Agra Business | Carré, Cristal Union, Rémy Cointreau et Touton

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Négoce : le groupe Carré compte augmenter sa collecte de 20 % dans les cinq ans

Le négoce Carré (370 M€ de chiffre d’affaires) compte investir entre 30 et 40 millions d’euros dans les années à venir pour renforcer ces capacités de stockage de céréales et ainsi « accompagner durablement [ses] partenaires agriculteurs ». « La dynamique a débuté il y a trois ans, mais de nouveaux travaux sont prévus dans les années à venir », confirme Maximilien Carré, le gérant du négoce éponyme implanté dans les Hauts-de-France, mais également présent en Champagne et dans le Grand Est. « Plusieurs sites vont être modernisés pour disposer d’infrastructures à la pointe, notamment au niveau du tri, du nettoyage et du séchage des grains, et cinq nouveaux silos devraient sortir de terre en Picardie. L’enjeu est d’augmenter notre capacité de stockage de 100 000 t, pour atteindre rapidement 700 000 t. » Le groupe a collecté 945 000 t lors de la campagne 2023-2024, et les volumes de cette année devraient dépasser le million de tonnes, avec un objectif de les augmenter de 20 % dans les cinq années à venir. (Anne Gilet)

Sucre : l’Autorité de la concurrence valide le rachat d’une sucrerie par Cristal Union

D’après un communiqué du 29 août, l’Autorité de la concurrence a validé les conditions de rachat par Cristal Union de la sucrerie de Lesaffre Frères basée à Nangis (Seine-et-Marne). Pour rappel, Cristal Union avait annoncé l’opération début février. « À l’issue d’un examen des effets de l’opération sur les marchés concernés, l’Autorité a pu écarter tout risque d’atteinte à la concurrence du fait de l’opération et a autorisé cette acquisition sans conditions », peut-on lire dans le communiqué. L’institution a procédé à une analyse du marché de la betterave et du sucre industriel. Du côté de la betterave, l’Autorité explique que les producteurs se situant dans le bassin d’approvisionnement de l’usine de Nangis, sans débouchés alternatifs avant l’opération, ne voient pas leur situation affectée du fait du rachat. La justification : l’usine de Cristal Union la plus proche se situe à plus de 80 km de celle de Nangis, soit à une distance supérieure à la zone de collecte moyenne, qui est de 30 km. Concernant le sucre, Cristal Union, groupe de dimension internationale, continuera de se frotter à une forte concurrence, émanant « de Südzucker, Tereos, Nordzucker ou encore Pfeifer & Langen ».

Spiritueux : Rémy Cointreau revoit à la baisse l'impact des taxes douanières américaines

Rémy Cointreau a annoncé le 29 août revoir à la baisse l'impact des taxes douanières américaines sur ses résultats après l'accord conclu en juillet entre les États-Unis et l'UE sur un taux de 15 % appliqué aux vins et spiritueux, contre 30 % initialement prévu. Le groupe, particulièrement dépendant du cognac et du marché américain, estime désormais que les taxes douanières américaines auront un impact négatif de 20 M€ sur son résultat opérationnel courant, contre 35 M€ dans ses précédentes estimations. Rémy Cointreau s'attend donc désormais à une baisse « modérée, à un seul chiffre » de son résultat opérationnel courant en 2025-2026 par rapport à l'exercice précédent, contre une baisse auparavant attendue « à un seul chiffre, modérée à élevée ». « Ces estimations tiennent compte des plans d'actions mis en œuvre pour atténuer les effets négatifs des droits de douane additionnels », qui « intègrent une augmentation des investissements aux États-Unis et en Chine », selon un communiqué. L'UE avait annoncé le 21 août avoir échoué à obtenir une exemption de surtaxes douanières américaines sur les vins et spiritueux. Avant ces mesures décidées par le président américain Trump, les vins et spiritueux européens entrant aux États-Unis étaient très peu taxés.

Cacao/café : le négociant français Touton en passe d’être racheté par Hartree Partners

Dans un communiqué du 25 août, le négociant français Touton annonce « l’ouverture de négociations exclusives avec Hartree Partners, un groupe mondial de négoce d’énergie et de commodités, en vue de sa cession ». La transaction « pourrait être finalisée début janvier 2026 », espèrent les partenaires, « sous réserve de la consultation des instances représentatives du personnel, de l’obtention des autorisations réglementaires et de la réalisation des conditions suspensives ». Basé à Bordeaux et fondé en 1848, Touton est présent dans le commerce du cacao (76 % de son chiffre d’affaires), du café (20 %), de la vanille et des épices. Il revendique « plus de 700 collaborateurs dans 14 filiales et sept sites de transformation et de conditionnement » (Europe, Amérique du Nord, Afrique et Asie). D’après son communiqué, le négociant « sert une clientèle diversifiée composée de grands industriels chocolatiers, torréfacteurs et transformateurs ». Par ailleurs, depuis plus de 15 ans, il « développe des programmes de durabilité sur le terrain et a construit une chaîne d’approvisionnement en cacao 100 % traçable et durable ». De son côté, Hartree Partners est une « société mondiale de négoce de matières premières, spécialisée dans l’énergie, les commodités et les industries associées ». Basé à New-York, le groupe emploie « plus de 4 600 personnes dans le monde ».

Énergies renouvelables : la crise politique met en péril la publication de la feuille de route

La crise politique en France et un François Bayrou en sursis mettent en péril la publication de la feuille de route énergétique du pays, promise avant la fin de l'été. La troisième Programmation pluriannuelle énergétique (PPE) vise à sortir des énergies fossiles et à atteindre la neutralité carbone en 2050. Le gouvernement s'était engagé à publier « avant la fin de l'été » un décret sur cette PPE3, mais le sujet déchire la classe politique en raison de divergences sur la place du nucléaire et des énergies renouvelables dans le mix énergétique. La situation est d'autant plus complexe qu'un autre texte sur l'avenir énergétique de la France, la proposition de loi dite Gremillet, censée aider l'exécutif à finaliser son décret, doit reprendre sa navette parlementaire à la rentrée. Marc Ferracci, ministre de l'Énergie, qui n'a pas ménagé ses efforts pour sortir le décret, avait indiqué que le texte n'attendrait pas la fin de la navette de la PPL Gremillet. Mais sa parution fin juillet a été reportée par le Premier ministre, François Bayrou assurant vouloir le publier en « août, septembre ». Au ministère de l'Énergie, on pousse pour une publication avant le 8 septembre, date du vote de confiance du gouvernement Bayrou. « Il y a un plaidoyer très, très important pour une publication de la PPE avant le 8 pour pouvoir avancer ce dossier qui traîne depuis quatre ans », selon l'entourage de Marc Ferracci.