Cacahuètes : la coopérative Océalia et Menguy's lancent une filière française
La coopérative néo-aquitaine Océalia et le spécialiste français Menguy’s annoncent dans une communiqué conjoint le 7 octobre la création d’une filière cacahuètes française. La première récolte se déroulera en octobre pour une commercialisation début 2026. Semées au printemps en Poitou-Charentes, les cacahuètes françaises sont cultivées sur une dizaine d’hectares par cinq agriculteurs adhérents de la coopérative. Une fois récoltées, elles seront transformées dans les ateliers de Menguy’s, à Mazamet, dans le Tarn. La coopérative coordonne depuis cinq ans des expérimentations aux champs pour valider la conduite et la faisabilité technico-économique de cette nouvelle culture. « Légumineuse n’ayant pas besoin d’engrais azoté pour se développer, c’est par ailleurs une culture particulièrement adaptée au désherbage mécanique et peu sensible au risque sanitaire, ce qui en fait une culture de choix pour la rotation culturale » explique Océalia. Pour Menguy’s, il s’agit aussi de la continuité du travail réalisé depuis plus de 25 ans avec la Ferme Darrigade, précurseur de la culture dans les Landes (cacahuète de Soustons). Sur un marché dominé par les multinationales, Menguy’s souhaite développer la filière d’ici à 2030, en atteignant plus de 2 000 tonnes, produites avec une centaine d’agriculteurs partenaires.
Huile de tournesol bio : inauguration d'une usine dans le Gers (presse)
Selon un article paru dans la France Agricole (article payant) le 6 octobre, la coopérative basée dans le Sud-Ouest Val de Gascogne a inauguré le 26 septembre une usine de trituration de graine de tournesol bio dans le Gers à Gimont. Le site, dont l’activité a démarré récemment, a pour objectif de broyer 3 500 t de matière première en 2026, et atteindre une capacité de 10 000 t/an à moyen terme. Val de Gascogne espère produire 1 million de litres dès 2025 d’huile sans hexane, plus 2 500 tonnes de tourteaux, et de tripler ces volumes en 2027. L’installation a représenté un investissement de 5 millions d’euros pour le groupe coopératif. L’article de la France Agricole rappelle que l’inauguration de l’usine de trituration intervient dans un contexte de baisse de surfaces locales en bio. Néanmoins, les prix de la graine de tournesol bio ont bien rebondi, mouvement initié fin 2024, susceptible d’inciter à nouveau les agriculteurs à se tourner vers la culture. Selon les données de nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier, les cours de la graine de tournesol bio standard départ France sont passés de 425-450 €/t en qualité linoléique fin novembre 2023, soit un niveau proche du conventionnel, à 700-720 €/t début novembre 2024, puis 810-830 €/t au premier octobre 2025.
Boulangerie industrielle : la Fournée Dorée a intégré le label Agri-Ethique
Florence Garreau, directrice marketing du groupe vendéen Fournée Dorée spécialisé dans la boulangerie et viennoiserie industrielles, a expliqué, lors d’une conférence de presse à Paris le 7 octobre, que ses produits fabriqués en France avaient intégrés le label Agri-Ethique fin 2024. Par conséquent, les blés de la récolte 2025, émanant de la coopérative vendéenne Cavac, ont servi à la production de farine entrant dans la composition des aliments de la marque et respectant le cahier des charges du label. Pour rappel, Agri-Ethique prône une production agricole durable et locale, et propose aux producteurs des prix équitables. L’intégration au label s’inscrit dans une stratégie plus globale de l’entreprise de conquérir une clientèle plus jeune. « Nous sommes très présents chez les séniors, mais peu chez les plus jeunes, plus sensibles aux questions de développement durable et de production locale », a commenté Florence Garreau. La Fournée Dorée a souffert d’une consommation plus réduite de produits émanant de l’agroalimentaire ces dernières années, en raison de l’inflation, et tente d’innover afin de s’assurer une croissance durable. Son chiffre d’affaires a très légèrement progressé entre les exercices 2024 et 2025, dépassant les 550 M€, grâce à une reprise de la demande, spécialement pour les produits de boulangerie.
« Agriculture régénérative » : la Chambre d’agriculture 76 s’engage dans le programme de Noriap
Dans un communiqué du 7 octobre, la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime (76) a annoncé son engagement dans le programme « Transitions by Noriap » du groupe coopératif éponyme, visant à impulser l’agriculture régénérative. Les deux entités vont notamment travailler sur l’élaboration d’un nouvel indicateur sur la gestion de la ressource en eau, « en complément des leviers déjà activés autour du carbone, des sols et de la biodiversité », déclarent-elles dans le communiqué. La gestion de l’eau est un sujet majeur sur le secteur concerné, comprenant 20 bassins de captage prioritaires, « dont trois sur lesquels démarreront les travaux dans le cadre du partenariat ». Ce dernier comprendra une première étape de 20 agriculteurs volontaires accompagnés par les deux organisations pour la récolte 2026. « À terme, ce dispositif vise à démultiplier les résultats et à constituer un socle de références locales au service de l’ensemble du territoire ». La Chambre d’agriculture 76 et Noriap proposeront par ailleurs des primes filières, de rechercher des financements publics, et d’animer des bassins d’alimentation de captages. Pour rappel, « Transitions by Noriap » est en réalité la duplication locale du programme « Transitions by Vivescia ».
