Santé animale : Phagos lève 25 M€ pour déployer la phagothérapie en élevage
La start-up Phagos, qui a développé un procédé unique de phagothérapie, première alternative personnalisée aux antibiotiques en santé animale, a annoncé le 8 octobre une levée de fonds de 25 M€, menée par CapAgro, Hoxton et CapHorn. Ce financement lui permet d’accélérer le déploiement de ses solutions vétérinaires sur le terrain, de renforcer ses modèles d’IA brevetés pour la caractérisation des phages et d’accélérer sa croissance à l’international. Dans une interview à Agra Innovation, Alexandros Pantalis, cofondateur de la société avec le Dr Adèle James, annonce également que Phagos vient de recevoir l’autorisation de l’Agence nationale du médicament vétérinaire pour commercialiser ses solutions en France. Une autorisation unique au monde car elle valide la plateforme brevetée de Phagos et non chaque phage individuellement et qui marque un tournant dans la lutte contre les infections bactériennes. Ses solutions s’adressent aux animaux de rente (porcs, volailles pondeuses et de chair, et vaches laitière et à viande) pour lutter contre les principales bactéries rencontrées en élevage animal. À terme, Phagos a pour objectif d'appliquer ses solutions de phagothérapie en santé humaine. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Oeuf/protéines alternatives : Yumgo inaugure une usine pour son « oeuf végétal »
Yumgo a inauguré le 8 octobre sa première usine d’alternative végétale à l’œuf, à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). « Notre site de production, d’une capacité de 1500 tonnes par an en rythme de croisière, nous permet d’intégrer la production et de répondre aux demandes de nos clients professionnels », explique Anne Vincent, cofondatrice de Yumgo aux côtés du pâtissier Rodolphe Landemaine. Selon la cofondatrice, le site représente un investissement de à 1,5 M€ à 2 M€, faisant suite à la dernière levée de fonds datant de 2024, d’un montant de 3 M€ en capital et 2 M€ en subventions. Yumgo développe depuis 2019 des alternatives végétales à l’œuf utilisé par les professionnels, qu’il s’agisse de l’œuf entier, du blanc ou du jaune, sous forme liquide ou de poudre. La société travaille à partir de protéines végétales ayant subi une première transformation, issues du pois, de la pomme de terre ou de la féverolle, de France ou des pays limitrophes. Elle affirme que le prix de ses substituts est compétitif par rapport à l’ovoproduit, permettant de réaliser les mêmes produits en adaptant éventuellement les recettes.
Irrigation : Irrifrance acquiert France Pivots avec le soutien d’Unigrains
Dans un communiqué du 8 octobre, le groupe Irrifrance, spécialisé dans la fabrication d’équipements d’irrigation agricole, a annoncé le rachat de France Pivots, fabricant et installateur de systèmes de pivots agricoles, et filiale du groupe Chagneau (groupe ayant des activités dans l’agriculture, mais aussi l'industrie globale et le BTP), avec le soutien d’Unigrains. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. Irrifrance espère profiter du savoir-faire de France Pivots dans l’installation de pivots d’irrigation et de son réseau de clients. L’opération permettra par ailleurs à l’acteur de représenter plus de 40 % de parts de marché en France. « Le nouvel ensemble rivalisera désormais avec les acteurs internationaux sur l’ensemble des technologies d’irrigation », indique le communiqué. De son côté, en plus d’entrer au capital d’Irrifrance en tant qu’actionnaire minoritaire, Unigrains mettra à disposition « son expertise sectorielle » pour accompagner les défis du groupe, tels que « le déploiement de projets à l’export en Europe du Nord et en Europe de l’Est ou encore l’intégration de nouvelles technologies pour optimiser l’efficience de l’apport en eau des cultures ».
Maïs : Maïsadour table sur une baisse de sa collecte 2025 de 100 000 t (presse)
Dans une interview accordée au journal Sud-Ouest le 7 octobre (article payant), Grégory Moulis, directeur des productions végétales du groupe coopératif Maïsadour, a indiqué s’attendre à un recul de sa collecte de maïs 2025 de « 100 000 tonnes » par rapport à l’an dernier, à 400 000 tonnes. Pour rappel, Euralis avait lui aussi indiqué s’attendre à un recul des volumes engrangés annuellement, en raison de rendements « historiquement bas » en zones non irriguées. La sécheresse survenue durant l’été est à l’origine du décrochage de la production de Maïsadour, mais aussi au niveau national. Début octobre, le groupe coopératif, dont la zone d’influence s’étend sur les Landes, d’autres départements d’Aquitaine et les Hautes-Pyrénées, a engrangé 25 % de sa collecte, sur 65 000 ha de surface de maïs. Ce rythme de récolte correspond à celui observé au niveau national. Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 3 octobre, FranceAgriMer estime la récolte hexagonale achevée à 24 % (2 % en 2024 à la même époque, 24 % en moyenne lors des cinq dernières années). L’hétérogénéité est bien entendu de mise, avec des rendements supérieurs dans les parcelles irriguées, relate Grégory Moulis.
Elevage laitier : fin de l'aventure pour AiHerd et sa surveillance assistée par IA
En cessation de paiement au 1er avril 2025, AiHerd, société pionnière dans les systèmes de surveillance automatisés des troupeaux de vaches laitières, a été placée en liquidation judiciaire en date d’un jugement prononcé le 16 août dernier par la Tribunal de Commerce de Nantes. La société avait été fondée en 2020 par le vétérinaire Quentin Garnier. Grâce des caméras installées dans les granges et couplées à de l’IA, la solution d'AiHerd permettait de détecter et d'analyser les comportements de chaque animal du troupeau et ainsi permettre une décision rapide de l'éleveur.Après avoir levé 2,1 M€ début 2023, la société cherchait à mobiliser de nouveaux fonds pour poursuivre son développement. Mais « nous avons eu un accident de financement, nous n’avons pas réussi la levée de fonds prévue » a ainsi confirmé le fondateur à Ouest-France après la liquidation. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Distribution bio : feu vert au rachat de sept magasins Bio&Co
L'Autorité de la Concurrence a annoncé le 8 octobre qu’elle autorisait le rachat par Marcel & Fils de sept magasins de produits biologiques sous enseigne Bio&Co situés dans le sud-est de la France. « Elle conditionne cependant l’opération à un engagement de cession à un concurrent de l’un de ces magasins, situé dans la zone de Salon-de-Provence » afin « d’écarter un risque d’atteinte à la concurrence dans cette zone », selon l’Autorité de la concurrence. Les sept magasins Bio&Co étaient détenus par Teract, filiale du groupe coopératif InVivo. Ils avaient fait l’objet d’une promesse d’achat entre les deux partenaires. Outre ces sept magasins, Marcel & Fils pourrait reprendre l’ensemble du réseau Bio&Co, qui compte au total 60 points de vente. Le 17 septembre, Teract a ainsi annoncé « être entré en négociations exclusives avec Marcel & Fils en vue de la cession de l’enseigne Bio&Co. » Ce changement de mains intervient en même temps qu’une autre transaction dans le domaine de la distribution spécialisée biologique. Le réseau So.bio, détenu par Carrefour, vient de signer un accord pour reprendre 15 magasins du réseau Le grand panier bio, fondé à Clermont-Ferrand.