous les forums disponibles, tout en demandant à la Chine d’y mettre fin immédiatement». De son côté, Pékin regrette l'action de l'UE, estimant avoir toujours agi «avec prudence et retenue pour préserver l'équité et le libre-échange».

Annie Genevard promet des «résultats dans les cours de ferme dans les prochaines semaines»

«Je vais faire en sorte que, dans les semaines qui viennent, de premiers résultats se voient dans les cours de ferme», a promis, après avoir évoqué les crises agricoles en cours (élevage bovin/ovin, vigne, céréales), la nouvelle ministre de l'Agriculture Annie Genevard, à l'occasion de sa passation, le 23 septembre, avec Agnès Pannier-Runacher, et Marc Fesneau – qui était très ému au moment de conclure sa prise de parole. «J'espère que nous mènerons à son terme» la loi d'orientation agricole (LOA), a également promis Annie Genevard, dans un discours inscrit globalement dans la continuité de son prédécesseur. L'ex-députée a notamment promis de «reconquérir la souveraineté alimentaire pied à pied», de poursuivre les travaux sur la «simplification normative» ou encore sur les «clauses miroir». À ce titre, elle a repris le leitmotiv commun au précédent gouvernement et au syndicalisme majoritaire: «N'interdisons pas sans solution, sinon c'est l'impasse». Sur l'écologie, Annie Genevard a promis, évoquant la Pac, une «approche équilibrée, qui n'ignore ni l'approche environnementale ni les nécessités économique». L'avenir du chantier Egalim n'a pas été évoqué directement durant le discours. La ministre s'est enfin félicitée du retour de la forêt dans l'intitulé du ministère – alors qu'elle en avait «disparu depuis une dizaine d'années» –, rappelant qu'elle vient d'un département forestier, le Doubs.

Distribution: Intermarché, Auchan et Casino s’allient à l’achat dans Aura Retail

Les distributeurs alimentaires Intermarché-Netto, Auchan et Casino annoncent, le 23 septembre, la concrétisation de leur alliance à l’achat pour dix ans, annoncée au printemps, avec la création d’Aura Retail. Pour les achats alimentaires, l’alliance sera composée de trois centrales d’achats pilotées par Intermarché. La première, «Aura Retail achats alimentaires», négociera avec «près de 200 industriels de marques nationales» pour les trois enseignes depuis Massy (Essonne). La deuxième, «Aura Retail international food services», sera basée à Bruxelles (Belgique) pour négocier «auprès des plus grands groupes industriels multinationaux des prestations de services internationaux». Cette centrale «offrira des synergies dans les nombreux pays européens d’implantation des partenaires», expliquent les distributeurs. Enfin, «Aura Retail private label» sera consacrée aux produits sous marque de distributeur (MDD). Les trois enseignes feront «des appels d’offres communs», précise le communiqué. Cette troisième centrale d’achat sera basée à Massy. Deux autres structures ont été créées pour les achats non alimentaires. Dans un communiqué d’avril, les distributeurs déclaraient vouloir «pérenniser et développer des partenariats avec le monde agricole et les acteurs industriels français sur le long terme».

Start-up agritech: dernière promotion pour l’incubateur Hectar-HEC Paris

Engrais/céréales: Noriap poursuit ses investissements en région Flandre

Le groupe coopératif Noriap (1,2 Md€ de CA, 1,5 Mt de collecte) a inauguré, le 20 septembre, son nouveau site de Bollezeele (Nord), dédié au stockage d’engrais (2800 tonnes) et, ponctuellement, aux céréales. Un investissement qui confirme la volonté du groupe basé à Boves (Somme) de se diversifier et de déployer ses équipements en région Flandre. «Notre volonté est d’offrir à nos adhérents des infrastructures modernes et adaptées pour mieux gérer leurs récoltes et mieux valoriser leurs productions», précise Damien François, directeur de Noriap. Déjà, en octobre 2022, Noriap avait, dans cette région, construit à Socx (Nord) un bâtiment dédié au tri, au conditionnement et au stockage de 3300 t de pommes de terre. Dans cette même commune, une nouvelle antenne du groupe devrait voir le jour d’ici juillet 2025 pour héberger une agence régionale. Le déploiement de Noriap dans les Flandres se traduit aussi en machinisme, via sa filiale Somat. Le 21 juin, un tracto-center McCormick a été inauguré à la Chapelle-d’Armentières (Nord). Une diversification pour le groupe qui se déploie aujourd’hui via une nouvelle collaboration avec Christian Massiet, de FC Agri service Location, qui assure le service après-vente du matériel commercialisé par Somat. (Anne Gilet)