Volailles: LDC voit ses ventes progresser de plus de 15% au 1er semestre 2025-26
Plus de poulet et des tarifs en hausse: le leader français de la volaille LDC a annoncé le 6 octobre des ventes en hausse de 15,6% au premier semestre 2025-26, une dynamique notamment portée par des acquisitions. La maison mère des marques Le Gaulois, Loué et Marie affiche un chiffre d’affaires de 3,45 milliards d’euros au premier semestre (de mars à août 2025) de son exercice décalé, selon un communiqué. Fort de ces résultats, le groupe maintient son objectif 2025-26 de «franchir le cap des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires» annuel. La dynamique observée au premier trimestre, qui a vu les ventes progresser de 10,9%, est amplifiée au deuxième trimestre: de juin à août 2025, le chiffre d’affaires grimpe de 20,5%, avec des volumes «en croissance» «portés par l’international et le traiteur en lien avec la stratégie offensive d’acquisitions menée par le groupe au cours du précédent exercice». Le groupe, qui digère à peine des acquisitions en Pologne, en Roumanie et en Allemagne, a intégré en juin le groupe Pierre Martinet, un des leaders de la salade composée au rayon libre-service, acquis fin mai.
Produits laitiers : la fromagerie Chavegrand victime d'un incendie
La laiterie Chavegrand, à Maison-Feyne (Creuse), a été victime d’un incendie le 6 octobre touchant l'atelier « chèvre », qui représente 20% de la production. La production a été arrêtée sur l’ensemble du site en raison de la coupure d’électricité liée au sinistre. Le feu serait parti à la mi-journée de deux transformateurs de cette fromagerie, selon les pompiers, écrit l’AFP. Une enquête a été ouverte, mais pour l'heure la piste accidentelle est privilégiée par les gendarmes. La fromagerie est sous le coup d’une autre enquête ouverte par le parquet de Paris notamment pour « homicides involontaires, blessures involontaires avec incapacités de travail supérieures et inférieures à trois mois » et « mise en danger de mort ou d'infirmité, par violation manifeste d'une obligation de sécurité ou de prudence ». Cette enquête a été ouverte après des rappels massifs de fromages qui avaient été engagés cet été. Les autorités sanitaires avaient identifié 22 cas de listériose, dont deux mortels, pouvant présenter un « lien possible » avec la consommation de produits de l'entreprise creusoise. Des rappels jugés « trop tardifs » par plusieurs associations.
Gibiers : la FNC lance la marque Gibiers de France, pour faire refluer les importations
La marque-label « Gibiers de France » a été lancée le 7 octobre, à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) qui souhaite en faire «la nouvelle référence pour la viande de gibier sauvage 100% française». Auditée par Certipaq, la marque «garantit la traçabilité et la qualité du gibier français, du territoire à l’assiette», indique la FNC dans un communiqué. Objectif : «démocratiser la consommation de viande de gibier locale, alors que 51% du gibier distribué sur le marché est importé.» La viande de gibier pourrait devenir soudainement plus abondante si le gouvernement suivait les recommandations récente du CGAAER. Dans un récent rapport, les hauts fonctionnaires proposent un « choc de régulation des ongulés sauvages » dans les forêts domaniales (9% des forêts françaises) identifiées par l’ONF comme «en fort déséquilibre forêt-ongulés», soit la moitié d'entre elles. Il s'agirait notamment de suivre l’exemple des mesures mises en place en 2019 dans les « zones blanches » pour lutter contre la peste porcine africaine (PPA). Plus de 1000 sangliers avaient été tués dans la «zone blanche», entre janvier 2019 et septembre 2020.
Vin/e-commerce : le négociant Castel-Vins rachète le site italien Tannico
Le négociant français Castel-Vins rachète la plateforme italienne de e-commerce Tannico à la joint-venture de Campari et Moët Hennessy (LVMH), a-t-il annoncé le 6 octobre. « Proposant un large choix de références en ligne, notamment vins effervescents et champagne, l’acquisition de Tannico permet à Castel-Vins de poursuivre le développement de son écosystème digital orienté e-commerce, et d’assoir sa présence en Europe », selon un message sur le réseau social LinkedIn. Tannico (chiffre d’affaires : 76 millions d’euros en 2021) est actif en Italie depuis 2013 et en France depuis 2021, suite à l’acquisition de Valap, acteur de la vente en ligne de vins et spiritueux premium. En 2022, le site avait été repris par une joint-venture formée par le groupe italien Campari et le français Moët Hennessy (division vins et spiritueux de LVMH).
Légumes anciens : nouveau record en volumes pour Prince de Bretagne.
La production de légumes anciens de Prince de Bretagne a connu une campagne 2024-2025 record, est-il indiqué dans un communiqué de presse le 7 octobre. Près de 1 700 tonnes ont été récoltées, soit une progression de 20,7% par rapport à la campagne précédente. Certains légumes ont connu de fortes progressions : le radis noir (+70%), le topinambour (+56%) ou encore les carottes de couleurs avec +17,4%. Le panais et le navet, stables sur la période, complètent la liste des légumes anciens les plus cultivés. La gamme Prince de Bretagne comporte aujourd’hui 23 références cultivées par 27 maraîchers. « Il était seulement quatre, il y a quinze ans, à la création de la section », rappelle la coopérative. Pour accompagner cette progression, elle déploie un important programme de mise en avant en magasin (« Les halles des maraîchers bretons ») dans l’Ouest. Prince de Bretagne fait aussi évoluer ses conditionnements: préemballages pour la grande distribution, colis de 2 kilos pour les magasins de proximité, gros calibres pour la restauration collective (pour un travail en cuisine facilité). Les légumes anciens continuent d’avoir la cote : selon le panel Kantar, ils représentent 7% des ventes de légumes en France en 2025, avec une croissance annuelle à deux chiffres.
Bananes : Fairtrade International annonce une hausse du prix minimum
À l’occasion du salon Fruit Attraction 2025 (30 septembre - 2 octobre), l’association Fairtrade International a annoncé une hausse du prix minimum des bananes de 6 % au niveau départ usine et de 4,6 % au niveau franco à bord (FOB), rapporte un communiqué du 30 septembre. Les nouveaux prix minimums, approuvés par le Comité des normes de Fairtrade International en septembre, entreront en vigueur pour les contrats conclus avec les producteurs à partir du 1er janvier 2026. Selon l’organisation, 37 111 producteurs et travailleurs bénéficieront de ces nouveaux tarifs, dont 19 % de femmes. « Ces ajustements reflètent les efforts de Fairtrade pour aider les producteurs de la filière banane à atteindre un revenu décent », souligne le communiqué. En plus de la hausse du prix minimum des bananes, les producteurs reçoivent également une prime Faitrade, une somme additionnelle versée au-delà du prix de base. En 2023, les producteurs de bananes certifiées Fairtrade ont perçu plus de 35,2 millions d’euros au titre de cette prime. Cette révision des prix s’inscrit dans une démarche plus large de Fairtrade en faveur d’une production responsable, avec par exemple la mise en place du programme « Banane durable » par le réseau latino-américain et caribéen des producteurs et travailleurs Fairtrade (CLAC), qui a pour objectif d’améliorer les pratiques agricoles par une meilleure gestion des sols et une utilisation plus efficace de l’eau.
Distribution : Casino sur le point de restructurer sa dette (presse)
Les créanciers du groupe Casino se préparent à entamer des discussions afin de restructurer la dette du distributeur, a écrit le Financial Times le 7 octobre. Le groupe rassemblant les enseignes Monoprix, Franprix et Naturalia, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024 après des années de pertes et de surendettement, doit rembourser 1,4 Mrd€ en mars 2027, selon l’AFP. La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 Mrd€ au moment de la restructuration du groupe. Mais elle a de nouveau augmenté, grimpant à 1,4 Mrd€, au premier semestre 2025, contre 1,2 Mrd€ six mois plus tôt. « Au regard de ces éléments, le groupe portera dans les prochains mois une attention renforcée à l’évolution de sa structure financière », affirmait déjà Casino lors de la publication de ses résultats semestriels fin juillet. Au premier semestre 2025, le groupe a essuyé une perte nette de 210 M€, mais a amélioré sa rentabilité, un indicateur auquel d'éventuels créanciers seraient très attentifs. Fin juillet, son directeur général Philippe Palazzi se montrait confiant, convaincu que les « prévisions » pour le troisième trimestre permettraient de passer « positivement » un test de solvabilité prévu pour le 30 septembre.
Affichage environnemental : Pomona adopte le Planet score pour sa marque propre
Le grossiste alimentaire Pomona (TerreAzur, PassionFroid et Episaveurs) a annoncé, dans un communiqué du 7 octobre, l’adoption du référentiel d’évaluation Planet-score pour sa marque propre « Bon & Engagé ». Il devient ainsi « le premier grossiste de France à intégrer cet étiquetage sur ses produits en marque propre », précise Éric Dumont, président du directoire du groupe. Développé par l'Institut de l'agriculture biologique (Itab) et soutenu par les ONG et plusieurs distributeurs, cet affichage évalue les produits selon un référentiel de 25 indicateurs. Il se traduit par une note globale de A à E associée à une échelle de couleur (du vert foncé au rouge), avec trois critères clefs mis en avant sur l’étiquette : pesticides, biodiversité, climat. Une mention spécifique sur le niveau de bien-être animal figure également sur l’étiquette lorsque le produit final contient 5 % ou plus d’ingrédients issus de l’élevage. En outre, les produits avec un Planet-score compris entre A et C et qui respectent certains critères complémentaires – que Pomona n’a toutefois pas précisés – peuvent être intégrés dans les approvisionnements Egalim sur la base de la réduction des externalités environnementales, selon Pomona. Le Planet Score utilise un indicateur contesté pour le méthane, récemment retoqué par le Haut conseil pour le climat (HCC).