Légumes transformés: manifestation pour le maintien de l’usine Bonduelle de Saint-Mihiel

Plus de 200 personnes ont défilé, samedi 21 septembre, dans le centre de Saint-Mihiel (Meuse) pour soutenir les salariés de l'usine Bonduelle qui devrait fermer ses portes en mars 2025, rapporte France 3 Grand Est. La manifestation a été organisée par la CFDT Agri-Agro, avec l’appui de FO. L’unité de production, spécialisée dans les salades bio en sachet, doit fermer en mars 2025 après l’annonce le 30 août par le groupe nordiste de l'abandon de son activité de salades de quatrième gamme. Stéphane Genter, délégué syndical CFDT à Bonduelle frais, reconnaît avoir «été très surpris de l’annonce. La société n’arrivera pas à retrouver de repreneur et on veut que, pour le départ, elle nous donne le maximum. On est dans un département avec peu de travail et du coup, des familles s’inquiètent.» Pour Xavier Cochet, maire de Saint-Mihiel, «il y a des conséquences sociales. Il y a un choc économique et puis il y aura un choc démographique à craindre. Il n’y aura peut-être une réduction de la consommation à Saint-Mihiel et moins de monde. Il faut mener des projets en partenariat avec les collectivités.» Le syndicat avait déjà sonné l’alarme: dans l’édition du 10 septembre de son bulletin «Syndicalisme hebdo», la CFDT expliquait avoir lancé un droit d’alerte économique, cet été, sans réponse de la part de l’entreprise.

Œufs/ovosexage: les GMS réaffirment leur volonté de financement sur la base d’Egalim

La FCD et la FCA Alimentaire (Intermarché et E.Leclerc), représentant respectivement la grande distribution généraliste et le commerce coopératif et associé, demandent publiquement que le dispositif d'ovosexage dans la filière ponte soit intégré dans le coût de production des œufs. La FCA Alimentaire se fait la porte-parole du collège distribution de l'interprofession des œufs CNPO à travers un communiqué diffusé le 23 septembre. Elle y réaffirme «l'engagement de la grande distribution dans la filière avicole, et plus particulièrement sur la question du bien-être animal», alors qu’un communiqué de la CFA (producteurs, FNSEA) provoque les distributeurs en demandant si elle souhaite revenir au broyage des poussins mâles. La grande distribution fait part officiellement de sa position, déjà exprimée dans le cadre interprofessionnel, «que tous les circuits de distribution participent désormais au financement de cette avancée en matière de bien-être animal», et appellent à «une solution commune, dans l'intérêt de tous», producteurs, distributeurs et consommateurs. Alors qu’un nouveau dispositif de financement de l’ovosexage doit relayer le précédent à la fin novembre, aucun compromis n’est ressorti du salon Space.

Lait bio: la production est en recul de 5% au premier semestre 2024

La collecte de lait bio a baissé de 5% au premier semestre 2024, «avec un recul de 6,5% au pic de collecte en mai», informe une note de conjoncture du Cniel (interprofession laitière) publiée le 23 septembre. «Sur un an, la collecte est retombée à 1,2 milliard de litres, deux ans après avoir flirté avec la barre des 1,3 milliard de litres à son maximum», indique le Cniel. En 2023, la production avait déjà reculé de 4,5%, soit la première baisse de collecte de lait bio en France depuis 2008. À noter que «le rythme de baisse de la production pourrait légèrement diminuer dans les prochains mois», d’après une enquête réalisée par le service économique de l’interprofession auprès des opérateurs. En 2024, les arrêts d’activité restent soutenus en lait bio (-5%) et «le nombre de points de collecte est repassé sous la barre des 4000». «Ce sont presque 10% des producteurs qui ont stoppé leur activité lait bio depuis deux ans», souligne la note. La moitié est repassée en conventionnel, l’autre a arrêté la production laitière. Le prix réel payé aux producteurs est «parfaitement stable» sur un an en 2024 (à 520 €/1000 l), après une hausse de 5% en 2023. Côté consommation, les ventes de produits laitiers bio diminuent en grandes et moyennes surfaces pour la quatrième année de suite.